Fonds monétaire international

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Note sur le Programme

Djibouti

Dernière mise à jour : le 17 juin 2009

Programme appuyé par le FMI :

Arrangement triennal d’un montant de 20 millions de dollars EU au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), approuvé par le Conseil d’administration du FMI le 18 septembre 2008. Le Conseil d’administration a conclu la première revue du programme le 17 juin 2009

Informations générales

Au cours des trois dernières années, l’économie djiboutienne a connu une transformation radicale en raison d’une accélération des flux d’investissement direct étranger (IDE) — provenant essentiellement des pays du Conseil de Coopération du Golfe — dans les secteurs des activités portuaires, du bâtiment et du tourisme. Cependant, la croissance économique rapide dans ces zones n’a pas conduit à une réduction de la pauvreté et du chômage, dans la mesure où les fournisseurs locaux n’étaient pas en position de concurrencer les sociétés de services étrangères en raison de leurs coûts élevés. En outre, la viabilité des finances publiques a été compromise par les nombreuses exonérations fiscales accordées aux projets au titre des IDE. Pour que la population dans son ensemble bénéficie des retombées de la croissance, il faudra créer un espace budgétaire pour financer des projets sociaux et faire avancer les réformes structurelles destinées à renforcer la compétitivité.

Rôle du FMI

Le FMI soutient les efforts déployés par Djibouti pour stabiliser la situation macroéconomique et accélérer sa croissance depuis le milieu des années 90.
Le respect tardif de repères structurels importants qui faisaient partie du programme de référence de 2005, a ouvert la voie à l’arrangement au titre de la FRPC en vigueur qui appuie la stratégie de réduction de la pauvreté présentée par les autorités en janvier 2007.

Le programme appuyé par un arrangement au titre de la FRPC vise à :

  • relever le défi de la pauvreté et des déséquilibres sociaux croissants par le biais d’une consolidation de la stabilité macroéconomique et d’un relèvement des taux annuels de croissance du PIB réel à près de 7 %;
  • équilibrer la position budgétaire globale à moyen terme, tout en accroissant la part des projets sociaux et des projets d’infrastructures par rapport au volume global des dépenses;
  • renforcer la solidité du secteur financier en conformité avec les recommandations du programme d’évaluation du secteur financier (PESF) de 2008;
  • améliorer la compétitivité essentiellement au moyen d’une réduction des coûts de production intérieure;
  • renforcer les capacités institutionnelles, en particulier l’appareil statistique, la transparence des finances publiques et la gouvernance du secteur public.

Djibouti reçoit une assistance technique variée du FMI dans les domaines de l’administration fiscale (mise en place de la TVA), de la gestion des finances publiques (classification budgétaire et comptable) et des statistiques (balance des paiements, et statistiques monétaires et financières). Au cours des prochains mois, une assistance technique sera fournie aussi dans plusieurs domaines prioritaires recensés dans le PESF 2008, notamment l’introduction des réserves obligatoires, l’amélioration de la règlementation et du contrôle, et le renforcement de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Progrès accomplis

En dépit de circonstances défavorables, les résultats macroéconomiques de Djibouti en 2008 ont été remarquables. Le rééquilibrage budgétaire a été plus vigoureux que prévu, l’excédent budgétaire global atteignant 1,3 % du PIB. Les dépassements des dépenses liés au conflit frontalier avec l’Érythrée et la hausse du coût du pétrole et des équipements ont été plus que compensés par des dons plus élevés que prévu et une plus grande maîtrise des autres dépenses. Le PIB réel a progressé de 5,8 %, porté par des IDE élevés dans les ports, le bâtiment, les industries extractives et la finance. En fin d’année, l’inflation dépassait légèrement 9 %, après avoir culminé à près de 15 % en septembre. Le déficit record enregistré par le compte des transactions courantes (39,2 % du PIB) résultant des prix élevés des produits de base et des importations liées aux IDE a été largement compensé par de fortes entrées de capitaux. Les réserves brutes ont augmenté pour atteindre trois mois d’importations futures, et la couverture de la caisse d’émission (réserves/émission de monnaie) a atteint 120 %.

Défis à relever

À court et à moyen terme, la croissance économique devrait ralentir et ne reprendre que progressivement, en raison de la crise économique mondiale, qui se manifestera principalement par une baisse de l’IDE et un ralentissement des échanges avec l’Éthiopie. Parmi les risques majeurs liés à ces perspectives à moyen terme il y avait un effet négatif plus prononcé que prévu de la crise internationale du crédit sur les flux d’aide et d’IDE. Une interruption de l’IDE ralentirait encore un peu plus la croissance, à 3 % environ en 2009 ; en outre, un arrêt des entrées de capitaux étrangers, freinerait la croissance réelle de 2 points de pourcentage en 2009. À plus long terme, le défi auquel doivent faire face les autorités de Djibouti est de surmonter les obstacles structurels à la réalisation et au maintien d’une croissance élevée.