Déclaration de la mission du FMI aux Comores

Communiqué de presse n° 09/78
17 Mars 2009

Une équipe des services du Fonds Monétaire International (FMI) conduite par M. Mbuyamu Matungulu a séjourné en Union des Comores du 7 au 17 mars 2009 afin de passer en revue les résultats enregistrés dans le cadre du programme appuyé par les ressources du FMI au titre de l’Assistance d’Urgence Post-Conflit (AUPC) et d’évaluer les perspectives de négociations d’un nouvel accord au titre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC)1.

Au terme de la mission, M. Matungulu, Chef de mission du FMI pour l’Union des Comores, a rendu publique la déclaration suivante aujourd’hui à Moroni :

« La mission a rencontré le Président de l’Union des Comores, SEM Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, les Présidents des trois entités insulaires, le Ministre des Finances de l’Union, le Vice-gouverneur de la Banque centrale des Comores, les Ministres des Finances des trois gouvernements insulaires, ainsi que des représentants du secteur privé, de la société civile et de la communauté des bailleurs de fonds.

« Sur fond de détérioration de la conjoncture économique mondiale, le taux de croissance du PIB réel n’a que modestement progressé pour atteindre 1 % en 2008, comparé à 0,5 % en 2007, alimenté par l’agriculture de subsistance, les travaux publics financés par les bailleurs de fonds et l’activité de construction du secteur privé. L’inflation moyenne a été contenue à 5 %. La poussée des importations, en partie attribuable au niveau élevé des prix énergétiques, a eu pour effet de creuser le déficit extérieur courant à 9,4 % du PIB, contre 6,7 % en 2007, malgré l’augmentation substantielle des fonds envoyés par les travailleurs résidant à l’étranger.

« Les autorités ont légèrement dépassé leur objectif de recettes pour 2008 et amélioré le contrôle de la masse salariale. Cependant, le déficit budgétaire primaire de base s’est creusé à 2,7 % du PIB à cause notamment d’une facture énergétique en forte augmentation et des dépenses ponctuelles de sécurité liées à l’opération militaire d’Anjouan. Du fait de retards administratifs, les décaissements de l’aide extérieure n’ont pas atteint l’objectif fixé par le programme et par voie de conséquence les arriérés intérieurs et extérieurs nets cumulés ont atteint 1,7 % du PIB, contre un objectif de 0,5 % du PIB.

«D’importantes mesures ont été engagées dans le cadre du programme de réformes structurelles, dont le fonctionnement normal du comité budgétaire et l’institution d’un mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants — aucun ajustement n’a cependant été opéré depuis novembre dans un contexte de repli des cours mondiaux du pétrole. Par ailleurs, ainsi que le prévoit le programme, les autorités ont entrepris d’informatiser le fichier de la solde de la fonction publique et elles s’emploient à étendre la réforme à toutes les instances de la fonction publique régionale.

«Les perspectives à court terme sont celles du maintien d’une activité économique timide en 2009, avec un taux de croissance du PIB réel qui ne dépassera vraisemblablement pas 1 %. La mission a encouragé les autorités à adhérer strictement à la loi de finances de 2009, qu’elle a passée en revue et qui est conforme aux objectifs macroéconomiques à moyen terme tels que les définit le programme appuyé par l’AUPC.

«De bons résultats dans le cadre du programme à fin mars 2009 permettraient d’ouvrir la voie à des discussions sur un accord triennal au titre de la FRPC. Les Comores se rapprocheraient ainsi de l’admissibilité à un allégement de la dette dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés et de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale. Les autorités reconnaissent que la mise en œuvre d’un programme FRPC exigera des progrès substantiels dans la correction des principales faiblesses liées à la gestion des dépenses publiques et de la situation des arriérés de paiement extérieurs du pays. Dans le même ordre d’idées, des assurances suffisantes devront être fournies pour combler l’écart de financement du budget en 2009. Les autorités se sont engagées à accélérer les démarches nécessaires auprès de partenaires au développement concernés.

«Des risques sérieux continuent de peser sur l’économie comorienne. Dans une conjoncture mondiale difficile, des mesures décisives s’imposent pour préserver les récents acquis de réconciliation politique nationale et de renforcement des capacités. Cela est essentiel pour dégager un vaste consensus sur les réformes vitales propres à engager l’économie sur la voie d’une croissance forte et soutenue. Par ailleurs, pour atteindre leurs objectifs budgétaires les autorités devront faire preuve de vigilance dans la maîtrise des dépenses et mener une action résolue de mobilisation des recettes. La mission a ainsi souligné combien il était nécessaire de maintenir le respect du mécanisme de partage des recettes.

«La mission tient à exprimer sa reconnaissance aux autorités des Comores pour leur hospitalité et pour la franchise et l’esprit d’ouverture qui ont animé les discussions ».

1 Le FMI offre une aide d’urgence aux pays membres touchés par une catastrophe naturelle ou un conflit armé. Cette aide prend la forme de prêts aux conditions du CRG, c’est-à-dire au taux de commission normal du CRG, assortis d’un différé d’amortissement de 3¼ ans et d’une échéance de 5 ans. Pour les pays admissibles à la FRPC, le taux d’intérêt annuel est bonifié et ainsi ramené à un taux annuel de 0,5 % dans la limite des ressources apportées par les pays membres. Cette bonification est fournie depuis mai 2001dans le cas de l’AUPC, et depuis janvier 2005 dans celui de l’aide aux pays ayant subi une catastrophe naturelle.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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