Déclaration de la mission des services du FMI au Burkina Faso

Communiqué de presse n° 09/107
le 1er avril 2009

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par M. Norbert Funke, a séjourné au Burkina Faso du 18 mars au 1er avril 2009 afin de procéder à la quatrième revue du programme économique triennal appuyé par un accord au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), le guichet concessionnel du FMI pour les pays à faible revenu. La mission a examiné l'évolution et les perspectives économiques, y compris l'impact de la crise financière mondiale et les chocs affectant les cours du pétrole et des denrées alimentaires, ainsi que les mesures prises par les autorités pour renforcer la stabilité macroéconomique, promouvoir une forte croissance économique et réduire la pauvreté. La mission a eu des entretiens très fructueux avec M. Lucien Marie Noël Bembamba, Ministre de l'économie et des finances, M. Bolo Sanou, Directeur national de la Banque Central des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), d'autres ministres et de hauts responsables de l'État, et des représentants du secteur privé, des syndicats, des organisations non gouvernementales et des partenaires au développement.

M. Norbert Funke, Chef de mission pour le Burkina Faso, a publié la déclaration suivante aujourd'hui à Ouagadougou :

« Il y a des signes d'un ralentissement probable de l'activité économique. Selon les projections, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel diminuera en 2009 pour s'établir à 3½ %, contre 5 % en 2008. L'année dernière, la croissance a été soutenue par des conditions météorologiques favorables et des mesures prises par les autorités pour stimuler la production agricole. Toutefois, la crise financière mondiale a commencé à peser sur l'activité économique. Le recul de la demande extérieure, la contraction des cours du coton, le resserrement des conditions de liquidité et la pression à la baisse sur les flux financiers dépassent l’impact positif de la baisse des prix du pétrole et de la hausse des cours de l'or sur le marché international. L'inflation diminue et devrait s'établir juste au-dessus de 3 % d’ici à la fin de 2009.

Malgré cet environnement extérieur difficile, les résultats économiques restent pour l'essentiel conformes aux objectifs du programme appuyé par la FRPC. Grâce aux progrès réalisés dans l'administration fiscale et douanière et aux mesures prises pour maîtriser les dépenses courantes, les autorités ont atteint les objectifs de recouvrement des recettes et de déficit budgétaire. Elles poursuivent leurs efforts dans les grands domaines de réforme, à savoir la politique fiscale, la gestion des finances publiques et le secteur financier. Le Conseil d'administration du FMI devrait examiner la quatrième revue de l'accord au titre de la FRPC en juin 2009.

La mission et les autorités ont convenu que l'orientation budgétaire de 2009 et la structure des dépenses devraient permettre d’amortir l’impact du choc des prix des denrées alimentaires et de la crise financière internationale tout en préservant une dette soutenable. Une légère hausse du déficit budgétaire à 5,3 % du PIB serait nécessaire pour compenser les pressions sur les recettes à mesure que la croissance ralentit et pour répondre aux besoins de dépenses sociales. En outre, les investissements en matière d’infrastructure sont également nécessaires afin de libérer le potentiel de croissance du pays. À moyen terme, les autorités devraient s’employer à accroître les recettes et à réduire le déficit à moins de 3 % du PIB pour stabiliser les ratios d'endettement. Cet ajustement sera favorisé par la réforme fiscale, qui privilégie la révision de la fiscalité des entreprises, la rationalisation des exonérations fiscales et le renforcement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

La mission soutient les efforts déployés par les autorités pour protéger les groupes les plus vulnérables de la population contre les chocs négatifs actuels. En effet, les autorités ont éliminé les suspensions temporaires d'impôts et de droits de douane sur certains biens de consommation essentiels, qui n'étaient pas bien ciblées. En revanche, avec l'aide des bailleurs de fonds, elles ont commencé à établir un système de transfert en espèces dans les deux principales villes du pays. De plus, elles sont en train d’experimenter d’autres programmes, qui visent notamment à offrir le déjeuner à l'école et à réduire le coût des soins de santé de base. À moyen terme, il sera crucial de mettre en place un système de protection sociale de base que les autorités examinent actuellement avec le soutien de la Banque mondiale.

Les réformes structurelles envisagées par le gouvernement devraient contribuer à replacer l'économie burkinabè sur un sentier de croissance durable. La mission se réjouit de la priorité accordée aux mesures destinées à renforcer la gestion des finances publiques, à assainir le climat des affaires et à améliorer la gouvernance. Par ailleurs, les autorités devraient suivre de près l'évolution de la filière coton et mettre en œuvre des mesures pour améliorer sa productivité afin de limiter le risque budgétaire.

La mission tient à remercier les autorités de leur hospitalité, de leur coopération étroite et du dialogue très constructif sur la politique économique. »



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