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Bulletin du FMI: Pays et régions

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Maria Kiwanuka, Ministre des finances de l’Ouganda

Maria Kiwanuka, Ministre des finances de l’Ouganda : « Nos recettes pétrolières serviront à mettre en place des infrastructures » (IMF photo)

RÉUNION DES MINISTRES AFRICAINS

Afrique : utiliser les recettes énergétiquespour réduire le deficit d’infrastructures

Bulletin du FMI

12 avril 2014

  • With growth steady, inflation low, Africa’s attention turns to quality of growth
  • Better roads, railways, ports, power supply would boost employment
  • Energy earnings offer new revenue stream to devote to infrastructure

Les recettes tirées du pétrole et du gaz seront consacrées à des investissements dans les routes, les chemins de fer, les ports et l’électricit, ont declare les ministres des finances africains.

Lors d’une conférence de presse à Washington pendant les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, trois ministres des finances et un gouverneur de banque centrale ont déclaré que le déficit des infrastructures de l’Afrique est un obstacle important au développement qui devra être surmonté pour que les bienfaits de la croissance économique du continent soient mieux partagés parmi la population.

Les ministres et le gouverneur ont déclaré que l’investissement dans les infrastructures est une priorité pour l’Afrique tandis que les autorités africaines cherchent à créer davantage d’emploi et à accroître les services sociaux. Ils ont noté que beaucoup de pays africains ont stabilisé leur situation macroéconomique, avec une croissance soutenue et une inflation relativement basse. Les autorités visent maintenant une croissance de meilleure qualité en cherchant à créer des emplois et à améliorer la santé et l’éducation. .

Les ministres des finances de l’Ouganda et du Tchad ont déclaré que des parts considérables des recettes tirées de la production récente et à venir de pétrole brut et de gaz naturel avaient été et seraient consacrées au développement des infrastructures.

« Nos réserves pétrolières sont sur le point d’entrer en phase de production », a noté la Ministre des finances de l’Ouganda, Maria Kiwanuka, « mais notre problème principal, c’est notre déficit d’infrastructures ». Cependant, elle a noté que le développement des routes et des chemins de fer est en cours en Ouganda.

Affectation des recettes

« Nos recettes pétrolières seront consacrées à la mise en place d’infrastructures », a noté Mme Kiwanuka. La population ougandais est jeune. “Nous devons donc créer des emplois, et non penser aux retraites. Toutes les recettes du pétrole et du gaz seront donc investies par le biais de notre budget, approuvé par notre Parlement, dans notre programme d’infrastructures au cours des vingt prochaines années ».

« Il s’agit de transformer notre croissance vigoureuse en une croissance dont les bienfaits sont partagés, avec plus d’emplois, une distribution du revenu plus égale, et de meilleurs soins de santé et services d’assainissement », a déclaré le Ministre des finances du Mozambique, Manuel Chang.

M. Chang a souligné qu’une amélioration des infrastructures est un élément essentiel de la stratégie d’investissement du gouvernement. « Le Mozambique sait clairement quels sont les secteurs qu’il doit appuyer pour réduire la pauvreté : les secteurs sociaux (santé et éducation) et les infrastructures ; 65 % du budget y sont déjà consacrés. Et les résultats sont visibles. »

Connexions portuaires

L’investissement sera orienté principalement vers l’énergie, les chemins de fer, les ports, l’agriculture, le tourisme et le gaz naturel, afin de réaliser une croissance dont les bienfaits sont partagés par un plus grand nombre, a déclaré M. Chang. Il s’agira en particulier de connecter les ports du pays à l’intérieure du pays.

Le Ministre des finances du Tchad, Bedoumra Kordje, a déclaré que les recettes pétrolières du Tchad depuis 2003 avait permis au pays d’améliorer la qualité de son budget. Le gouvernement a investi dans les infrastructures et les services sociaux et a, par exemple, ajouté 1.900 de routes asphaltées entre 2003 et 2013.

M. Kordje a noté que deux nouveaux gisements pétroliers entreraient en exploitation en 2014 tandis que l’investissement dans le secteur de l’énergie a augmenté. « Mais il est impératif de diversifier notre économie, car le pétrole est exposé aux fluctuations des marchés mondiaux. Nous aidons donc le secteur agricole, qui reste la source principale d’emplois », a-t-il noté. Il a indiqué que la croissance hors pétrole atteindrait probablement 10 % cette année.

Bienfaits régionaux

Le Gouverneur de la banque centrale de Djibouti, Ahmed Osman Ali, a déclaré que le renforcement du développement des infrastructures dans son pays, situé là où la Mer Rouge rejoint le Golfe d’Aden, pourrait profiter à l’ensemble de la Corne de l’Afrique. « Nous avons ouvert de nouveaux ports, qui, en plus d’un nouveau port construit il y a quelques années, ont dynamisé l’économie djiboutienne, mais ont aussi aidé l’Éthiopie ».

M. Ali a ajouté que ces nouveaux ports, établis pour exporter du bétail, seraient accompagnés d’une nouvelle voie ferrée dans le nord du pays qui serait reliée à un autre nouveau port pour exporter du potassium. En outre, des lignes électriques ont été modernisées pour réduire le coût de l’énergie pour les petites entreprises et électrifier totalement le port de Djibouti.

Mme Kiwanuka a déclaré qu’une amélioration des infrastrutures en Ouganda pourrait aussi aider l’Afrique de l’Est en faisant l’Ouganda le centre régional de distribution. « Lorsque les marchandises arrivent aux ports de Mombasa et de Dar es Salaam, la voie la plus rapide et la moins chère vers le Sud-Soudan, l’est de la République démocratique du Congo et le Rwanda passe par l’Ouganda. »

Internet

M. Ali a noté que, étant donné l’emplacement stratégique de Djibouti (Mer Rouge, Canal de Suez), six cables sous-marins intercontinentaux avec des connexions Internet passaient à travers Djibouti. Le pays a donc une excellente connectivité numérique.

Mme Kiwanuka a noté que l’investissement dans les infrastructures avait contribué à réduire le temps de transit des marchandises du port kényan de Mombasa à l’Ouganda de plus de 20 jours à 5 jours. En outre, deux nouveaux barrages doubleraient la capacité hydroélectrique de l’Ouganda et amélioreraient fortement la disponibilité et la fiabilité de l’approvisionnement du pays en électricité.

Les ministres des finances ont noté qu’une augmentation de la productivité agricole ferait aussi en sorte que les fruits de la croissance seraient mieux partagés en Afrique. Mme Kiwanuka a déclaré qu’environ 70 % de la population active ougandaise étaient employés dans le secteur agricole, qui représente moins de 30 % du revenu national.

« Nous escomptons que le secteur agricole contribue à une croissance partagée et contribue à réduire davantage la pauvreté rurale », a déclaré Mme Kiwanuka. La pauvreté rurale a été réduire au cours des cinq dernières années grâce à la construction de routes rurales, à l’extension des lignes électriques et à l’amélioration des projets d’irrigation. Une modernisation des infrastructures réduirait encore le coût de l’activité en Ouganda, a noté la ministre.

■ M. Chang a noté que les infrastructures seraient à l’ordre du jour de la conférence internationale de haut niveau sur l’Afrique subsahariennea que le FMI et le Mozambique organisent à Maputo les 29 et 30 mai. Cette conférence rassemblera des dirigeants de l’Afrique entière, des partenaires au développement, des entreprises et des organisations de la société civile, et examinera comment maintenir la croissance actuelle tout en en partageant les bienfaits parmi tous les Africains.


  

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