Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2012

au titre de l’article IV avec le Gabon

Note d’information au public (NIP) n° 13/20
Le 19 février 2013

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 13 février 2013, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Gabon1.

Informations générales

Les autorités ont lancé un ambitieux programme d'investissements publics et de réformes pour transformer le Gabon en une économie émergente diversifiée d'ici à 2025. Bien que les conditions économiques actuelles demeurent favorables, l'une des questions cruciales qui se posera à l'avenir concerne l'utilisation efficace des ressources pétrolières et minières pour soutenir une croissance qui bénéficie à tous. À l’aune du revenu par habitant, le Gabon est le quatrième pays d'Afrique subsaharienne, mais la pauvreté et le chômage y restent endémiques et l'économie est fortement tributaire du pétrole, ce qui rend le pays vulnérable à l’instabilité des cours du pétrole.

Les résultats économiques récents du Gabon sont solides. Alimentée en partie par l'augmentation des investissements publics, l'activité économique hors pétrole a enregistré de bons résultats, en particulier dans les industries extractives, la transformation du bois et la construction, de sorte que la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel a atteint 7 % en 2010–11. En revanche, la production pétrolière dans les gisements arrivant à maturité est en baisse. Pour 2012, les projections laissent entrevoir une croissance du PIB réel d'environ 6 %, grâce au soutien continu d’investissements publics massifs. L'inflation reste maîtrisée et conforme aux critères de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, à environ 3 % en moyenne annuelle, malgré une forte hausse des prix alimentaires au milieu de l'année 2012. Les dépôts bancaires et le crédit privé se sont accrus rapidement en 2011–12, à partir il est vrai d'un niveau faible, et les banques demeurent hautement liquides.

La position extérieure du pays reste solide, le niveau élevé des cours du pétrole et l'augmentation des exportations de manganèse contribuant à un excédent élevé des transactions courantes, tandis que les importations liées à l'augmentation des investissements publics et à la Coupe d’Afrique des Nations se sont accrues à un rythme soutenu. En 2011, l'excédent des transactions courantes a atteint son plus haut niveau depuis 2008, à 14 % du PIB, et ne devrait diminuer que légèrement en 2012, car l'on s'attend seulement à une faible baisse des exportations d'hydrocarbures et de manganèse. Les rapatriements importants de bénéfices par les compagnies pétrolières étrangères ayant compensé dans une large mesure l'excédent des transactions courantes, les réserves officielles n'ont augmenté que modérément en 2011–12. Le taux de change effectif réel est resté globalement stable, malgré une nette amélioration des termes de l'échange en 2010–11.

La politique budgétaire suit une orientation expansionniste depuis 2009 et le déficit budgétaire global enregistrerait un déficit en 2012 pour la première fois depuis 2000. Les recettes pétrolières ont progressé de 80 % entre 2009 et 2012, et les dépenses publiques ont augmenté de 70 % au cours de la même période. En particulier, les dépenses d'équipement ont triplé, ce qui s'explique par les investissements publics liés au programme de développement économique et à la construction des infrastructures nécessitées par l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations. Les dépenses courantes ont aussi augmenté en raison de l'accroissement de la masse salariale et des subventions aux produits pétroliers. En conséquence, le déficit hors pétrole devrait, d'après les projections, culminer à 27 % du PIB hors pétrole en 2012.

Au-delà de l'année 2012, les perspectives sont favorables mais exposées à certains aléas. Les investissements publics massifs continueront d'améliorer les infrastructures et les autorités envisagent de prendre sans tarder des mesures pour améliorer le climat des affaires et le marché du travail. La croissance hors pétrole devrait donc rester vigoureuse grâce à l’apparition de nouvelles sources de croissance, notamment dans les zones économiques spéciales. Étant donné que la production de pétrole sur les gisements parvenus à maturité va continuer de baisser jusqu'à ce que de nouveaux gisements puissent être explorés, l'excédent extérieur courant va se dégrader à moyen terme pour laisser place en 2017 à une situation globalement équilibrée. Le budget va enregistrer de légers déficits au cours des cinq prochaines années, période au cours de laquelle le gouvernement exécutera son programme d’investissement et les recettes budgétaires tirées de l’exploitation pétrolière vont diminuer. Le plus gros risque pesant sur les perspectives du pays réside dans la possibilité d'un ralentissement de l'activité mondiale qui pourrait engendrer une baisse prolongée des cours du pétrole et du manganèse, à laquelle les autorités devraient faire face avec des amortisseurs budgétaires limités. En outre, la réussite de la stratégie des autorités visant à transformer le Gabon en une économie émergente sera largement déterminée par l'efficacité des investissements publics et la capacité effective des réformes à libérer le potentiel de développement du secteur privé et de diversification de l’économie.

Évaluation par le Conseil d'administration

Les administrateurs notent avec satisfaction les solides résultats économiques que le Gabon a obtenus ces dernières années grâce au niveau élevé des cours du pétrole et de l'investissement public. Cependant, en dépit d'une croissance économique vigoureuse, la pauvreté reste endémique et le chômage est élevé. Dans ces conditions, les administrateurs saluent le lancement d'un plan de développement à long terme qui a pour objectif de faire du Gabon une économie de marché émergente et diversifiée. Les administrateurs engagent à adopter des mesures et des réformes ambitieuses pour favoriser une croissance plus solidaire et mettre en place des volants de sécurité adéquats face à la volatilité des cours du pétrole.

Les administrateurs reconnaissent qu'il est nécessaire d'accroître l'investissement et les dépenses sociales, mais ils encouragent à mener une politique budgétaire plus prudente et à modérer l'augmentation de l'investissement public. C'est important afin de préserver la viabilité des finances publiques à moyen terme et de veiller à ce que l'investissement public n’excède pas les capacités d'administration et d'absorption. Les administrateurs appellent à modérer la croissance de la masse salariale, à réduire et à mieux cibler les subventions aux produits pétroliers et à élargir l'assiette de l'impôt hors pétrole. Ils notent les avantages d’une règle budgétaire simple, fondée sur le cours du pétrole, pour ancrer les dépenses. Les administrateurs engagent aussi à continuer de renforcer les capacités de planification et d'exécution de l'investissement, d'améliorer la qualité de l'investissement, d'accroître la transparence des finances publiques et de renforcer la gestion des finances publiques afin de veiller à ce que les ressources pétrolières soient utilisées de manière efficiente.

Les administrateurs conviennent qu'il est nécessaire d'opérer de vastes réformes pour éliminer les obstacles structurels à une croissance solide et diversifiée, ainsi qu’au développement du secteur privé, qui est essentiel pour créer des emplois et faire reculer la pauvreté. Une attention particulière doit être accordée à l'amélioration du climat des affaires afin de stimuler l'investissement privé. Il est crucial aussi d'opérer des réformes dans l'éducation et sur le marché du travail pour mieux faire correspondre l'offre et la demande d'emploi.

Les administrateurs soulignent qu'il est important de préserver la stabilité financière et d'approfondir l'intermédiation financière. Ils encouragent les autorités à améliorer l'environnement institutionnel pour l'accès au crédit, à achever la restructuration de deux banques publiques en difficulté, ainsi qu’à renforcer la réglementation et le contrôle du secteur financier, notamment le dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Les administrateurs encouragent l'établissement d'un plan d'action statistique pour améliorer la qualité et le délai de production des données économiques et financières.


Gabon : principaux indicateurs économiques, 2008-17
 
  2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
    Est. Projections
 
  (Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)

Secteur réel

 

PIB à prix constants

1,0 -2,9 6,7 7,0 6,1 5,9 6,8 6,9 7,1 7,5

Pétrole

-0,9 -3,7 5,9 -2,4 0,8 0,3 -0,6 -0,7 -0,6 -0,6

Hors pétrole

2,1 -2,4 7,2 12,1 8,7 8,3 9,8 9,7 9,7 9,9

Déflateur du PIB

16,2 -6,6 18,3 15,1 1,2 2,4 -2,1 -1,7 -1,0 -0,6

Pétrole

15,4 -3,5 39,3 35,9 0,3 3,6 -4,4 -3,5 -2,8 -2,2

Prix à la consommation

 

Moyenne annuelle

5,3 1,9 1,4 1,3 3,0 3,0 3,0 3,0 3,0 3,0

Fin de période

5,6 0,9 0,7 2,3 3,1 3,0 3,0 3,0 3,0 3,0

Secteur extérieur

 

Exportations, f.à.b.

37,2 -9,1 26,0 40,2 -5,1 5,8 -4,0 -3,2 -1,0 0,4

Importations, f.à.b.

8,1 2,8 18,1 24,3 3,6 8,8 2,1 1,2 3,6 7,9

Termes de l'échange ("-" = détérioration)

17,6 -6,8 16,7 24,9 -8,2 2,6 -2,3 -2,4 -1,8 -3,2

Finances de l'administration centrale

 

Recettes totales

27,0 -8,9 8,9 34,6 3,1 0,0 3,1 3,2 4,0 4,0

Recettes pétrolières

42,0 -8,5 17,8 39,2 6,4 -3,5 -4,3 -3,7 -4,6 -2,6

Dépenses totales

13,7 -1,4 26,6 33,3 17,2 10,9 2,8 4,0 4,4 6,1
  (En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Solde primaire hors pétrole (en % du PIB hors pétrole)

-2,5 -1,7 -8,0 -2,1 -26,4 -25,2 -22,2 -9,8 -17,1 -15,4

Solde global (base engagements)

10,5 5,9 1,8 2,3 -1,0 -2,9 -3,2 -3,3 -3,2 -3,6

Financement intérieur net

7,4 -1,4 -2,4 -2,5 2,9 2,7 1,6 1,9 2,1 3,0

Financement extérieur net

-3,8 -2,2 0,6 1,9 -0,6 2,2 3,3 3,1 2,4 2,0

Dette publique extérieure (y compris envers le FMI)

13,9 17,8 15,8 14,8 15,5 15,0 16,4 17,7 18,4 19,4

Dette publique totale

16,0 23,9 20,4 18,2 18,8 20,6 22,7 24,8 25,9 28,4
  (Variation en pourcentage, sauf indication contraire)

Monnaie et crédit

 

Crédit à l'économie

6,0 -7,9 1,9 42,0 24,4 26,0

Monnaie au sens large

8,8 2,2 19,2 26,5 12,5 11,6

Vitesse PIB hors pétrole/monnaie au sens large

3,3 3,0 3,1 2,8 2,8 2,8
  (En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Épargne nationale brute

47,7 38,4 38,9 45,0 44,1 42,7 40,1 38,0 36,4 34,4

Investissement fixe brut

22,0 27,1 30,0 30,8 31,7 32,4 33,3 33,6 33,8 34,2

Solde des transactions courantes

23,3 7,5 8,9 14,1 12,4 10,4 6,9 4,5 2,7 0,2
  (En milliards de francs CFA, sauf indication contraire)

Pour mémoire :

 

PIB nominal

7 045 5 702 7 201 8 867 9 527 10 327 10 805 11 350 12 036 12 856

PIB nominal hors pétrole

3 731 3 475 4 238 4 936 5 553 6 200 6 882 7 592 8 406 9 328

Monnaie nationale/dollar EU (moyenne)

448 471 531 534 536
 

Sources : autorités gabonaises; estimations et projections des services du FMI.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l’adresse : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.



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