Fonds monétaire international

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Note sur le Programme

Maroc

Dernière mise à jour : le 5 avril 2013

Programme actuellement appuyé par le FMI :

Ligne de précaution et de liquidité (LPL) d'un montant de 4,117 milliards de DTS (environ 6,2 milliards de dollars EU, soit 700% de la quote-part), approuvée par le Conseil d'administration du FMI le 3 août 2012. La première revue a été achevée le 1er février 2013.

Généralités

Les résultats économiques du Maroc au cours de la dernière décennie ont été dans l’ensemble bons. Toutefois, la crise en Europe, le prix élevé des produits de base dans le monde et une mauvaise récolte ont ralenti la croissance en 2012 et exercé des pressions sur les comptes budgétaire et extérieur. Il est estimé que la croissance du PIB réel a atteint plus de 3% en 2012 au lieu de près de 5% en 2011, tandis que l'inflation est restée faible à 1,3 %. Le déficit budgétaire s'est aggravé et est passé de 6,8 % du PIB en 2011 à 7,5%, ce qui reflète principalement le coût croissant des subventions de même qu'une masse salariale plus élevée. Le déficit du compte courant s'est creusé, ce qui traduit la hausse des prix des carburants et des produits alimentaires de même que la baisse des envois de fonds des travailleurs émigrés. Pour autant, les réserves internationales se sont stabilisées à environ quatre mois d'importations.  

Rôle du FMI

Le Maroc doit toujours faire face à des risques extérieurs liés aux incertitudes de la zone euro et à l'éventualité d'augmentations du prix du pétrole. Pour se préserver de ces chocs exogènes potentiels, le Maroc a sollicité en 2012 une ligne de crédit auprès du FMI au titre d’une LPL de 24 mois. Cet accord, qui appuie le programme de politique économique des autorités dont le but est de reconstituer la marge de manœuvre budgétaire et extérieure et de relever les défis à moyen terme, offre une assurance contre les risques extérieurs. Les autorités entendent continuer à traiter l'accord comme un accord de précaution, sauf si une grave détérioration de l'environnement extérieur débouchait sur un besoin réel de balance des paiements.

Les enjeux de l'avenir

Une mise en œuvre soutenue du programme économique des autorités, notamment s’agissant de la réforme des pensions et des réformes structurelles pour accroître la compétitivité, sont indispensables pour préserver la solide performance du Maroc et pour progresser vers une croissance plus forte et plus solidaire. Les principaux défis que doivent relever les autorités sont les suivants :

  • Reconstituer les marges de manœuvre budgétaire et assurer la viabilité budgétaire à moyen terme. Les autorités sont résolues à s'engager sur la voie du rééquilibrage conformément à l'objectif budgétaire à moyen terme qui consiste à atteindre un déficit de 3 % du PIB d'ici à 2016. Dans ce but, il est nécessaire de remplacer les subventions universelles coûteuses par des programmes sociaux bien ciblés. Une mise en œuvre progressive dans les meilleurs délais de même qu'une communication claire sont importantes pour la réussite de la réforme.

  • Reconstituer les marges de manœuvre extérieures et renforcer la compétitivité. Des réformes structurelles pour accroître la diversification des exportations et la compétitivité de même que la poursuite du rééquilibrage budgétaire sont nécessaires pour appuyer la viabilité extérieure. Le Maroc est aussi encouragé à accroître la flexibilité de son taux de change afin de renforcer la compétitivité extérieure et la capacité de l’économie à absorber les chocs, en coordination avec d'autres politiques macroéconomiques et structurelles.   

  • Encourager une croissance plus forte et plus solidaire. Cet objectif doit être étayé par des réformes destinées à renforcer la croissance potentielle et la création d'emplois ; ces réformes incluent : satisfaire les besoins des régions sous-développées, renforcer la gouvernance économique en accroissant la transparence et la responsabilisation, améliorer le climat des affaires et renforcer les programmes en cours relatifs au marché du travail. Il serait aussi utile pour doper la croissance potentielle d'améliorer encore les résultats de l'éducation et de réduire le chômage des jeunes.

  • Maintenir des conditions monétaires et financières adéquates et préserver la stabilité du secteur financier. Cette stratégie serait indispensable pour assurer que l'économie dispose de crédits suffisants et jetterait des bases solides pour une croissance supérieure.