Déclaration de la mission des services du FMI au Burkina Faso

Communiqué de presse No. 09/349
2 octobre, 2009

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) conduite par Mme. Malangu Kabedi-Mbuyi a séjourné à Ouagadougou du 17 septembre au 2 octobre 2009 pour mener la cinquième revue du programme économique et financier des autorités qui est soutenu par le FMI au titre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC), et conduire des discussions au titre de l’Article IV des statuts du FMI. 1 La mission a eu des discussions avec M. Lucien Bembamba, Ministre de l’Économie et des Finances, ainsi qu’avec d’autres membres du gouvernement, M. Bolo Sanou, le Directeur National de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), et d’autres hauts cadres. L’équipe a aussi rencontré des représentants des syndicats, des organisations non gouvernementales, le secteur privé, les partenaires au développement, les banques, et la presse.

Mme. Malangu Kabedi-Mbuyi, Chef de mission du FMI pour le Burkina Faso, a fait la déclaration suivante à Ouagadougou le 2 octobre, 2009:

“En 2008-09, l’activité économique était négativement affectée par la crise alimentaire et énergétique, la crise économique internationale et la baisse de la demande du coton qui s’en est suivie, et les pluies diluviennes qui ont occasionné des inondations importantes à Ouagadougou et dans d’autres villes en septembre 2009. Après une hausse de 5,2 % en 2008 soutenu par les secteurs agricoles et miniers, on s’attend à ce que la croissance du produit intérieur brut (PIB) décélère à 3,1 percent in 2009. Les pressions inflationnistes ont diminué, en relation avec la baisse des prix internationaux des produits alimentaires et grâce à une bonne récolte. À fin aout 2009, le taux d’inflation moyen, sur les douze mois précédents s’est établi à 8% comparé à 10,7% en 2008. Le déficit du compte courant extérieur (y compris les transferts officiels) devrait s’améliorer pour atteindre 9,1% du PIB en 2009, par rapport à un niveau de 11,9%, essentiellement grâce à l’augmentation des exportations d’or.

“Les chocs exogènes qui ont affecté le Burkina Faso ont une forte pression sur le budget de l’État. Dans le cadre de la loi de finances rectificative pour 2009, les autorités ont adopté un certain nombre de mesures pour soutenir la demande interne, renforcer les filets de protection sociale, répondre aux besoins humanitaires d’urgence pour quelques 170.000 personnes déplacés par les inondations, et pour réhabiliter les infrastructures détruites ou lourdement endommagées par les inondations. Par conséquent, le déficit budgétaire global (dons non compris) est projeté à 6,7% du PIB en 2009, en augmentation par rapport à 4,4% en 2008; et 1,6% points de pourcentage du PIB au delà de l’objectif du programme initiale. La mission trouve que ces mesures de soutien pour 2009 sont appropriées pour atténuer l’impact de la crise économique internationale et des inondations. Elle soutient aussi le plan des autorités d’introduire un certain degré de soutien pour 2010, en même temps que la reprise économique s’installe au niveau international. Cependant, une certaine amélioration de la situation globale des finances publiques est attendue, avec le déficit budgétaire global (dons non compris) baissant à 5,3% du PIB. Sur cette base, la croissance réelle devrait se redresser autour de 4,2% en 2010, et l’inflation devrait rester faible.

“Dans le moyen terme, le Burkina Faso devra relever les défis de développement parmi lesquelles il y a la diversification de la base de production afin de réduire la dépendance vis-à-vis du coton, l’amélioration de la compétitivité, et le renforcement du secteur financier. Des progrès dans ces domaines, conjugué à l’effet des investissements plus élevés en infrastructure et dans le secteur minier devrait aussi améliorer les perspectives de croissance.

“En dépit d’un environnement difficile en 2009, la mise en œuvre du programme soutenu par la FRPC était globalement satisfaisante. L’objectif du déficit budgétaire à fin juin était atteint

principalement grâce à un niveau plus faible que prévu des dépenses en capital. Cependant, l’objectif indicatif de recettes était légèrement en deçà du niveau attendu, à cause de l’impact de la crise économique internationale sur l’économie, et les dépenses de réduction de la pauvreté étaient aussi plus basses que prévu. Des progrès ont été réalisés dans la mise en œuvre des reformes structurelles, notamment au niveau des finances publiques. Ainsi, une stratégie de réforme fiscale a été préparée, et un système plus performant pour le suivi de dépenses de pauvreté a été mis en place. Il y a eu aussi des progrès dans la préparation d’une stratégie pour le secteur financier, et d’un plan d’action pour la restructuration de la plus grande société d’égrainage de coton, SOFITEX.

“Les autorités entendent poursuivre le dialogue avec le FMI dans le cadre de la réforme mise en place par l’Institution pour mieux adapter ses instruments aux besoins de ses pays membres et mieux soutenir les efforts des pays à faible revenu. Dans le cadre de ce dialogue, un accent particulier continuera à être mis sur les mesures nécessaires pour soutenir la reprise économique afin de poser les bases d’une croissance plus soutenue et une réduction durable de la pauvreté à moyen terme.

“La mission voudrait remercier les autorités pour leur chaleureuse hospitalité à son endroit, et le caractère constructif des échanges durant son séjour à Ouagadougou. ʺ


1 Dans le cadre de l’Article IV des statuts du FMI, ce dernier conduit des discussions bilatérales avec ses pays membres, normalement chaque année. Une équipe du FMI se rend dans le pays, rassemble les informations économiques et financières, et discute avec les autorités de la situation et des politiques économiques. De retour au siège, l’équipe prépare un rapport, qui servira de base à la discussion du Conseil d’administration. À la conclusion de la discussion, le Directeur général, en tant que Président du Conseil, résume les vues exprimées par les administrateurs, et ce résumé est transmis aux autorités du pays.



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