Le FMI signale une intensification des risques pour la stabilité financière mondiale et prône une démarche globale

Communiqué de presse n° 08/235
Le 7 octobre 2008

Le Fonds monétaire international (FMI) a signalé aujourd'hui que la situation du système financier mondial s'était dégradée depuis son dernier bilan en avril 2008. Le processus d'inversion du levier financier s'est accéléré et menace de se poursuivre de façon désordonnée, augmentant ainsi le risque d'une forte interaction négative entre le système financier et l'économie dans son ensemble.

Selon l'édition d'octobre 2008 du Rapport du FMI sur la stabilité financière dans le monde (GFSR) les conditions monétaires et financières se sont durcies davantage, l'appétit du risque continue de s'amenuiser et les risques de divers types — macroéconomique, crédit, marché, liquidité, marchés émergents — se sont intensifiés à l'échelle mondiale. Le FMI souligne par ailleurs la détermination des gouvernements à relever les défis tout en précisant qu'un engagement collectif des autorités à opérer une riposte effective contribuerait au rétablissement de la stabilité financière.

M. Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI, a déclaré que « le GFSR que nous publions aujourd'hui montre à quel point la crise que nous traversons est grave », ajoutant « il est clair que l'heure n'est plus aux solutions ponctuelles. Je lance donc un appel aux dirigeants pour que, au plan national, ils s'attaquent de toute urgence à la crise, en suivant une démarche globale propre à rétablir la confiance dans le secteur financier. Les gouvernements nationaux doivent par ailleurs mener cette action en étroite coordination pour contribuer au rétablissement de la stabilité du système financier international ».

M. Jaime Caruana, Conseiller et Directeur du Département des marchés monétaires et de capitaux du FMI, lequel a produit le rapport, a rappelé que « le système financier mondial a connu des turbulences sans précédent durant ces derniers mois et les conditions se sont considérablement dégradées depuis le printemps dernier. Cela dit, pour grave que soit la situation, la détermination des pays à s'attaquer sans tarder aux problèmes en présence et la prise de conscience qu'il est urgent d'intensifier la coopération internationale constituent autant de signes encourageants ».

M. Caruana a ajouté que « des mesures concrètes s'imposent toutefois pour parer à l'insuffisance de fonds propres, aux pertes de valeurs des actifs et au dysfonctionnement des marchés de financement. Ce type de démarche globale, pour autant qu'elle soit concertée au plan international, devrait suffire à rétablir la confiance et le bon fonctionnement des marchés et éviter un ralentissement encore plus prolongé de l'économie mondiale ».

Les États-Unis restent l'épicentre de la crise financière. La contraction persistante du marché immobilier et la généralisation du ralentissement économique contribuent à détériorer davantage la qualité des prêts existants. Étant donné que le cycle des défauts de paiement n'a pas encore atteint son point d'inflexion, le GFSR estime que les pertes déclarées sur les prêts et les actifs titrisés des États-Unis devraient atteindre quelque 1,4 billion de dollars, contre une estimation de 945 milliards dans l'édition d'avril 2008. Les États-Unis et plusieurs autres pays ont pris des mesures pour étayer la confiance dans les institutions et les marchés financiers, notamment en injectant des capitaux dans les institutions financières ou en proposant de racheter des actifs dévalorisés. M. Caruana juge « difficile d'évaluer la réussite de ces initiatives en dernière analyse, mais à mesure que les détails se préciseront les autorités devront expliquer clairement comment seront maîtrisés les risques pour le contribuable ».

Le GFSR note que les emprunteurs et les institutions financières des pays émergents, qui jusqu'à une période récente avaient relativement bien résisté, vont être confrontés à un environnement macroéconomique plus éprouvant, marqué par un resserrement du crédit mondial et un ralentissement de l'économie qui pourraient avoir pour effet de précipiter une phase descendant du cycle du crédit dans certains pays. Sont particulièrement vulnérables ceux qui dépendent davantage des flux à court terme ou ceux dont le système bancaire s'appuie sur un levier financier de nature internationale.

À court terme, pour étayer la stabilité financière mondiale, le GFSR recommande que les autorités des pays touchés prennent publiquement l'engagement collectif de s'attaquer aux problèmes. Tenant compte de l'expérience des crises précédentes, le GFSR recommande cinq principes qui peuvent aider les autorités à rétablir la confiance dans cette conjoncture exceptionnelle : i) adopter des mesures globales, opportunes et clairement communiquées ; ii) miser sur des politiques cohérentes et concordantes pour stabiliser le système financier mondial dans les différents pays ; iii) opérer une détection rapide des tensions et y riposter sans tarder afin de maîtriser les retombées systémiques ; iv) veiller à ce que les interventions d'urgence des pouvoirs publics soient temporaires et à ce que les intérêts des contribuables soient protégés ; et v) ne pas perdre de vue l'objectif d'un système financier plus solide, plus compétitif et plus efficient.

Points saillants des chapitres analytiques du GFSR

Le chapitre 2 du GFSR se penche sur l'incapacité des marchés de financement bancaire à jouer leur rôle de distribution des liquidités entres institutions et conclut que le mécanisme de transmission de la politique monétaire par les taux d'intérêt a beaucoup perdu en fiabilité. Il recommande l'amélioration de l'infrastructure des marchés de financement, une plus grande attention de la part des autorités aux risques de crédit et de liquidité et un encouragement de la coopération et de la communication entre banques centrales.

Le chapitre 3 analyse le rôle procyclique que l'application de la comptabilité à la juste valeur a pu jouer dans l'évolution et le résultat du cycle de crédit actuel. Il conclut que cette méthode comptable reste valable, mais qu'il faudra l'affiner davantage pour atténuer les effets exagérés de certaines techniques de valorisation.

Le chapitre 4 examine les marchés d'actions des pays émergents pour déterminer dans quelle mesure les facteurs externes et les facteurs internes y influent sur les valorisations. Il constate que, comme les fondamentaux intérieurs, les facteurs mondiaux jouent un rôle important dans l'évolution des prix des actions dans ces pays et que les risques de contagion des pays avancés aux marchés d'actions des pays émergents se sont accrus, ce qui semblerait indiquer que les vecteurs de transmission des mouvements de prix des actions se multiplient. Les décideurs doivent poursuivre durablement leurs efforts pour accroître la capacité d'adaptation des marchés financiers locaux.



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