Le Conseil d'administration du FMI achève la sixième et dernière revue de l'accord conclu avec le Niger au titre de la FRPC et approuve un nouvel accord de 37,5 millions de dollars

Communiqué de presse No. 08/127
le 29 mai 2008

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la sixième et dernière revue des résultats économiques enregistrés par le Niger dans le cadre d'un accord triennal au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) approuvé le 31 janvier 2005 pour un montant de 6,58 millions de DTS (soit environ 10,7 millions de dollars) (voir Communiqué de presse No. 05/20) . Le 14 novembre 2005, le montant de l'accord a été porté à 26,32 millions de DTS (soit environ 41,9 millions de dollars) (voir Communiqué de presse No. 05/251 ) et l'accord prorogé jusqu'au 31 mai 2008.

En achevant la sixième et dernière revue du programme du Niger appuyé par la FRPC, le Conseil d'administration a accordé des dérogations pour la non observation du critère de réalisation quantitatif à la fin décembre 2007 relatif à la réduction des arriérés de paiement intérieurs sur les obligations de l'État, et du critère de réalisation structurel continu relatif à l'application du système de tarification des produits pétroliers.

Le Conseil d'administration a en outre approuvé un nouvel accord au titre de la FRPC d'un montant de 23,03 millions de DTS (soit environ 37,5 millions de dollars) pour accompagner les efforts déployés par le Niger vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) tout en préservant la stabilité économique. Un premier décaissement de 3,29 millions de DTS (soit environ 5,4 millions de dollars) sera mis à disposition le 2 juin 2008.

À l'issue des débats sur les résultats économiques du Niger, M. Murilo Portugal, Directeur général adjoint et Président du Conseil d'administration par intérim, a fait la suivante déclaration :

« Il convient de féliciter les autorités nigériennes pour les résultats globalement satisfaisants enregistrés dans le cadre du programme appuyé par la FRPC. En 2007, et pour la troisième année consécutive, la croissance économique a été soutenue, et les perspectives pour 2008 sont encourageantes. Les autorités ont judicieusement complété la marge de manŊuvre budgétaire issue de l'allégement de la dette par une mobilisation de recettes, et augmenté sensiblement les crédits budgétaires alloués aux secteurs sociaux et à l'infrastructure. D'importants progrès ont été accomplis dans la préparation, l'exécution et les contrôles du budget. La récente accélération de l'inflation, principalement imputable au renchérissement des importations de produits de base et d'hydrocarbures, exigera une réponse en temps opportun.

Les résultats budgétaires en 2007 ont été satisfaisants, les recettes fiscales ayant dépassé les prévisions et les dépenses ayant été conformes aux objectifs. Le collectif budgétaire de 2008, qui répartit les importantes recettes exceptionnelles reçues à la fin 2007 ainsi que le complément de recettes minières, se centre, à bon escient, sur les dépenses de développement prioritaires. Il importe que les récentes mesures fiscales destinées à amortir le renchérissement des denrées importées soient ciblées sur les couches de population les plus vulnérables.

Le nouveau programme triennal appuyé par la FRPC vise à promouvoir la croissance dans un cadre de stabilité macroéconomique. Il s'efforce, à juste titre, de mieux aligner le budget sur les priorités du nouveau DSRP, de consolider l'exécution budgétaire, d'augmenter les recettes fiscales et de renforcer davantage la transparence et les contrôles budgétaires. Une amélioration plus poussée de la gestion budgétaire permettra d'accroître l'efficacité des programmes prioritaires du gouvernement et contribuera à mobiliser davantage les bailleurs de fonds de sorte que le Niger puisse avancer vers les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Pour préserver la viabilité de la dette, les autorités sont déterminées à poursuivre la mise en œuvre d'une politique prudente de gestion de la dette, principalement axée sur les dons et les prêts fortement concessionnels à l'appui de projets hautement productifs.

Le programme comprend des mesures destinées à améliorer davantage le climat des affaires et des investissements, cequi est essentiel pour promouvoir une croissance économique plus forte. Les mesures engagées pour renforcer le secteur de la microfinance et étayer les institutions financières existantes devraient faciliter l'accès au crédit et développer l'intermédiation financière ».

        • ANNEXE

Évolution récente de la situation économique

Le Niger a considérablement avancé sur le plan économique durant ces dernières années. La croissance moyenne a été de 5,3 % entre 2005 et 2007, fruit des bons résultats enregistrés dans l'agriculture, le BTP, les transports et les télécommunications. Le ratio d'investissement s'est situé en moyenne à 22 %, caractérisé par un comportement robuste de l'investissement public et privé. L'inflation a reculé en 2006, mais le renchérissement du pétrole et des céréales au second semestre de 2007 en a porté le taux à 4,7 % en glissement annuel à la fin de l'année.

Les recettes budgétaires, qui représentaient 10,8 % du PIB en 2005, étaient passées à 15,5 % du PIB en 2007. Cette augmentation et l'espace budgétaire dégagé par l'allégement de dette extérieure au titre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et de l'initiative d'allègement de la dette multilatérale (IADM) en 2006 ont permis d'accroître les dépenses publiques, de 20,4 % en 2005 à 22,3 % en 2007. Le déficit budgétaire global a été réduit de 9,6 % en 2005 à 6,9 % en 2007.

Le programme de réformes a contribué à une amélioration sensible de la gestion budgétaire. Par ailleurs, des progrès notables ont été accomplis dans la gestion des dépenses, en accordant une attention particulière au ciblage et au suivi des dépenses publiques destinées à combattre la pauvreté.

Synthèse du programme

Le programme du gouvernement vise principalement à consolider la croissance économique et à combattre la pauvreté tout en préservant l'équilibre budgétaire essentiel à la stabilité macroéconomique. Le cadre macroéconomique du programme de 2008-11 mise sur un taux de croissance annuel moyen de quelque 5 %, principalement alimenté par l'investissement dans l'agriculture du fait de la mise en œuvre de la stratégie de développement du secteur rural. En outre, la production d'uranium devrait plus de doubler d'ici 2012.

S'agissant de l'inflation, l'objectif est de limiter son taux annuel moyen à 2 % pendant la durée du programme, conformément aux critères de convergence de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le déficit budgétaire de base pour 2009-11 devrait rester proche de 2 % du PIB.

L'amélioration du climat des affaires est cruciale pour assurer une croissance soutenue à moyen terme et diversifier l'économie.

La FRPC est le guichet concessionnel du FMI pour les pays à faible revenu. Les programmes soutenus par cette facilité s'appuient sur une stratégie de réduction de la pauvreté formulée par le pays bénéficiaire. Cette stratégie, qui est adoptée au terme d'un processus de consultation auquel participent la société civile et les partenaires au développement, est énoncée dans le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté établi par le pays. Le but est de faire en sorte que les programmes appuyés par la FRPC soient conformes à un cadre global de politiques macroéconomiques, structurelles et sociales visant à stimuler la croissance et à réduire la pauvreté. Les prêts accordés au titre de la FRPC sont assortis d'un taux d'intérêt annuel de 0,5 % et sont remboursables sur dix ans, avec un différé d'amortissement de cinq ans et demi pour le principal.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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