Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2011 au titre de l’article IV avec la Guinée

Note d’information au public (NIP) n° 12/23
le 12 Mars 2012

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 24 février 2012, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations de 2011 au titre de l’article IV avec la Guinée1.

Informations générales

La Guinée sort d'une longue période de troubles sociaux et d'un régime militaire en 2009–10. Après les élections présidentielles en décembre 2010, le nouveau gouvernement a adopté un programme de stabilisation économique pour 2011 qui a été suivi par les services du FMI. Le gouvernement a exécuté des réformes structurelles visant à mettre en place des conditions propices au développement des ressources naturelles abondantes du pays. Il a adopté un nouveau code minier dont l'objectif est d'attirer l'investissement étranger, et a engagé une réforme du secteur de la justice et des services de sécurité. La Guinée a commencé aussi à normaliser ses relations financières avec ses partenaires au développement, en réglant ses arriérés envers les institutions financières multilatérales, ce qui a permis la reprise de l'aide budgétaire. Le gouvernement a prolongé jusqu’en 2011–12 le document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) de 2007–10, qui sert de cadre d’action pour la croissance et la réduction de pauvreté.

Grâce à l'amélioration de la situation politique et à une augmentation de la production agricole, la croissance s'est accélérée en 2011 pour atteindre 3,6 %, après avoir quasiment stagné en 2009–10. Sur la base des estimations disponibles, le déficit budgétaire de base a été réduit de 12,6 % du PIB en 2010 à 2,5 % en 2011. Le financement du budget de l'État par la banque centrale a été arrêté, et la politique monétaire a été resserrée. En conséquence, l'inflation s'est stabilisée, baissant légèrement à la fin de l'année. Après une dépréciation considérable au début de l'année, le taux de change s'est stabilisé, et l'écart entre le taux de change officiel et le taux du marché s'est réduit considérablement. Grâce à des recettes minières exceptionnelles, la position extérieure s'est améliorée et les réserves de change brutes sont passées à l'équivalent de 4,5 mois d'importations à fin 2011, contre moins d’un mois d'importations un an plus tôt.

À moyen terme, les autorités ont pour priorités de réduire l'inflation et de capitaliser sur les ressources naturelles abondantes du pays pour en faire la principale source de croissance, d'emploi et de réduction de la pauvreté. En plus des mesures pour veiller à la viabilité des finances publiques et de l'endettement, les autorités s'attacheront à améliorer le climat des affaires et le climat d'investissement, ainsi qu’à renforcer la gestion des finances publiques, notamment en gérant de manière rentable et durable les recettes minières exceptionnelles. Ces objectifs sont conformes à ceux du DSRP, que le gouvernement a l'intention de mettre à jour en 2012, et constituent la base du programme appuyé par un nouvel accord triennal au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) qui été approuvé par le Conseil d'administration du FMI lors de sa réunion du 24 février 2012 (voir communiqué de presse 12/57, http://www.imf.org/external/french/np/sec/pr/2012/pr1257f.htm). Ce programme aidera aussi le pays à se rapprocher du point d'achèvement de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Les autorités devront se préparer à la croissance rapide de l'investissement et de la production dans le secteur minier au cours des années à venir.

Évaluation par le Conseil d’administration

Les administrateurs félicitent les autorités guinéennes pour les bons résultats obtenus dans le cadre du programme de référence, en particulier les mesures décisives qu'elles ont prises pour maîtriser la situation budgétaire. La croissance s'est accélérée, l'inflation a été contenue et les réserves de change ont augmenté. Les perspectives restent favorables, grâce aux investissements de grande envergure qui sont prévus dans le secteur minier, ainsi qu'à l'amélioration de la situation politique et de la gouvernance. Néanmoins, il subsiste des problèmes importants. Les pouvoirs publics devront s'employer principalement à consolider les progrès accomplis jusqu'ici, à préparer l'économie à l'augmentation attendue de l'activité et des recettes minières, et à veiller à ce que l'abondance des ressources naturelles se traduise par une croissance soutenue et partagée, ainsi que par une réduction de la pauvreté.

Les administrateurs sont d'avis qu'il est prioritaire à court terme de continuer de s'efforcer de réduire l'inflation, qui reste élevée. Une coordination étroite des politiques monétaire et budgétaire devrait améliorer la gestion de la liquidité, et la politique monétaire devrait rester suffisamment rigoureuse en limitant le financement bancaire du budget. Les administrateurs soulignent qu'il est important d'appliquer un taux de change déterminé par le marché et d'éliminer la pratique des taux multiples. Ils encouragent la banque centrale à renforcer sa capacité de contrôle, ainsi que son dispositif de gouvernance et de sauvegardes. À moyen terme, la mise en place d'un secteur financier solide contribuera largement à une croissance économique diversifiée.

Les administrateurs soulignent que la politique budgétaire doit continuer à avoir pour objectif de limiter le déficit budgétaire, de favoriser la réduction de l'inflation et d'assurer la viabilité de la dette, tout en créant une marge de manœuvre pour les investissements prioritaires et les dépenses sociales. Il convient notamment d'améliorer la politique et l'administration fiscales, de renforcer la gestion des finances publiques et de rationaliser les dépenses, en particulier d'éliminer les subventions.

Les administrateurs soulignent qu'il est nécessaire de veiller à ce que les recettes minières exceptionnelles soient utilisées de manière rentable et durable. Ils notent avec satisfaction la création d'un fonds spécial d'investissement qui permettra de renforcer la surveillance des grands projets d'investissement, tout en notant qu'il est nécessaire de mettre en place une structure institutionnelle efficace pour veiller à ce que les projets soient bien évalués et exécutés.

Les administrateurs félicitent les autorités des progrès accomplis dans les réformes structurelles. L'élimination des obstacles au développement des activités non minières, grâce à des investissements dans les infrastructures de base, la mise en place de services publics efficients et financièrement viables ainsi que l'amélioration du climat des affaires contribueront largement à favoriser une croissance généralisée et une réduction de la pauvreté.

Les administrateurs soutiennent les mesures que les autorités ont prises pour atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE dès que possible. Ils notent que la Guinée restera vulnérable même après l'allégement de sa dette, et conseillent vivement les autorités à éviter de contracter des emprunts non concessionnels et à accorder une importance particulière au renforcement de la capacité de gestion de la dette. Ils attirent l’attention des autorités sur le fait que la participation directe de l'État dans les nouveaux grands projets miniers et les projets d'infrastructures qui y sont liés créerait des besoins de financement considérables, et ils appellent les autorités à consulter étroitement le FMI et la Banque mondiale dans ce domaine.



Guinée: principaux indicateurs économiques, 2008–12
 
  2008 2009 2010 2011
Est.
2012
Proj.
 
  (Variation annuelle en pourcentage,
sauf indication contraire)

Comptes nationaux et prix

PIB à prix constants

4.9 -0.3 1.9 3.6 4.7

Prix à la consommation

         

Fin de période

13.5 7.9 20.8 19.0 12.0

Secteur extérieur

Exportations, f.à.b. (en dollars EU)

28.2 -21.3 15.3 11.7 11.4

Importations, f.à.b. (en dollars EU)

12.2 -19.8 28.2 18.3 72.3

Monnaie et crédit

Créances nettes sur l'État 1/

20.8 28.7 67.9 -30.1 5.4

Monnaie centrale

13.8 81.7 73.0 4.4 -7.5

Monnaie au sens large (M2)

39.0 25.9 74.4 15.5 6.1

Taux d'intérêt (bon du Trésor à court terme

21.5 15.0 13.0 13.0 ...
  (En pourcentage du PIB)

Finances de l'administration centrale

Total des recettes et dons

16.1 16.5 15.7 21.1 22.0

Recettes

15.6 16.2 15.3 17.7 18.8

Total des dépenses et prêts nets

17.5 23.7 29.7 24.1 28.7

Dépenses courantes

13.4 16.5 20.5 16.0 16.8

Dépenses d'équipement et prêts nets

4.0 7.2 9.1 8.1 11.9

Solde budgétaire global 2/

         

Dons compris (engagement)

-1.3 -7.1 -14.0 -2.9 -6.7

Solde budgétaire de base

1.6 -5.6 -12.6 -2.5 -3.8

Solde des transactions extérieures courantes

Transferts officiels compris

-10.3 -9.9 -12.4 -6.6 -34.9

Balance globale des paiements

-0.9 5.3 -3.6 9.5 -5.9

Pour mémoire :

Réserves disponibles brutes (mois d'importations) 3/

0.6 0.8 0.8 4.5 3.3

Stock de la dette extérieure (en % des exportations de biens et services hors facteurs)

197.6 261.2 225.0 200.1 169.8

PIB nominal (milliards de GNF)

20,780 22,133 27,118 33,973 39,944
 

Sources : autorités guinéennes, estimations et projections des services du FMI.

1/ En pourcentage de la monnaie au sens large en début de période.

2/ Les recettes minières exceptionnelles reçues en 2011 (700 millions de dollars EU) sont incluses dans le financement non bancaire.

3/ En mois d'importations hors importations liées aux grands projets miniers financés sur ressources extérieures.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l’adresse : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.



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