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Bulletin du FMI: Politique générale

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photo : Punit Paranjpe/Newscom

Chantier à Mumbai. La réduction des subventions, la compression d’autres dépenses et des mesures fiscale aideront l’Inde à maintenir le déficit projeté pour 2013 pratiquement au niveau de 2012 (photo : Punit Paranjpe/Newscom)

MONITEUR DES FINANCES PUBLIQUES

Des risques budgétaires en repli à mesure que les déficits continuent de diminuer

Bulletin du FMI

16 avril 2013

  • L’ajustement budgétaire se poursuit dans la plupart des pays avancés
  • Le renforcement des institutions budgétaires sert au travail de rééquilibrage
  • La persistance d’un endettement élevé continue de menacer la prospérité économique

Le redressement progressif de l’économie mondiale et les progrès dans la réduction des déficits des pays avancés ont eu pour effet de réduire les risques budgétaires à court terme, mais beaucoup de pays ont un long chemin à parcourir pour rétablir leur santé budgétaire.

Dans la dernière édition du Moniteur des finances publiques, le FMI signale une amélioration généralisée à l’échelle mondiale, la plupart des pays ayant une maîtrise de leurs déficits. Beaucoup ont en outre engagé des mesures importantes pour ramener leur endettement à des niveaux propres à assurer la solidité et la prospérité de leur économie.

Les déficits des pays avancés ont diminué de ¾ % du PIB l’an dernier, tant en termes globaux que corrigés des variations conjoncturelles, et ils devraient se rétrécir plus rapidement en 2013. Le rapport attribue l’essentiel de cette amélioration aux efforts concertés des gouvernements pour maîtriser les dépenses au sortir du plus fort de la crise en 2009, ainsi qu’à l’amélioration graduelle de la conjoncture extérieure. Les perspectives économiques mondiales continuent de s’améliorer, le taux de croissance de l’économie mondiale devant se situer à 3,3 % en 2013.

Pourquoi analyser les déficits corrigés des variations conjoncturelles?

Les déficits budgétaires corrigés des variations conjoncturelles, c’est-à-dire à l’exclusion des effets des fluctuations à court terme de la production et du revenu, renseignent davantage sur la situation des finances publiques car ils écartent les accélérations et les ralentissements temporaires de l’économie.

Par exemple, en récession, les recettes fiscales sont généralement plus faibles et les dépenses peuvent être plus élevées, par exemple du fait qu’il est nécessaire de verser des indemnités d’assurance- chômage.

En examinant les budgets corrigés des variations conjoncturelles, les économistes ont une meilleure idée du déficit dans des conditions économiques normales.

Le Moniteur des finances publiques du FMI est publié en avril et en octobre de chaque année pour rendre compte de l’évolution des dépenses, de la dette et des déficits publics de par le monde.

Perspectives à long terme

D’après le Moniteur des finances publiques, ramener la dette publique à des niveaux prudents représente un travail à long terme, mais un travail qui peut être couronné de succès. Les ratios d’endettement diminuent ou se stabilisent dans près de deux tiers des pays avancés, mais d’autres ajustements seront nécessaires dans le tiers restant, qui représente 40 % du PIB mondial. Dans certains pays, notamment plusieurs pays européens aux prises avec les tensions des marchés, les ratios d’endettement ne culmineront qu’après 2014, ainsi que le montrent les projections pour l’Espagne, la France et l’Italie.

Aux États-Unis et au Japon, l’absence d’un plan clair et crédible de rééquilibrage à moyen et long terme continue de préoccuper. Les dépenses de relance et l’augmentation des crédits de sécurité sociale au Japon devraient maintenir le déficit de ce pays à plus du double de la moyenne des pays avancés. Aux États-Unis, il reste à conclure un accord sur la réforme des prestations sociales et sur d’autres mesures fort nécessaires pour maîtriser l’endettement.

«Plusieurs pays devront dégager de gros excédents primaires et les entretenir dans la durée. Cela sera difficile, mais il n’y a pas de raccourcis possibles. En tout état de cause cela peut être fait» a déclaré Carlo Cottarelli, Directeur du Département des finances publiques du FMI.

Les réformes institutionnelles, telles que l’adoption de règles budgétaires, la mise en place d’instances indépendantes de surveillance et l’application de cadres de dépenses à moyen terme peuvent renforcer la crédibilité des ajustements budgétaires et leur viabilité politique. Des pays comme l’Irlande et le Portugal ont commencé à mener des réformes institutionnelles en imposant des plafonds aux dépenses publiques et les réformes en cours dans l’ensemble de l’Europe prévoient de confier aux conseils budgétaires un rôle solide et indépendant dans la promotion de la discipline budgétaire.

Avancer à son propre rythme

Globalement, la situation d’endettement de la plupart des pays émergents et à faible revenu reste plus favorable que dans les pays avancés, grâce en partie à leurs niveaux de dette et déficits relativement modestes, à l’existence de faibles taux d’intérêt et à la croissance de leur économie. Dans ces conditions, beaucoup de pays émergents ont été en mesure de marquer une pause dans leur ajustement budgétaire. Cependant, comme le note le rapport du FMI, en raison des tensions à moyen terme, comme celles provoquées par les dépenses liées aux infrastructures et au vieillissement de la population, ces pays devront suivre une démarche prudente en matière budgétaire.

Le travail de rééquilibrage budgétaire a également été suspendu dans la plupart des pays à faible revenu et dans la majorité des pays les déficits continuent de dépasser les niveaux d’avant-crise. La forte croissance des dépenses, attribuable dans bien des cas à une forte augmentation des investissements publics, se traduit par une poussée des ratios dette/PIB dans des pays comme le Ghana et le Sénégal.

Beaucoup de pays émergents et à faible revenu cherchent aussi à renforcer leurs institutions budgétaires. Le Chili, l’Indonésie et le Mexique publient désormais des rapports qui examinent les risques budgétaires. D’autres pays comme l’Afrique du Sud, la Croatie, le Kenya et l’Ouganda optent pour les conseils budgétaires assurant une supervision indépendante des budgets de l’État.

Réforme des subventions énergétiques

Le Moniteur des finances publiques présente par ailleurs la réforme des subventions énergétiques comme un autre moyen permettant à certains pays de mieux maîtriser leurs déficits et leur endettement. Les pays riches et les pays pauvres consacrent d’énormes ressources publiques au subventionnement de l’énergie, mais dans beaucoup de pays émergents et à faible revenu il est urgent de mener des réformes.

Selon le FMI, outre qu’elles aggravent les déséquilibres budgétaires, les subventions exercent un effet d’éviction sur les dépenses prioritaires d’éducation et de santé et exacerbent les inégalités, car ce sont généralement les ménages plus aisés qui en profitent le plus. Elles aggravent en outre le réchauffement climatique et la pollution locale en encourageant la surconsommation de produits énergétiques. Il ressort d’une récente étude du FMI qu’en combinant l’augmentation progressive des prix, des mesures ciblées de protection des pauvres et des réformes institutionnelles propres à dépolitiser le prix des produits énergétiques les réformes peuvent réussir.


 

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