Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2010 au titre de l’article IV avec les Comores

Note d’information au public (NIP) n° 11/17
Le 2 février 2011

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 21 janvier 2011, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec les Comores1.

Informations générales

Au cours des deux dernières années, l'activité économique dans l'Union des Comores s'est accélérée en dépit d'une conjoncture extérieure difficile. Le PIB réel a progressé de 1,8 % en 2009, grâce à un retour progressif à la stabilité politique et au lancement de réformes visant à éliminer des obstacles structurels profondément ancrés au développement économique. Selon des données préliminaires, la situation économique a continué de s'améliorer en 2010 : la croissance réelle a atteint 2,1 %, portée par un rebond de l'investissement public financé par les donateurs, une hausse de la construction dans le secteur privé reposant sur les envois de fonds de la diaspora, un raffermissement de l'activité dans le tourisme, ainsi qu'une expansion de l'intermédiation financière. Du niveau record atteint pendant la crise alimentaire et énergétique de 2008, l'inflation est tombée largement en deçà de 10 %, pour avoisiner 3 %. Une politique monétaire prudente dans le cadre de la zone franc et des tensions plutôt modérées sur les prix de l'alimentation et des carburants expliquent ce repli. Cependant, en raison de l'appréciation réelle du franc comorien, qui est rattaché à l'euro, et à la détérioration des termes de l'échange, le déficit des transactions extérieures courantes a atteint, selon les estimations, 10,2 % du PIB en 2010, soit un chiffre relativement élevé. Grâce aux résultats globalement satisfaisants obtenus dans le cadre des réformes appuyées par le FMI et la Banque mondiale, les Comores ont atteint le point de décision de l'initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) en juillet 2010.

Dans ce contexte, les progrès accomplis dans le rééquilibrage budgétaire ont été lents. Le déficit budgétaire primaire intérieur a stagné à 2,6 % du PIB en 2009, et des retards dans le recouvrement des impôts et l'application de nouvelles mesures budgétaires dans le cadre du programme appuyé par le FMI ont amené le déficit au-delà de l'objectif fixé dans le programme pour fin septembre 2010. Cependant, les mesures correctrices qui ont été prises à la fin de 2010 et au premier trimestre de 2011 devraient maintenir le programme budgétaire en bonne voie. Sur le front structurel, les autorités ont achevé la préparation de leurs stratégies de réforme pour les principales entreprises des services d’utilité publique ; toutefois, les progrès ont été limités dans l'exécution des mesures y afférentes. Pour faire avancer le programme de réforme des entreprises publiques, les autorités ont demandé à la Société Financière Internationale (SFI) une assistance technique sur plusieurs années. En 2011, le gouvernement prévoit de lancer des appels à manifestation d’intérêt en vue de l’implication du secteur privé dans la gestion des entreprises publiques de télécommunications et d'importation des produits pétroliers.

La croissance économique devrait s'accélérer pour atteindre en moyenne 4 % par an à moyen terme, grâce au raffermissement de l'activité dans l'agriculture et la pêche, le transport entre les îles et le tourisme. L'inflation devrait rester modérée, dans la logique de l'appartenance des Comores à la zone franc. D'ici 2014, les autorités visent à équilibrer le solde budgétaire primaire intérieur, les recettes atteignant au moins 15 % du PIB. Pour ce qui est du secteur extérieur, le point d'achèvement de l'initiative PPTE devrait être atteint fin 2012, ce qui devrait permettre de rendre la dette extérieure viable tout en dégageant des ressources supplémentaires pour engager des programmes favorables à la croissance et aux pauvres. À cet effet, il convient de s'en tenir strictement aux réformes prévues dans le programme Facilité de Crédit Elargie et le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté. Parmi les risques pesant sur les perspectives figurent les demandes d'augmentations salariales dans la fonction publique et la résistance politique à la réforme des entreprises publiques, qui pourraient retarder le rééquilibrage budgétaire et l'exécution des réformes structurelles. Par ailleurs, un retour de l'instabilité politique après les élections de 2010 pourrait freiner la livraison des ressources extérieures anticipées, y compris des investissements directs étrangers. En outre, faute d'une assistance technique indispensable, la faiblesse des capacités d'absorption et d'exécution assombrirait les perspectives de croissance à moyen terme.

Évaluation par le Conseil d’administration

Les administrateurs félicitent les autorités comoriennes des politiques globalement satisfaisantes qu'elles ont menées dans un environnement politique et économique difficile, notamment l'incertitude pesant sur la reprise de l'économie mondiale et le regain de tensions sur les prix des produits de base.

Les administrateurs notent avec satisfaction l'amélioration des résultats budgétaires au premier semestre de 2010, mais ils expriment leur préoccupation face aux dérapages enregistrés plus tard dans l'année. Ils notent avec intérêt les mesures correctrices qui sont en cours et engagent les autorités à mettre en œuvre promptement les mesures prévues du côté des recettes et des dépenses afin de renforcer la position budgétaire.

Les administrateurs notent l'importance des réformes pour améliorer le processus budgétaire, l'administration de l'impôt et la maîtrise des dépenses, en particulier dans la masse salariale du secteur public, en vue de dégager la marge de manœuvre budgétaire qui permettra d'engager les dépenses favorables à la croissance et aux pauvres qui sont nécessaires.

Les administrateurs félicitent les autorités de leur gestion prudente de la dette et des efforts qu'elles ont déployés pour conclure des accords sur la restructuration de la dette avec tous les créanciers extérieurs, ce qui est essentiel face à la dette extérieure insoutenable du pays.

Les administrateurs notent avec satisfaction les progrès accomplis récemment dans le renforcement du contrôle bancaire et l'adoption des recommandations de l'évaluation des sauvegardes de 2010. Ils engagent les autorités à s'attaquer aux obstacles structurels à l'intermédiation financière qui subsistent, notamment les carences du cadre juridique et l'inadéquation des mécanismes de contrôle interne et des normes d'information dans les banques.

Les administrateurs soulignent que, pour accélérer la croissance, il faudra opérer des réformes structurelles d'envergure afin de rehausser la compétitivité des Comores et d'accroître la capacité de l'économie à absorber les envois de fonds de la Diaspora et les apports d'aide. En particulier, ils soulignent qu'il est nécessaire d'améliorer le climat des affaires et la gestion des services d’utilité publique.

Pour atténuer les risques pesant sur le programme, les administrateurs engagent les autorités à consolider le consensus national sur l'importance de s'appuyer sur les progrès déjà accomplis dans la mise en œuvre des reformes, et d'atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE dans le cadre du programme de réforme appuyé par la FCE.


Comores: Principaux indicateurs économiques et financiers, 2008–15
 

 

2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015

 

    1ère rév.
prog.
Rév. prog. Proj Proj Proj Proj Proj
 
  (Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)

Revenu national et prix

       

 

       

PIB réel

1,0 1,8 2,1 2,1 2,5 3,5 4,0 4,0 4,0

Déflateur du PIB

5,5 4,6 3,8 3,8 3,3 3,1 3,1 3,3 3,3

Indice des prix à la consommation (moyennes annuelles)

4,8 4,8 2,6 2,7 3,0 2,9 2,9 3,0 3,0

Indice des prix à la consommation (fin de période)

7,4 2,2 3,1 3,2 2,8 2,9 3,0 3,0 3,0

Monnaie et crédit

   

 

 

 

 

 

   

Avoirs extérieurs nets

-6,8 9,7 9,6 0,3 1,5 1,2 1,5 2,2 4,6

Crédit intérieur

41,7 34,9 7,2 9,7 15,1 10,5 10,0 9,9 10,1

   Crédit net à l’État (Trésor)

31,2 13,4 -28,7 -7,8 17,5 4,3 2,6 1,5 -2,6

Monnaie au sens large

11,6 13,5 7,5 12,7 8,6 7,3 7,5 7,7 7,6

Vitesse de circulation (PIB/monnaie au sens large fin d’année)

3,5 3,3 3,3 3,3 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2

Secteur extérieur

   

 

 

 

 

 

 

 

Exportations, f,à,b,

-55,4 93,1 17,1 14,1 13,9 8,2 7,8 7,8 7,9

Importations, f,à,b,

28,5 1,6 13,1 14,4 -1,4 6,3 2,3 5,7 4,0

Volume des exportations

-35,0 71,2 18,1 12,5 9,8 2,1 1,8 2,7 2,7

Volume des importations

33,1 10,6 -0,8 -4,8 -7,0 4,8 -0,3 4,9 2,8

Termes de l’échange

-40,8 22,8 -13,0 -15,6 -2,1 4,5 3,1 4,2 3,8
(En pourcentage du PIB sauf indication contraire)

Investissement et épargne

       

 

 

 

   

Investissement

14,3 12,4 16,6 17,2 17,3 18,1 19,0 19,8 20,4

   Public

9,3 4,7 7,5 7,5 7,7 8,0 8,5 8,8 9,0

   Privé

5,0 7,7 9,1 9,7 9,6 10,1 10,6 11,0 11,5

Épargne nationale brute

3,2 3,4 7,7 7,1 3,7 5,0 7,0 7,9 9,3

   Publique

1,0 4,1 7,6 8,5 1,0 2,1 2,4 3,1 3,6

   Privée

2,3 -0,7 0,1 -1,4 2,8 2,9 4,6 4,8 5,7

Budget de l’État

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recettes intérieures

13,1 13,9 14,3 14,4 14,2 14,5 14,7 15,1 15,5

Total des dons

10,4 9,7 13,7 14,5 7,1 7,2 6,9 7,1 7,1

Total des dépenses

26,0 23,0 23,2 24,0 23,2 22,7 22,9 23,0 23,0

   Dépenses courantes

16,8 18,1 15,6 16,5 15,5 14,7 14,5 14,3 14,0

Solde primaire intérieur

-2,8 -2,6 -1,5 -1,6 -1,3 -0,5 -0,4 0,0 0,4

Variation des arriérés

0,2 0,2 -7,6 -7,8 -0,4 -0,5 -0,8 -0,9 -0,8

   Intérêts extérieurs

0,1 -0,1 -2,2 -2,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0

   Intérieurs

0,0 0,4 -5,4 -5,4 -0,4 -0,5 -0,8 -0,9 -0,8

Solde global (base caisse)

-2,3 0,8 -2,7 -3,0 -2,2 -1,5 -2,2 -1,7 -1,2

   Hors dons

-12,8 -8,9 -16,4 -17,4 -9,4 -8,7 -9,0 -8,8 -8,3

Financement

2,4 -0,7 -0,6 0,9 0,0 -0,7 -0,7 -0,9 -1,0

   Extérieur (net)

1,2 -1,3 0,8 1,3 -0,7 -0,9 -0,8 -1,0 -0,9

   Intérieur (net)

1,1 0,6 -1,4 -0,4 0,7 0,2 0,1 0,1 -0,1

Déficit de financement 1/

0,0 0,0 3,3 2,1 2,2 2,2 2,9 2,6 2,2

Secteur extérieur

 

 

 

 

 

 

 

   

Exportations de biens et services

14,0 13,2 15,0 13,2 13,7 14,0 14,0 14,3 14,5

Importations de biens et services

48,4 47,9 50,5 50,8 47,6 47,4 45,3 44,6 43,2

Solde des transactions courantes

-11,1 -9,0 -8,9 -10,2 -13,6 -13,1 -12,0 -11,9 -11,1

   Hors transferts officiels et privés

-34,3 -34,7 -35,9 -38,1 -34,2 -33,6 -31,4 -30,4 -28,7

Dette extérieure, VAN en % du PIB 2/

37,4 46,2 41,8 41,8 40,2 38,4 36,5 34,5 32,5

Dette extérieure, VAN en % des exportations de biens & services

267 330 308 308 286 275 266 255 242

Service de la dette extérieure (en % des exportations de biens & services)

12,2 14,3 19,5 19,5 9,7 9,1 7,8 8,3 10,3

Balance des paiements globale (en millions de dollars EU)

-15,9 30,1 -6,0 -13,7 -11,8 -12,3 -16,6 -15,2 -10,8

Dons et prêts officiels (% du PIB)

11,1 9,7 13,9 14,9 7,3 7,4 7,1 7,3 7,3

Réserves de change brutes (fin de période)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   En millions de dollars EU

110,4 153,1 153,3 137,5 139,3 139,8 140,6 141,5 144,1

   En mois d’importations de biens & services

5,1 7,1 6,5 6,1 6,3 6,0 5,9 5,7 5,6

Taux de change effectif réel (2000=100)

122,3 122,6 ,,, ,,, ,,, ,,, ,,, ,,, ,,,

Taux de change FC/dollar EU (moyenne sur la période)

334,3 353,2 360,7 383,2 ,,, ,,, ,,, ,,, ,,,

Poste pour mémoire :

                 

PIB (nominal, en milliards de FC)

178,0 189,6 201,0 201,0 212,7 226,8 243,3 261,4 280,8
 

Sources : autorités comoriennes, et estimations et projections des services du FMI,

1/ Le déficit de financement du programme pour 2010–12 sera comblé par des dons et un financement FCE.

2/ Ratios de la dette extérieure avant allégement traditionnel de la dette. Les données de 2008 sur la dette ne sont pas comparables, car elles ne tiennent pas compte de l’ensemble de la dette.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l’adresse : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.



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