Déclaration à la fin d’une mission du FMI au Burundi

Communiqué de presse no 09/205
Le 10 juin 2009

Une mission du Fonds Monétaire International (FMI), conduite par M. Bernardin Akitoby, a séjourné à Bujumbura du 27 mai au 10 juin 2009 afin de procéder à la deuxième revue du programme économique et financier du gouvernement burundais appuyé par un accord au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) et à l’évaluation de l’impact de la crise financière mondiale sur le Burundi.

La mission a été reçue en audience par le Président de la République, M. Pierre Nkurunziza, le Premier Vice-Président, M. Yves Sahinguvu et le Deuxième Vice-Président, M. Gabriel Ntisezerana; elle a eu des entretiens avec la Ministre des Finances, Mme Clotilde Nizigama et les Ministres en charge de l'éducation nationale, de la santé, de l'agriculture, de l’intégration régionale et de la lutte contre le SIDA; elle s’est également entretenue avec le Gouverneur de la Banque de la République du Burundi, M. Gaspard Sindayigaya. La mission a eu des discussions constructives avec les représentants de la communauté des bailleurs de fonds, du secteur privé et de la société civile.

M. Bernardin Akitoby, Chef de mission pour le Burundi, a publié la déclaration suivante aujourd’hui à Bujumbura :

«La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel a atteint 4½ % en 2008, contre 3,6 % en 2007, essentiellement en raison de la bonne récolte caféière et de l’appui accru des bailleurs de fonds visant à amortir les effets de la flambée des prix alimentaires et pétroliers. La hausse des cours mondiaux des produits de base observée durant les sept premiers mois de l’année a porté l’inflation, en glissement annuel, à environ 26 % en fin de période, soit un chiffre bien supérieur à l’objectif de 14 % visé au programme.

La croissance économique devrait retomber à 3,2 % en 2009, du fait principalement de : i) la contraction de la demande des produits d’exportation; ii) la baisse des cours mondiaux du café; iii) l’incertitude qui entoure le financement de la commercialisation du café; iv) des envois de fonds des travailleurs moins importants; (v) des investissements directs étrangers plus faibles. Du fait du tassement des cours mondiaux des produits pétroliers et alimentaires, l’inflation nominale devrait tomber, selon les projections, à 9 % en 2009. Le déficit extérieur courant devrait se contracter, l’effet de la baisse des prix pétroliers et alimentaires sur les importations compensant largement l’impact négatif de la baisse du cours du café — qui compte toujours pour près de 70 % des exportations — sur les exportations du Burundi.

Les résultats obtenus dans le cadre de la mise en œuvre du programme appuyé par la FRPC sont globalement satisfaisants. Tous les critères de réalisation quantitatifs et structurels fixés à mars 2009 ont été respectés et les réformes structurelles progressent. La loi portant établissement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a été promulguée, la gestion de la solde a été transférée au Ministère des Finances et le recensement des agents de l’État a été mené à bien. En outre, l’adoption de la stratégie de gestion des finances publiques (GFP) a permis de lancer la dynamique de mise en œuvre du calendrier de réforme de la GFP.

Les entretiens de politique générale ont surtout porté sur le programme budgétaire révisé et sur la nécessité de maintenir la stabilité macroéconomique et de relancer la croissance dans un environnement économique difficile. La mission a partagé la préoccupation des Autorités quant aux répercussions de la crise économique mondiale sur l’économie burundaise. La crise a d’ores et déjà eu un impact négatif sur les recettes budgétaires au premier trimestre 2009, ce qui devrait entraîner un manque à gagner sur l’ensemble de l’année. Un appui budgétaire supplémentaire de la communauté des bailleurs de fonds aiderait au maintien de la stabilité macroéconomique et à la protection des dépenses prioritaires de lutte contre la pauvreté.

La mission s’est félicitée des efforts accomplis par les Autorités pour consolider les progrès en matière de mobilisation des recettes et réaffecter les dépenses vers les secteurs prioritaires. Elle a encouragé les Autorités à renforcer les acquis en matière de gouvernance et à approfondir les réformes structurelles, notamment dans la filière café.

La mission a réaffirmé que le FMI continuera d’aider le Burundi à relever ces défis. Le Conseil d'administration du FMI devrait examiner le rapport des services sur la deuxième revue du programme appuyé par la FRPC en juillet 2009. La mission tient à remercier les Autorités pour leur chaleureuse hospitalité et leur esprit de coopération étroite et constructive.»



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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