Fonds monétaire international

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Note sur le Programme

Maroc

Dernière mise à jour : le 8 avril 2014

Programme actuellement appuyé par le FMI :

Ligne de précaution et de liquidité (LPL) de 24 mois d'un montant de 4,117 milliards de DTS (environ 6,2 milliards de dollars, soit 700 % de la quote-part), approuvée par le Conseil d'administration du FMI le 3 août 2012. La troisième et dernière revue a été achevée le 31 janvier 2014.

Contexte

Les résultats économiques du Maroc au cours de la dernière décennie ont été globalement solides. Après avoir accusé un ralentissement sensible en 2012, principalement en raison des incertitudes régionales, de la crise en Europe, du prix élevé des produits de base dans le monde et d’une mauvaise récolte, la croissance globale est remontée à environ 4,5 % en 2013 sous l’impulsion du solide rebond de la production agricole et malgré le repli de l’activité hors secteur primaire. L'inflation est restée faible, aux alentours de 2 %, en dépit d’une augmentation du prix de certains produits énergétiques subventionnés. Le déficit budgétaire a diminué de 7,3 % du PIB en 2012 à 5,4 % en 2013, principalement du fait de la réduction des subventions décidée par le gouvernement et du repli des cours internationaux du pétrole. Le déficit du compte courant s'est réduit, en raison d’une baisse des importations de produits énergétiques et alimentaires qui a plus que compensé le recul des exportations (notamment de phosphates).

En 2014 le taux de croissance pourrait avoisiner les 4 % avec l’accélération prévue de l’activité des secteurs non agricoles et en partant de l’hypothèse d’une récolte moyenne. L’inflation devrait se maintenir clairement en dessous de 2½ %. Les autorités restent déterminées à poursuivre l’assainissement budgétaire et visent un déficit inférieur à 5 %. Le déficit du compte courant devrait continuer de se rétrécir en 2014 pour descendre en dessous de 7 % du PIB. Les réserves internationales se sont stabilisées à environ quatre mois d'importations depuis la fin 2012, et ce malgré la persistance de tensions extérieures. 

Rôle du FMI

Pour se prémunir contre les chocs exogènes éventuels, le Maroc a sollicité en 2012 une ligne de crédit auprès du FMI au titre d’une LPL de 24 mois. Cet accord appuie le programme de politique économique des autorités visant à reconstituer la marge de manœuvre budgétaire et extérieure et à relever les défis à moyen terme, en offrant une assurance contre les risques exogènes. Les autorités traitent l'accord, qui arrivera à expiration en août 2014, comme un accord de précaution, et elles continueront de le faire à moins qu’une grave détérioration de la conjoncture extérieure ne crée un besoin réel de balance des paiements. Le FMI apporte également son concours au Maroc par le biais de l’assistance technique dans plusieurs domaines, dont la gestion des finances publiques et la modélisation macroéconomique à l’appui de la politique monétaire.

Défis à relever

Le Maroc reste soumis aux risques extérieurs, notamment liés à une résurgence éventuelle des tensions financières Europe et à la volatilité des marchés financiers mondiaux, à l’heure où les pays avancés retirent leurs politiques monétaires non conventionnelles. La poursuite de la mise en œuvre du programme économique des autorités, y compris la réforme des subventions et des retraites et les réformes structurelles visant à renforcer la compétitivité, est vitale pour préserver la bonne performance du Maroc et pour avancer sur la voie d’une croissance plus forte et plus inclusive. Les autorités ont plusieurs grands chantiers à poursuivre :

  • Continuer à reconstituer les marges de manœuvre budgétaire et à assurer la viabilité budgétaire à moyen terme. Les autorités sont résolues à se maintenir sur la voie de l’assainissement conformément à l'objectif d’un déficit budgétaire de 3 % du PIB à l’horizon 2017. Dans cette perspective, il est nécessaire de remplacer les subventions universelles coûteuses par des programmes sociaux bien ciblés. Une mise en œuvre progressive dans les meilleurs délais, de même qu'une communication claire sont importantes pour la réussite de la réforme. La récente indexation partielle sur les prix internationaux des prix intérieurs de certains carburants subventionnés et l’élimination des subventions accordées à certains produits énergétiques sont autant de mesures importantes pour mettre le budget à l’abri du renchérissement des prix internationaux des produits énergétiques.
  • Réduire les vulnérabilités extérieures et renforcer la compétitivité. Des réformes structurelles pour accroître la diversification des exportations et la compétitivité, de même que la poursuite du rééquilibrage budgétaire sont nécessaires pour appuyer la viabilité extérieure. Une plus grande flexibilité du régime de change, en concertation avec d’autres politiques macroéconomiques et structurelles, aiderait également à renforcer la compétitivité extérieure et la capacité de l’économie à faire face aux chocs.
  • Encourager une croissance plus forte et plus solidaire. Cet objectif doit s’appuyer sur des réformes destinées à renforcer la croissance potentielle et la création d'emplois; ces réformes doivent notamment viser à renforcer la gouvernance économique en augmentant la transparence et la responsabilisation, à améliorer le climat des affaires en facilitant l’accès au crédit, et à améliorer le fonctionnement du marché du travail. Les mesures destinées à améliorer davantage les résultats scolaires et à réduire le chômage des jeunes contribueraient également à doper la croissance potentielle.
  • Maintenir des conditions monétaires et financières adéquates et préserver la stabilité du secteur financier. Cela est indispensable pour drainer l'économie avec suffisamment de crédit et pour consolider l’assise d’une croissance plus forte.  
  • Persévérer dans les réformes difficiles à l’heure où les espoirs sont nombreux et dans un environnement régional volatil. Une bonne communication et un dialogue social de haute qualité seront essentiels à la réussite.