Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2011 au titre de l’article IV avec le Cameroun

Note d’information au public (NIP) n° 11/83
Le 30 Juin 2011

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 24 juin 2011, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Cameroun1.

Informations générales

Le Cameroun a maintenu les conditions propices à la stabilité macroéconomique et la viabilité de sa dette a été renforcée par les allégements au titre de l’initiative PPTE et de l’IADM. Cependant, en dépit d’un appareil de production relativement diversifié, le revenu par habitant n’a pas progressé au cours des cinq dernières années. La croissance est restée entravée par un sous-investissement dans les infrastructures vitales, un climat des affaires peu propice, une gestion déficiente des finances publiques, un secteur financier peu diversifié, et une faible intégration régionale des échanges.

Le pays reste tributaire des produits de base pour ses recettes d’exportation et ses recettes budgétaires, et est donc vulnérable aux chocs exogènes, comme il a été constaté au cours de la récente crise financière mondiale.

L’économie camerounaise continue à se remettre de l’impact de la crise mondiale, et l’inflation reste faible. Le taux de croissance du PIB réel est estimé pour 2010 à 3,2 %, en hausse par rapport aux 2 % de 2009, en dépit d’une baisse de la production pétrolière de près de 12 %.

Le taux d’inflation annuel moyen est resté contenu à 1,3 %, contre 3 % en 2009. La hausse des prix des produits alimentaires a été de 1,2 % en 2010, et la forte hausse récente des cours internationaux des produits de base n’a eu pour le moment qu’un effet limité. Les comptes extérieurs ont bénéficié de la reprise économique mondiale et le déficit extérieur courant (dons inclus) s’est résorbé pour se situer à 2,8 % du PIB par rapport à 3,8 % en 2009.

Les comptes budgétaires font apparaître un déficit budgétaire global limité en 2010. Le total des recettes a presque atteint l’objectif fixé par la loi de finances rectificative, grâce aux recettes pétrolières exceptionnelles générées par la flambée récente des cours du pétrole, qui ont permis de compenser l’insuffisance des recettes non pétrolières. Il n’en demeure pas moins que le ratio des recettes non pétrolières de l’État par rapport au PIB non pétrolier reste parmi les plus faibles des pays exportateurs de pétrole d’Afrique subsaharienne. Des mesures ont été prises en 2010 pour apurer les arriérés et remédier aux problèmes de gestion des finances publiques hérités de 2009.

En termes de composition des dépenses, les dépenses courantes ont dépassé les prévisions du budget et les retards pris dans l’émission d’obligations d’État et la mobilisation de financements extérieurs ont eu un effet négatif sur les dépenses en capital. Le déficit budgétaire sur base caisse a été relativement modeste (2,3 % du PIB), après prise en compte de l’apurement des obligations impayées de l’État accumulées au cours des exercices précédents. Le secteur bancaire continue cependant de comporter des poches de vulnérabilité.

La croissance économique devrait progressivement reprendre avec les politiques actuelles. Le taux de croissance du PIB réel devrait se situer, d’après les projections, à 3,8 % en 2011 et augmenter graduellement jusqu’à 5 % en 2014. Ces perspectives positives vont dépendre de la reprise attendue de l’économie mondiale, de l’exécution des dépenses d’infrastructures, et des initiatives actuellement prises pour améliorer le climat des affaires. L’inflation devrait rester au-dessous de 3 %, niveau conforme au critère régional de convergence.

Évaluation par le Conseil d’administration

Les administrateurs ont salué la reprise économique du Cameroun, son faible taux d’inflation, et les bonnes perspectives économiques. Ils ont parallèlement noté la présence de risques, qui proviendraient d’une reprise mondiale plus lente que prévue, d’une production pétrolière inférieure aux prévisions, et des pressions budgétaires. D’importants défis subsistent pour améliorer la gestion des finances publiques, promouvoir la solidité du système bancaire, et améliorer la compétitivité et la croissance à long terme.

Les administrateurs ont souligné qu’il était essentiel de prévenir les risques qui pèsent sur le budget de 2011 en renforçant la gestion de la trésorerie, en réduisant les subventions des produits pétroliers et en procédant à une nouvelle hiérarchisation des dépenses. Ils engagent les autorités à redoubler d’efforts pour augmenter les recettes non pétrolières par un élargissement de l’assiette fiscale, une rationalisation des exonérations et une meilleure efficacité des administrations fiscale et douanière.

Les administrateurs se sont dits préoccupés par la répétition des problèmes systémiques dans la gestion des finances publiques, comme en attestent les dépassements de dépenses en biens et services et une large accumulation d’obligations de paiement. Ils ont félicité les autorités du travail d’audit en cours pour évaluer le stock d’arriérés de l’État et les ont invitées à mettre en œuvre les mesures prévues pour prévenir toute nouvelle accumulation d’arriérés. Les administrateurs ont également souligné qu’il était essentiel de reconstituer les marges de manœuvre budgétaire, de renforcer le processus d’exécution budgétaire et d’accélérer les efforts pour rendre opérationnel le cadre de dépenses à moyen terme.

Les administrateurs se sont félicités de voir que le risque de surendettement du pays reste faible mais ont signalé la forte augmentation récente des emprunts non concessionnels pour financer les projets d’infrastructures et encouragent les autorités à recourir, dans toute la mesure du possible, à des dons ou des financements concessionnels pour financer leur programme d’investissement. Ils ont souligné l’importance de développer, en étroite collaboration avec les institutions régionales, un marché des titres publics qui permettra de limiter la vulnérabilité aux chocs exogènes sur le financement et à terme, d’aboutir à un système financier plus compétitif.

Les administrateurs ont noté avec inquiétude les vulnérabilités du secteur bancaire, exacerbées par des normes inadéquates de supervision et des retards prolongés dans l’apurement des obligations de paiement de l’État. Ils ont encouragé les autorités à adopter sans tarder, en collaboration avec l’instance régionale de supervision bancaire, des mesures destinées à suivre l’évolution des vulnérabilités en analysant régulièrement la solidité du secteur bancaire, à accélérer les plans de restructuration des banques tout en contenant le passif budgétaire et à promouvoir la réforme du cadre de résolution bancaire.

Les administrateurs ont souligné l’importance de redoubler d’efforts pour combler les graves lacunes en infrastructures et améliorer le climat des affaires et la compétitivité. Il faudra notamment pour cela améliorer le taux d’exécution des projets d’investissements publics, approfondir le dialogue avec le secteur privé et renforcer les institutions publiques et la gouvernance. Les administrateurs ont encouragé les autorités à améliorer la qualité et le délai de communication des données économiques et financières requises à des fins de surveillance.


Cameroun: Principaux indicateurs économiques et financiers, 2009–12
 
  2009 2010 2011 2012
    Est. Proj. Proj.
 
  (Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)

Revenu national et prix

       

PIB en prix constants

2.0 3.2 3.8 4.5

  Pétrolier

-13.9 -12.3 -11.0 17.6

  Non pétrolier

2.9 4.0 4.4 4.0

Déflateur du PIB

-3.3 3.0 4.0 2.2

Prix à la consommation (moyenne sur 12 mois)

3.0 1.3 2.6 2.5

Commerce extérieur

       

Volume des exportations

-4.8 -0.1 1.6 7.6

dont : secteur non pétrolier

-2.4 3.5 4.6 5.0

Volume des importations

-5.2 8.2 8.6 5.8

Termes de l’échange ("-" = détérioration)

-15.0 18.3 3.3 -1.4

Monnaie et crédit (fin de période)

       

Avoirs intérieurs nets 1

5.2 8.9 9.3 4

Crédit net au secteur public 1

3.5 -1.6 5.0 -0.6

Crédit au secteur privé

9.1 8.2 7.6 9.6

Monnaie au sens large (M2)

6.9 11.3 7.9 6.3
  (En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Opérations de l’administration centrale

       

Total des recettes (hors dons)

17.6 16.8 17.5 18.1

Recettes non pétrolières (en % du PIB non pétrolier)

13.5 13.3 13.7 14.0

Total des dépenses

18.4 18.6 19.6 19.1

Solde budgétaire global (y compris règlement des arriérés)

       

  Hors dons

-1.0 -2.9 -5.6 -1.2

  Dons inclus

-0.2 -2.3 -4.8 -0.5

Solde primaire hors pétrole (en % du PIB non pétrolier)

-4.9 -5.7 -6.1 -5.5

Secteur extérieur

       

Solde extérieur courant (dons inclus)

-3.8 -2.8 -4.0 -3.3

Réserves imputées (en % de la monnaie au sens large)

68.0 65.6 61.1 58.7
Dette publique        
  Total 10.6 12.1 14.4 14.6
  Extérieure 5.5 6.5 6.5 7.3
 

Sources: autorités camerounaises et estimations et projections des services du FMI.

1En pourcentage de la monnaie au sens large en début de période.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des informations économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui est soumis à l'examen du Conseil d'administration. À l'issue de cet examen, le Directeur général, en sa qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. Une explication des termes convenus utilisés dans les résumés des réunions du Conseil d’administration peut être consultée à l’adresse suivante : http://www.imf.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm.



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