Déclaration de la mission des services du FMI sur les consultations de 2008 au titre de l'article IV et les entretiens relatifs à un programme appuyé par l'AUPC en faveur des Comores

Communiqué de presse n° 08/192 (F)
Le 8 août 2008

Une mission des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Mbuyamu Matungulu a séjourné à Moroni du 25 juillet au 8 août 2008 pour mener les consultations de 2008 au titre de l'article IV et des entretiens sur un programme pouvant s'inscrire dans le cadre de l'aide d'urgence post-conflit (AUPC) du FMI1. La mission a rencontré le Président de l'Union des Comores, M. Ahmed A. M. Sambi, les Présidents des îles de Ngazidja, Anjouan et Mohéli, le Ministre des Finances et du budget de l'Union, M. Mohamed Ali Soilihi, le Gouverneur et le Vice-gouverneur de la Banque centrale des Comores (BCC), MM. Abdoulbastoi et Chanfiou, ainsi que d'autres hauts responsables du gouvernement. La mission a également eu des entretiens avec des représentants de la communauté des bailleurs de fonds, du secteur privé et de la société civile.

M. Mbuyamu Matungulu, Chef de la mission du FMI en Union des Comores, a fait la déclaration suivante le 8 août à Moroni :

« Dans un environnement politique précaire et une conjoncture marquée par la détérioration des termes de l'échange, l'activité économique a été faible en 2007. L'inflation en fin d'année s'est accélérée à 4,5 %, principalement du fait de la montée des prix internationaux des produits alimentaires et énergétiques. Les résultats budgétaires ont été faibles, les recettes ayant été nettement inférieures aux objectifs et la masse salariale ayant accusé de considérables dépassements.

La mission s'est entendue, ad referendum, avec les autorités sur un éventail de politiques macroéconomiques et structurelles pouvant recevoir l'appui du FMI au titre de l'AUPC sur la période de six mois qui s'achèvera à la fin mars 2009, et pouvant ouvrir la voie à un éventuel allégement de la dette dans le cadre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et de l'initiative d'allégement de la dette multilatérale (IADM). En 2008, la croissance du PIB réel ne devrait être que de 0,5 %, sous l'effet des pénuries généralisées des produits énergétiques et de leur renchérissement, lesquels devraient par ailleurs pousser l'inflation à la hausse. Les efforts déployés par les autorités pour améliorer le recouvrement des impôts et des droits de douane permettront d'étayer un élargissement des recettes. La mission a souligné qu'il est urgent de maîtriser une masse salariale considérable, notamment en gelant les recrutements dans la fonction publique et en consolidant les ministères aux niveaux de l'Union et des îles.

Face aux tensions budgétaires le gouvernement a adopté des mesures limitées pour parer au renchérissement des produits alimentaires et énergétiques ; leur coût budgétaire devrait se situer aux alentours de 0,1 % du PIB en 2008. Les autorités ont entamé par ailleurs des pourparlers avec les bailleurs de fonds afin d'obtenir le complément de concours financiers nécessaire, condition préalable pour que le Conseil d'administration du FMI puisse être saisi de la proposition de programme appuyé par l'AUPC.

Les perspectives macroéconomiques à moyen terme restent délicates, surtout si les réformes structurelles ne sont pas exécutées. En moyenne, la croissance annuelle du PIB réel devrait se situer à 3,2 % sur la période 2009-13. Cependant, sur ces perspectives pèsent les risques d'autres chocs pouvant frapper l'économie mondiale, de tensions persistantes sur les prix des principaux produits importés, et de toute situation où les besoins énergétiques des Comores ne seraient pas adéquatement satisfaits. La mission a engagé les autorités à répercuter les prix du pétrole en adoptant un mécanisme souple de tarification des produits pétroliers, conforme aux prix mondiaux, et à prendre des mesures pour garantir un approvisionnement soutenu en carburants.

La mission souhaite dire sa reconnaissance aux autorités pour leur chaleureuse hospitalité et pour l'esprit d'ouverture et la franchise qui ont marqué les discussions. »


1 Le FMI offre une aide d'urgence aux pays membres qui ont été touchés par une catastrophe naturelle ou un conflit armé. Cette aide prend la forme de prêts assortis d'un différé d'amortissement de 3¼ ans et d'une échéance de 5 ans. Pour les pays admissibles à la FRPC comme l'Union des Comores, le taux d'intérêt annuel est bonifié et ramené à 0,5 % à partir des ressources apportées par les pays membres.



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