Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2011 sur les politiques communes des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine
Note d’information au public (NIP) n° 11/3717 mars 2011
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Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres qui ont mis en œuvre des programmes appuyés par le FMI sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement. |
Le 14 mars 2011, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations annuelles1 sur les politiques communes des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaines (UEMOA)2.
Informations générales
La reprise économique s’est amorcée dans les pays de l’UEMOA l’an dernier, après le ralentissement de la croissance en 2009. D’après les estimations pour 2010, la croissance économique devrait avoir retrouvé des niveaux moyens comparables à ceux d’avant les chocs des prix alimentaires et pétroliers et d’avant la crise financière mondiale. La croissance a été soutenue par le desserrement monétaire et budgétaire, la bonne production agricole, la reprise économique chez les principaux partenaires commerciaux de l’Union et par le redressement de l’activité en Guinée-Bissau et au Togo.
Les pays de l’UEMOA ont gardé un niveau moyen d’inflation bas en 2010, qui a toutefois augmenté au second semestre de l’année. En moyenne, l’inflation annuelle mesurée par les prix à la consommation a atteint 1,4 % contre 0,4 % en 2009. Mais plus récemment, la hausse des cours mondiaux des produits pétroliers et alimentaires a commencé à se répercuter sur l’inflation, bien que l’inflation sous-jacente ait été contenue.
Après un léger desserrement budgétaire de l’ordre de 1 ½ % du PIB en 2009, résultant surtout de l’augmentation des dépenses d’investissement, le déficit budgétaire moyen à l’échelle de l’Union a légèrement diminué, selon les estimations, ramené à 3,2 % du PIB en 2010. Les recettes repartent à la hausse, tandis que les dépenses publiques ont été stabilisées.
Après une contraction des importations en 2009, le déficit extérieur courant de l’Union devrait atteindre, d’après les estimations, 5 ½ % du PIB environ en 2010. En mois d’importations de biens et de services, les réserves de change se sont confortablement établies à plus de 6 mois en 2009 et 2010, en partie sous l’effet de l’allocation de DTS accordée par le FMI à tous les pays membres en 2009.
La stabilité politique dans la zone UEMOA est une condition préalable à la poursuite de la reprise. Si la crise ivoirienne trouve rapidement une issue pacifique et que les mesures appropriées sont mises en œuvre, la région pourrait maintenir l’élan de la reprise avoisinant 4 ½ % en 2011 et supérieure à 5 % à moyen terme, mais la croissance de la zone restera en recul par rapport à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Avec la récente augmentation des prix des produits alimentaires et pétroliers, l’inflation serait orientée à la hausse.
Selon les projections, des risques significatifs pèsent sur la reprise. Il y a en particulier la crise politique ivoirienne qui s’est intensifiée ces dernières semaines, avec d’importantes retombées négatives sur l’activité économique et financière intérieure. Si une solution rapide n’est pas donnée à la crise, le coût humain et financier serait considérable pour les pays voisins, tant au sein de l’UEMOA qu’à l’échelle régionale, transmis notamment par les circuits commerciaux, les flux migratoires et le secteur financier. Une reprise plus lente de l’économie mondiale pourrait ralentir la reprise économique de l’Union en entraînant la contraction des exportations, des envois de fonds des expatriés et des entrés de capitaux. Ceci aurait alors pour effet de peser sur le compte des transactions courantes et la qualité des portefeuilles de prêts des banques, réduisant le volume de ressources disponibles pour financer les déficits budgétaires. Une hausse persistante des prix des produits alimentaires et pétroliers présenterait des risques inflationnistes, ce qui appelle à un suivi attentif.
Évaluation du Conseil d’administration
La reprise économique est certes amorcée mais les administrateurs expriment leur profonde préoccupation quant à la crise politique actuelle en Côte d’Ivoire et aux graves risques qu’elle pose — en particulier par les liens du commerce et du secteur financier — ainsi qu’aux effets de débordement sur la région, dont les conséquences seraient graves si la crise devait perdurer. En outre, la hausse des prix des produits alimentaires et pétroliers pourrait entraîner des tensions inflationnistes qui aggraveraient la pauvreté. De ce fait, les administrateurs soulignent combien il importe d’accorder une plus grande attention aux plans d’urgence et à la gestion de crise, en soulignant que le suivi attentif de la situation économique et financière des pays membres de l’UEMOA est impératif.
Les administrateurs estiment que la politique budgétaire devrait concilier le soutien à la croissance, notamment les besoins d’investissements à grande échelle, avec la viabilité de la dette. Ils insistent sur la nécessité de créer une marge de manœuvre budgétaire pour les dépenses prioritaires — y compris l’investissement dans l’infrastructure — par de vastes réformes des administrations fiscales et douanières, l’amélioration de la qualité des dépenses et le contrôle des dépenses courantes. Les administrateurs reconnaissent que la hausse des prix alimentaires et pétroliers a un impact potentiel sur les couches de population défavorisées et soulignent que tout transfert ou subvention devrait être soigneusement ciblé pour protéger les plus vulnérables. Les administrateurs appellent aussi à une prompte mise en œuvre des directives de l’UEMOA sur la gestion des finances publiques.
Les administrateurs appellent les autorités à la vigilance à l’égard des pressions que la hausse des cours mondiaux des produits alimentaires et du pétrole peut exercer sur l’inflation, ainsi que des effets de débordement de la crise ivoirienne. Ils saluent la mise en place du nouveau cadre institutionnel de politique monétaire et notamment la récente création du Comité de politique monétaire. Pour rendre ce cadre efficace, les administrateurs recommandent d’en améliorer les fondements analytiques, la transparence et la communication.
Les administrateurs prennent note de l’évaluation des services du FMI signalant que le taux de change effectif réel se révèle globalement conforme aux fondamentaux économiques. Il en ressort toutefois que les récentes fluctuations de grande ampleur du taux de change de l’euro ont accru la volatilité du taux de change effectif réel de la zone UEMOA. Les administrateurs soulignent qu’il est nécessaire de redoubler d’efforts en ce qui concerne les réformes relatives à l’offre, afin notamment de réduire les goulets d’étranglement et d’améliorer le climat des affaires et la gouvernance.
Les administrateurs soulignent que la reprise des activités de la Commission bancaire est essentielle pour garantir une supervision effective et réduire au minimum le risque de débordement de la crise ivoirienne. Ils encouragent les autorités à accélérer la mise en œuvre des recommandations du Programme d’évaluation du secteur financier, tout en soulignant qu’il importe de disposer de données complètes et à jour sur les banques et sur les indicateurs de vulnérabilité afin de permettre que les évaluations de la stabilité financière soient d’actualité. Les administrateurs appellent à l’intensification des réformes visant à élargir et approfondir le développement du secteur financier.
Les avis exprimés par les administrateurs ici, feront partie intégrante des entretiens prévus dans le cadre des consultations au titre de l’article IV avec chaque État membre de l’UEMOA jusqu’au prochain examen des politiques communes de l’Union par le Conseil d’administration.
