Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations au titre de l’article IV avec la République du Congo

Note d’information au public (NIP) n° 12/74
Le 10 Juillet 2012

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 27 juin 2012, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la République du Congo1.

Informations générales

Les résultats économiques se sont améliorés en 2011. Si la production des gisements pétrolifères arrivés à maturité a diminué, la croissance hors pétrole s'est accélérée, du fait de la vigueur de l'activité dans le bâtiment, les télécommunications et les transports. L'augmentation de l'investissement public a stimulé aussi l'activité en améliorant le système routier, ce qui a facilité le transport des biens entre le port et la capitale. L'inflation a diminué pour s'inscrire en deçà du critère de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) de 3 %, en raison de la réduction des goulets d'étranglement de l'offre et de l'élimination des frais de scolarité.

La position extérieure est demeurée solide : grâce à la persistance d'un excédent budgétaire élevé, les avoirs extérieurs nets ont augmenté. À la fin de 2011, la dette extérieure nette est devenue négative, les actifs dépassant la dette d'environ 30 % du Produit Intérieur Brut (PIB). En dépit des cours élevés du pétrole, le solde des transactions courantes n'a été que légèrement excédentaire, du fait du niveau élevé des importations liées à l'augmentation de l'investissement public et des bénéfices considérables rapatriés par les compagnies pétrolières. Les termes de l'échange se sont améliorés, mais le taux de change effectif réel a stagné, et a terminé l'année plus ou moins inchangé.

L'excédent budgétaire global a dépassé 10 %, en dépit de la hausse notable de l'investissement. Les recettes ont été portées par les cours élevés du pétrole et le meilleur recouvrement des recettes non pétrolières, tandis qu'un espace budgétaire supplémentaire a résulté de la rationalisation des dépenses courantes. Cependant, ces efforts ont été insuffisants pour compenser la hausse des dépenses d'équipement et, en conséquence, le déficit primaire de base non pétrolier s'est creusé en 2011 de plus de 10 points de pourcentage du PIB hors pétrole.

En mars 2012, l'explosion d'un dépôt de munitions à Brazzaville a provoqué des dégâts et des pertes en vies humaines considérables. La reconstruction est en cours, et un budget supplémentaire très élevé a été approuvé en avril. En dépit du contenu élevé en importation, les dépenses supplémentaires devraient stimuler la croissance, tandis que le faible niveau de diversification économique et les capacités intérieures limitées de réaction de l'offre feront monter l'inflation. Le solde budgétaire global devrait rester excédentaire, mais le déficit primaire de base non pétrolier devrait se détériorer sensiblement, pour dépasser 70 % du PIB hors pétrole. La hausse des importations ramènerait presque à zéro l'excédent des transactions courantes.

Au-delà de 2012, les perspectives sont favorables. L'investissement public permet de mettre en place des infrastructures de base, et le gouvernement a commencé à appliquer son plan d'action visant à améliorer le climat des affaires. La croissance hors pétrole devrait rester vigoureuse à mesure que l'économie se diversifie, avec de nouveaux investissements à moyen terme dans le secteur minier et l'agro-industrie.

Tandis que la production des gisements pétrolifères arrivés à maturité continue de fléchir, le solde des transactions courantes restera légèrement excédentaire avant de devenir fortement négatif en 2015-17 du fait des importations de biens d'équipement liées à l'entrée en exploitation d'une mine importante qui est prévue à la fin de 2017. Les risques extérieurs semblent gérables : les retombées d'une détérioration de la situation en Europe sont relativement limitées en raison de la faiblesse des relations commerciales et financières. Le risque d'une forte hausse du cours du pétrole est atténué partiellement par des réserves régionales abondantes et des volants budgétaires considérables détenus à l'étranger. Sur le plan intérieur, la capacité de l'investissement public et des réformes structurelles à accélérer la croissance et à faire reculer la pauvreté est incertaine. Le maintien de la dynamique de réforme, qui permettra d'exécuter résolument la politique économique, contribuera à atténuer ces risques.

Évaluation par le Conseil d’administration

Les administrateurs félicitent les autorités d'avoir stabilisé la situation macroéconomique. En dépit d'une croissance vigoureuse, la pauvreté reste généralisée et le chômage est élevé. Les administrateurs engagent les autorités à profiter de la conjoncture favorable pour mener des réformes ambitieuses afin de diversifier l'économie et de mieux partager les fruits de la croissance.

Les administrateurs conviennent que la politique budgétaire met l'accent à juste titre sur l'augmentation de l'investissement, tout en mettant de côté une partie des recettes pétrolières. Ils sont conscients des besoins urgents en dépenses d'équipement, en particulier face à l'explosion dévastatrice d'un dépôt de munitions à Brazzaville, mais ils soulignent qu'il est important d'établir un ordre de priorité entre les projets pour veiller à ce que le niveau de l'investissement soit compatible avec les capacités d'absorption et d'exécution. Les administrateurs soulignent qu'il est essentiel d'améliorer la gestion des finances publiques pour rehausser la qualité des dépenses. Ils notent avec satisfaction les efforts déployés pour renforcer la responsabilisation avec l'adoption d'un système de gestion axé sur les résultats et de mesures de maîtrise des dépenses. Les administrateurs demandent aussi de chercher à limiter les dépenses courantes non prioritaires et à accroître les recettes non pétrolières. Ils jugent utile la mise en place d'une règle budgétaire simple qui ancrerait les objectifs en matière de dépense et d'épargne.

Les administrateurs prennent note avec satisfaction du nouveau plan de développement national. Ils notent que, pour débloquer le potentiel économique considérable du pays, il faut déployer des efforts coordonnés pour améliorer le climat des affaires, développer le secteur financier et s'attaquer à l'inadéquation des qualifications et au chômage élevé des jeunes. Les administrateurs soulignent qu'il importe de mettre en place un climat des affaires stable où règne l'état de droit et où les investisseurs sont protégés de manière appropriée. Ils engagent à utiliser prudemment les zones économiques spéciales étant donné les risques de double système fiscal qu'elles entraînent. Les administrateurs encouragent aussi les autorités à procéder à une évaluation des qualifications pour orienter la politique de l'emploi et à collaborer avec le secteur privé en ce qui concerne les besoins de formation.

Les administrateurs notent que l'appartenance de la République du Congo à la CEMAC et le régime de change fixe de la région ont permis d'ancrer la stabilité macroéconomique. Ils engagent les autorités à s'acquitter de toutes leurs obligations au titre de la CEMAC, y compris les exigences de rapatriement et de mise en commun des réserves. En outre, les administrateurs encouragent les autorités à se mettre en conformité avec l'initiative pour la transparence des industries extractives en temps opportun, et à redoubler d'efforts pour améliorer les données de comptabilité nationale et de balance des paiements.


 
République du Congo — Principaux indicateurs économiques et financiers, 2008–13
 

 

2008 2009 2010 2011 2012 2013

 

      Est. Proj. Proj.
 
  (Variation annuelle en pourcentage)

Production et prix

           

PIB à prix constants

5.6 7.5 8.8 3.4 4.9 5.3

Pétrole

6.1 16.2 13.8 -4.8 -6.0 -2.0

Hors pétrole

5.4 3.9 6.5 7.4 9.7 8.0

PIB à prix courants

32.0 -14.7 31.3 14.5 10.1 2.2

Prix à la consommation (moyenne de la période)

6.0 4.3 5.0 1.8 5.1 4.5

Prix à la consommation (fin de période)

11.4 2.5 5.4 1.8 5.3 4.1
  (En pourcentage du PIB)

Solde des transactions courantes

2.3 -7.4 5.1 0.8 0.2 0.3

Dette publique extérieure (fin de période)

59.3 54.6 20.2 18.1 21.9 23.6

Finances de l'administration centrale

(En pourcentage du PIB non pétrolier)

Total des recettes

160.4 78.3 116.8 138.1 131.6 115.3

Recettes pétrolières

136.0 54.8 92.0 108.9 103.1 87.5

Recettes non pétrolières (y compris dons et rev. d'inv.)

24.4 23.5 24.7 29.2 28.5 27.8

Total des dépenses

80.7 65.5 66.7 84.7 112.6 99.6

Courantes

50.4 36.8 35.6 32.9 38.2 38.1

Équipement (et prêts nets)

30.3 28.7 31.2 51.7 74.5 61.5

Solde global (déficit -, base engagement)1

79.8 12.7 50.0 53.4 10.9 15.7

Solde primaire de base (déficit -) 2

91.5 18.8 57.6 62.6 30.0 23.6

dont solde primaire de base non pétrolier ( - = déficit)

-44.3 -36.0 -34.4 -46.3 -73.1 -63.9
  (En pourcentage du total des recettes publiques hors dons)

External public debt service (after debt relief) 3

8.3 9.0 3.3 3.4 2.9 2.5

External public debt (after debt relief) 3

127.9 187.2 54.0 43.2 51.4 55.7
 

(En milliards de francs CFA, sauf indication contraire)
de francs CFA, sauf indication contraire

Réserves de change brutes

1,825 1,740 2,200 2,875 4,118 5,350

PIB nominal

5,311 4,530 5,947 6,807 7,493 7,660

PIB nominal non pétrolier

1,557 1,705 1,911 2,096 2,472 2,867

Cours mondial du pétrole (dollars EU le baril)

97 62 79 104 115 110

Production de pétrole (millions de barils)

87 101 115 109 103 100

Taux de
change nominal (francs CFA/dollar EU, moyenne)

446 471 471 499
 
Sources : autorités congolaises, et estimations et projections des services du FMI.
1 Donscompris.
2 Recettes primaires (hors revenus d'intérêts et dons) moins dépenses courantes hors intérêts moins dépenses d'équipement financées sur ressources intérieures et prêts nets.
3 Le point d'achèvement PPTE a été atteint en janvier 2010. En mars 2010, le Club de Paris a accordé un allégement de dette de 100 %.
 

1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l’adresse : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.



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