Déclaration de la mission des services du FMI au Burkina Faso

Communiqué de presse no 08/71
le 3 avril 2008

« Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Norbert Funke a séjourné à Ouagadougou du 19 mars au 2 avril dans le cadre de la deuxième revue du programme, appuyé par la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).1 La mission a analysé l'évolution et les perspectives économiques et a examiné avec les autorités leur politique économique, dont l'objectif est la consolidation de la stabilité macroéconomique et la création des conditions propices à une croissance économique forte et soutenue et à la réduction de la pauvreté.

« La mission a eu des entretiens avec le Ministre de l'économie et des finances, M. Jean-Baptiste Compaoré ; le Directeur national de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), M. Bolo Sanou, d'autres ministres et hauts responsables du gouvernement du Burkina Faso, ainsi que des représentants du secteur privé, des syndicats, des organisations non gouvernementales et des partenaires au développement.

« La mission a fait la déclaration suivante le 2 avril à Ouagadougou :

« Selon les projections, la croissance du PIB réel augmentera légèrement en 2008 pour s'établir à 4,5 %, contre 4,0 % en 2007. Le ralentissement de la croissance observé l'année dernière est surtout attribuable à des chocs négatifs sur les termes de l'échange et à des conditions météorologiques défavorables. La croissance sera étayée cette année par une reprise de la production de coton et l'entrée en activité de plusieurs mines d'or, tandis que des cours du pétrole durablement élevés et l'appréciation de l'euro pèseront sur la compétitivité. À court terme, l'inflation pourrait rester élevée jusqu'à ce que la situation alimentaire s'améliore dans la région, amélioration qui devrait résulter notamment de la prochaine récolte. L'inflation devrait retomber à environ 3 % en fin d'année.

« Dans l'ensemble, les résultats du programme appuyé par la FRPC sont positifs et le Conseil d'administration du FMI devrait examiner la deuxième revue de l'accord au titre de la FRPC au début de l'été. Tous les critères de réalisation quantitatifs et la plupart des repères ont été atteints. Il convient de souligner que les autorités ont réussi à accroître les recettes en poursuivant leurs efforts de renforcement des administrations fiscale et douanière, ce qui leur a permis de respecter leurs objectifs en matière de déficit budgétaire et de recettes. Les dépenses sociales selon le repère défini pour le suivi du programme ont augmenté de 9,3 %, mais restent inférieures à l'objectif en raison notamment du manque de capacités d'exécution des dépenses en capital, une situation à laquelle le gouvernement est en train de remédier.

« Cette année, la politique budgétaire devra concilier les besoins sociaux et la stabilité macroéconomique. La hausse des prix des produits alimentaires étant probablement temporaire, la position budgétaire (exprimée par l'objectif de déficit public global en proportion du PIB) devrait rester inchangée en 2008, à 5,4 % du PIB. Dans le cadre de cet espace budgétaire, le gouvernement a pris des mesures pour atténuer l'impact social du renchérissement des produits alimentaires et de l'énergie. Si la hausse des prix devait engendrer la crainte d'une accélération de l'inflation, un certain resserrement de la politique budgétaire pourrait s'avérer nécessaire. La réduction du déficit budgétaire à moyen terme à moins de 3 % du PIB par de vigoureux efforts d'accroissement des recettes sera cruciale pour préserver la viabilité de la dette.

« Les réformes structurelles prévues dans le programme du gouvernement devraient contribuer à placer l'économie sur une trajectoire de croissance forte et soutenue à moyen terme. La réforme du secteur financier vise à faciliter l'accès au crédit et à renforcer la stabilité du secteur pour étayer la croissance. La mission a approuvé l'orientation des autres mesures destinées à renforcer la gestion des finances publiques, à améliorer la compétitivité extérieure par des mesures d'accroissement de la productivité, à créer un environnement plus propice à l'initiative privée et à améliorer la gouvernance.

« La mission du FMI tient à remercier les autorités pour leur hospitalité ainsi que pour la collaboration étroite et le dialogue très constructif sur la politique économique. »


1 La FRPC est le guichet concessionnel du FMI pour les pays à faible revenu. Les programmes appuyés par la FRPC reposent sur des stratégies nationales de réduction de la pauvreté qui sont adoptées à l'issue d'un processus participatif impliquant la société civile et les partenaires au développement. Ces stratégies sont présentées dans un Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). L'objectif est d'assurer que les programmes appuyés par la FRPC sont conformes à un vaste ensemble de politiques macroéconomiques, structurelles et sociales propres à stimuler la croissance et à faire reculer la pauvreté. Les prêts au titre de la FRPC sont assortis d'un taux d'intérêt annuel de 0,5 % et sont remboursables sur dix ans avec une période de grâce de cinq ans et demi sur les paiements du principal.



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