Déclaration de la mission des services du FMI au Burkina Faso

Communiqué de presse no228
le 2 octobre 2008

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Norbert Funke, s'est rendue au Burkina Faso du 17 septembre au 1er octobre 2008 pour mener la troisième revue du programme économique triennal au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), le guichet concessionnel du FMI pour les pays à faible revenu. L'équipe s'est penchée sur l'évolution et les perspectives économiques, l'impact des prix élevés des produits alimentaires et pétroliers et sur les politiques mises en _uvre par les autorités pour consolider la stabilité macroéconomique, promouvoir une forte croissance économique et réduire la pauvreté. La mission a tenu de fructueuses discussions avec le Ministre de l'économie et des finances, M. Lucien Noël Bembamba, le Directeur national de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), M. Bolo Sanou, et avec d'autres ministres et fonctionnaires de haut rang du gouvernement du Burkina Faso, ainsi qu'avec des représentants du secteur privé, des syndicats, des organisations non gouvernementales et des partenaires de développement.

La mission a fait hier, le 1er octobre, la déclaration suivante à Ouagadougou:

« L'activité économique montre des signes de reprise et la croissance du PIB réel devrait atteindre environ 4,5% en 2008. Les conditions climatiques favorables sont de bon augure pour un rebond de la production agricole, qui est un moteur important du redémarrage des activités. Une bonne récolte devrait aussi permettre de réduire l'inflation vers la fin de l'année.

« Dans un environnement extérieur difficile, caractérisé par des prix élevés des produits alimentaires et pétroliers, les résultats économiques correspondent dans l'ensemble aux objectifs du programme au titre de l'accord FRPC. Il est prévu que le Conseil d'administration du FMI examine la troisième revue de l'accord au titre de la FRPC en décembre 2008. Les efforts constants de renforcement des administrations fiscale et douanière ont contribué à compenser la perte de recettes associée aux mesures temporaires (suspensions de droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour quelques produits de première nécessité) et a permis d'alléger l'impact des prix élevés des produits alimentaires et pétroliers.

« La mission et les autorités se sont accordées sur le fait que le budget de 2009 doit à la fois préserver la viabilité de la dette et satisfaire les besoins sociaux et en infrastructures. Limiter le déficit budgétaire à moins de 5% du PIB en 2009 serait une étape importante pour ramener à moyen terme le déficit à moins de 3% du PIB et stabiliser les ratios d'endettement. Pour réduire le déficit budgétaire, des efforts continus sont nécessaires en matière d'administration fiscale et de réforme de la politique fiscale. La révision de l'impôt sur les sociétés, la simplification des exonérations fiscales et le renforcement de la TVA sont les domaines prioritaires.

« Il convient de mieux cibler les subventions et les transferts afin d'atteindre de façon plus efficace les populations les plus vulnérables. Il ressort de l'analyse de la mission que ce n'est généralement pas le cas des suspensions temporaires de droits de douane et de la TVA ni de la répercussion limitée des cours internationaux du pétrole. L'expérience internationale tend à montrer les avantages de mesures mieux ciblées, telles que des programmes de cantines scolaires, des réductions des coûts des services de santé de base et des systèmes de transferts en espèces. Selon nos analyses, une répercussion complète des cours internationaux du pétrole aiderait à éliminer les pertes de la société nationale de pétrole, pertes qui pourraient autrement se retrouver à la charge de l'Etat.

« Les réformes structurelles, telles qu'envisagées par les autorités, devraient contribuer à mettre l'économie sur le chemin d'une croissance solide et durable. Les réformes du secteur financier devraient faciliter l'accès au financement et renforcer la stabilité du secteur. La mission se réjouit que d'autres mesures soient envisagées, comme le renforcement de la gestion des finances publiques, l'augmentation de la productivité du secteur du coton, la poursuite des améliorations en matière de climat des affaires, et l'amélioration de la gouvernance.

« L'équipe de la mission tient à remercier les autorités de leur hospitalité et de leur étroite collaboration dans le cadre d'un dialogue de politique très fructueux. »



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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