Déclaration des services du FMI au terme d’une mission au Sénégal

Communiqué de presse no 09/113 (F)
Le 2 avril 2009

Une mission du Fonds monétaire international dirigée par M. Johannes Mueller s’est rendue au Sénégal du 24 mars au 2 avril pour mener des discussions concernant la troisième revue de l’instrument de soutien à la politique économique (ISPE) et la première revue au titre de la facilité de protection contre les chocs exogènes (FCE). La mission a rencontré le Président de la République, Son Excellence M. Abdoulaye Wade, le Ministre de l’Économie et des Finances Abdoulaye Diop, le Ministre du Budget Mamadou Sow, le Ministre de l’Énergie Samuel Sarr, le Directeur national de la BCEAO Fatimatou Zahra Diop, ainsi que des hauts fonctionnaires du gouvernement et des représentants du secteur privé, des banques commerciales, et des partenaires du développement.

M. Johannes Mueller, Chef de mission pour le Sénégal, a émis la déclaration suivante aujourd’hui à Dakar:

“Le Sénégal commence à ressentir les effets de la crise économique mondiale. Les principaux canaux de transmission sont un déclin des transferts de fonds des expatriés, du prix des matières premières, de la demande externe, et de l’investissement direct étranger. Cela fait suite à une période difficile depuis la mi-2008 lorsque d’importants retards de paiement du gouvernement au secteur privé sont devenus apparents et ont affecté sensiblement l’activité économique. En conséquence, en dépit d’une forte performance de l’agriculture, la croissance économique a chuté à 2,5 % en 2008, près de moitié moins que le taux de croissance tendanciel. Il est prévu qu’elle s’élève modérément à environ 3 % en 2009, reflétant la reprise des opérations d’une entreprise importante de phosphates (ICS) et le règlement en cours des factures impayées du gouvernement. La baisse des prix du pétrole et alimentaires devraient réduire l’inflation à environ 1 % en 2009 et limiter la facture des importations, permettant ainsi de contenir le déficit des transactions courantes.

“Dans cet environnement extérieur difficile, les efforts du gouvernement pour normaliser ses relations financières avec le secteur privé sont louables. Le stock des factures impayées a été fortement réduit ces derniers mois, ce qui devrait contribuer à fortifier l’activité économique. Dans le même ordre d’idées, les autorités ont progressé dans le renforcement de leurs systèmes de gestion des finances publiques afin d’améliorer la planification, l’exécution et le suivi budgétaire, et de prévenir la réapparition des retards de paiement. Pour la période à venir, elles ont l’intention de mener des réformes supplémentaires dans ce domaine, et de promouvoir l’activité du secteur privé.

“Les autorités ont réitéré leur engagement de poursuivre une politique budgétaire prudente à moyen terme de façon à préserver les niveaux d’endettement viables du Sénégal. Néanmoins, une hausse modérée et temporaire du déficit budgétaire en 2009 est appropriée pour compenser partiellement la chute des recettes fiscales, qui reflète dans une large mesure l’impact de la crise économique. Cela permettrait de maintenir des dépenses d’investissement dans les infrastructures et des dépenses sociales. Néanmoins, des réductions de dépenses non prioritaires, en particulier des dépenses courantes, sont inévitables.

“Les discussions sur le programme économique des autorités continueront à Washington pendant les réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale qui se tiendront en avril. Le conseil d’administration du FMI est fixé provisoirement à début juin 2009.”



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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