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Bureau du Représentant Résident en Guinée |
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Interview Publié dans La Lance C'est quoi le FMI ? C'est une organisation internationale, avec 184 pays membres. Le FMI est avant tout une mutuelle entre banques centrales, en charge de la surveillance des marchés financiers internationaux et de la bonne conduite économique de ses pays membres, afin d'éviter des crises financières. Par ailleurs, le FMI peut, en cas de besoins, soutenir les pays membres principalement avec des ressources financières (pas directement au gouvernement ou secteur privé, mais pour augmenter les avoirs de la banque centrale), avec de l'appui technique (principalement dans les domaine monétaire et fiscale), et avec nos conseils. Le FMI est parfois perçu comme une instrument au service des riches pour davantage appauvrir les pauvres. Pour beaucoup d'observateurs, les nouvelles stratégies de réduction de la pauvreté, consignées dans les DSRP, ne sont rien d'autre qu'une forme déguisée de programmes d'ajustement structurel Parmi les pays membres, c'est vrai que les pays riches n'utilisent pas beaucoup des ressources du FMI. Mais nous soutenons tous les pays membres, quand il y a besoin et si nous pouvons être d'accord concernant les éléments d'un programme. Nous avons soutenu les pays en développement avec plusieurs types d'assistance. Principalement, la FPRC [La facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FPRC)] est le guichet par lequel le FMI accorde aux pays pauvres des prêts assortis de faibles taux d'intérêt. Les programmes appuyés par la FPRC reposent sur des stratégies globales de réduction de la pauvreté qui sont pilotées par les pays eux-mêmes], le DRSP, et aussi l'Initiative PPTE. Ces programmes ont soutenu un grand nombre des pays en Afrique, y compris la Guinée, en essayant de augmenter leurs taux de croissance et de diminuer leur niveau de la pauvreté. Les DRSP doivent être un processus pour les pays en développement de mieux gérer leur développement. C'est un cadre qui demande une large consultation. C'est aussi une cadre permettant aux bailleurs de fonds de mieux cibler et coordonner leur soutiens pour les processus qui doivent accélérer le taux de croissance. Les DRSP représentent une cadre pour mieux gérer la développement d'un pays, et pour les pays PPTE ça crée un mécanisme pour bien cibler les ressources disponible de l'allégement de la dette. C'est aussi un processus d'appropriation des pays de leur propre développement. Le FMI, semble-t-il, ne s'encombre pas des conditionnalités politiques pour avoir un programme avec un pays. Si c'est la cas, politique et économie sont-elles dissociables ? Comme vous avez dites, le FMI n'incorpore pas de conditionnalités politiques pour avoir un programme avec un pays. Nos conditions restent dans le domaine économique. Nous avons les critères financiers (par exemple, le niveau du déficit) et structurels (par exemple, la privatisation d'une entreprise clé). Quant au second volet de la question, bien sur, pour nous, c'est possible de dissocier les conditions politiques et économiques. Vous êtes actuellement en froid avec la Guinée. S'agit-il d'une suspension de programme ou d'une rupture entre le FMI et Conakry ? Les relations entre la Guinée et le FMI restent toujours chaleureuses. N'oubliez pas que la Guinée est un membre à part entière du FMI, même s'il ne décaisse pas. Concernant le programme, il y a eu des dérapages, et depuis fin décembre 2002 le programme formel a du être interrompu. Le pays n'a pas respecté certains critères financiers et a cause de quoi nous avons suspendu nos décaissement. Nous continuons toutefois de dialoguer avec le gouvernement, notamment avec le Ministre des Finance, et avec le Gouverneur de la Banque centrale. Notamment, on donnant nos conseils, et en suivant l'évolution de la politique, en attendant une amélioration significative dans la situation économique.. Voulez-vous nous fixer sur les manques à gagner, en termes chiffres, enregistrés par le trésor guinéen suite à cette suspension de programme ? Le programme approuvé pour la Guinée en mai 2001 s'élevait à montant de 64 millions de DTS (Droits de tirage spéciaux), soit environ 95 millions de dollars américains ou 190 milliards de GNF. Les décaissements devaient se faire en 5 tranches égales après chaque 6 mois à condition de remplir un certain de nombre de critères de performance. À la suspension du programme en décembre 2002 seul 2 décaissements avaient été effectués pour un total de 26 millions de DTS. Le reste, soit 38 millions de DTS, à constitué le manque à gagner par rapport au programme lui-même. Mais à ceci il faudra ajouter toutes les assistances et facilités dans le cadre de l'initiatives PPTE, soit 186 millions de dollars américains durant la période 2003-2006, de l'aide budgétaire dont la Guinée aurait pu bénéficier des autres bailleurs de fond si le programme avait parfaitement marché. N'oublions pas que aussi que les financement des autres partenaire bilatéraux et multilateréaux se réduirait en l'absence d'une volonté clairement et fortement marquée de rétablir et maintenir la stabilité économique. Le gouvernement guinéen a toujours expliqué les dérapages financiers par des dépenses de sécurité. Qu'en dites-vous ? Expliquer le dérapage du programme par uniquement les dépenses de sécurité serait trop simpliste, vu que les critères de performance prennent en compte de nombreux facteurs, à savoir : la mobilisation des recettes, l'exécution des dépenses, le niveau des réserves de change de la BCRG, le niveau d'endettement de l'Etat auprès de la BCRG, la progression de la masse monétaire, le taux d'inflation, le taux de change, qui sont très liés les uns aux autres. Revenant sur les dépenses de sécurité, il sont la raison évoquée pour justifier le gonflement du poste « subvention et transfert » dans lequel figurent les dépenses à régulariser, essentiellement constituées de dépense de sécurité et de dépenses de souveraineté. Ce qu'il faut savoir est que les dépenses de sécurité excessives détériorent le déficit et empêchent une bonne allocation des dépenses vers les secteurs prioritaire et l'investissement, gage d'une croissance durable et soutenue permettant d'atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté. La nomination d'un gouvernement en mars derniers a quand même suscité l'espoir chez certain, quant à l'imminence de la remise en route du programme. Le rêve est-il, malgré tout, permis ? Il n'est pas nécessaire de rêver. Le nouveau gouvernement a commencé avec une grande volonté qui donne l'espoir qu'il y aura des changements significatifs dans le domaine économique. Le Premier Ministre et le Ministre des Finances ont lancé une gamme de mesures qui, si bien appliqués, doivent améliorer la situation fiscale, en termes de diminution du déficit, et de demande de financement monétaire. C'est important d'améliorer les deux côtés de finances publiques—les recettes et les dépenses. C'est trop tôt de voir beaucoup de changements majeures à ce stade, mais j'attend les chiffres pour le mois de mars et les mois suivantes qui devraient refléter l'impact de ces mesures. Quand vous avez récemment rencontré le nouveau Premier ministre et l'actuel ministre des Finances, de quoi a-t-il été question ? Avez-vous parlé des conditions de la reprise ? Les conditions de reprise sont principalement à trois niveaux. Premièrement, baisser le déficit fiscal global, restreindre les décaissements effectifs des secteurs non prioritaires, à travers l'intégration de la défense et de la sécurité dans la programmation et le processus de budgétisation ; deuxièmement, resserrer la politique monétaire et libéraliser le taux de change ; et troisièmement, accroître les recettes non minières. Le Premier Ministre et le Ministre des Finances ont convoqué des réunions pour expliquer les mesures adoptées récemment. Ils ont indiqué qu'il y a une changement de comportement dans les affaires du gouvernement, avec une conviction de mettre en application les mesures et de les suivre scrupuleusement. Ils ont aussi déclaré que les problèmes économiques sont pour tout le gouvernement. Les deux ont fait aussi le compte-rendu concernant les travaux initiaux pour maîtriser les dépenses et augmenter les recettes. A quand la prochaine mission conjointe FMI-Banque Mondiale en Guinée ? Nous sommes en discussion avec le Ministre des Finances, à propos la prochaine mission conjointe du FMI-Banque mondiale en Guinée. Nous attendons sa réponse, mais nous avons proposé une mission pour la mois de mai. |