Déclaration de la mission des services du FMI au Togo

Communiqué de presse n° 09/49 (F)
25 février 2009

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a rendu publique la déclaration suivante à Lomé:

« Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Marshall Mills a séjourné à Lomé du 11 au 25 février 2009 en vue des discussions dans le cadre des consultations au titre de l'Article IV pour l'année 2009 et de la deuxième revue du programme du gouvernement appuyé par un accord conclu au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) 1. La mission a rencontré le Chef de l'État, M. Faure Gnassingbé, le Président de l'Assemblée nationale, M. Abass Bonfoh , le Premier Ministre, M. Gilbert Houngbo, le Ministre des Finances, M. Adji O. Ayassor, le Directeur national de la BCEAO, M. Komlan V. Adjohoto, ainsi que d'autres membres du gouvernement et hauts responsables de la Banque centrale (BCEAO). La mission a eu des entretiens constructifs avec les représentants de la société civile, du secteur privé et des bailleurs de fonds.

« En 2008, l'économie togolaise a subi l'impact de la flambée des prix mondiaux des denrées alimentaires et des produits pétroliers et des graves inondations qui ont endommagé les infrastructures routières, détruit la production vivrière et paralysé le commerce. Par conséquent, on ne table que sur une, croissance économique de l'ordre de1,1 %, malgré des signes d'un retour de la confiance avec la mise en œuvre du programme de relance du gouvernement. Ces perturbations économiques ont entraîné une hausse de l'inflation en milieu d'année, bien qu'elle ait baissé vers la fin de l'année. La situation des finances publiques s'est nettement améliorée, grâce à un effort de recouvrement des recettes plus important que prévu, même si les dépenses d'investissement tant nécessaires n'ont pas atteint les niveaux visés en raison des contraintes liées aux capacités administratives. Avec le concours des partenaires au développement, les autorités ont élaboré un plan d'action pour lever les goulots d'étranglement en vue d'accélérer l'exécution des projets d'investissement, tout en maintenant des contrôles appropriés. Elles ont également exprimé leur détermination à remplir les conditions nécessaires pour atteindre en 2010 le point d'achèvement en vue de l'obtention de l'allègement de la dette prévu dans le cadre de l'initiative PPTE. Les autorités ont en outre souligné que la réalisation de progrès dans ces domaines serait indispensable pour favoriser une croissance forte et soutenue et faire reculer la pauvreté. Le Fonds est disposé à soutenir les autorités dans leur détermination à mettre en œuvre leur programme de réforme.

« La performance dans le cadre du programme soutenu par la FRPC a été très satisfaisante. Tous les repères quantitatifs et les critères de réalisation liés aux politiques budgétaires du gouvernement ont été largement observés. Le gouvernement a accompli des progrès notables dans la mise en œuvre des réformes structurelles visant à renforcer la gestion des finances publiques, restaurer la santé du secteur bancaire et réformer les entreprises publiques afin de soutenir la croissance.

« En 2009, la croissance devrait être modeste (environ 1,7 %) car les effets du ralentissement de l'économie mondiale seront amortis par l'impact positif du programme économique du gouvernement. Dans le cadre du programme du gouvernement, l'activité économique sera tirée par un accroissement des dépenses d'investissement publiques, qui seront financées en grande partie par une aide extérieure accrue. Il est prévu une reprise de la production vivrière suite aux dommages causés par les inondations survenues l'année dernière, notamment grâce aux efforts déployés par le gouvernement pour stimuler la production par des subventions ciblées pour l'achat d'intrants. En outre, les réformes structurelles en cours, notamment dans le secteur financier, devraient favoriser la croissance. Par ailleurs, la crise financière mondiale entraînera probablement une baisse des recettes d'exportation du phosphate et du coton, et des transferts des migrants. L'inflation devrait se situer dans la limite de 3 % fixé au niveau régional.

« L'équipe du Fonds voudrait remercier les autorités togolaises pour l'esprit d'ouverture et de dialogue constructif qui a prévalu lors de la mission ».


1 La FRPC est le mécanisme de prêts à taux concessionnels du FMI en faveur des pays à faible revenu. Les programmes soutenus par la FRPC sont basés sur des stratégies de réduction de la pauvreté propres aux pays, adoptées à la suite d'un processus participatif impliquant la société civile et les partenaires au développement et présentée dans le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté. Cette démarche a pour but d'assurer que les programmes soutenus par la FRPC s'inscrivent dans un cadre global de politiques macroéconomiques, structurelles et sociales destiné à favoriser la croissance et à réduire la pauvreté. Les prêts octroyés dans le cadre de la FRPC ont un taux d'intérêt annuel de 0,5 % et un délai de remboursement de plus de 10 ans, assorti d'un différé d'amortissement de 5 ans et demi pour le remboursement du principal.


DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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