Selon Dominique Strauss-Kahn, l’Asie peut ouvrir la voie à la transformation de l’économie mondiale

Communiqué de presse n° 10/10
Le 20 janvier 2010

L’Asie a impulsé la reprise de l’économie mondiale et, vu son dynamisme, elle pourrait jouer un rôle encore plus important durant les années à venir, a déclaré à Hong Kong le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, lors du Forum financier asiatique. «Le moment est venu pour l’Asie de contribuer davantage à dessiner les contours de l’économie mondiale de l’après-crise, a-t-il ajouté. Ce pourrait être un tournant historique pour la région, une vraie transformation».

M. Strauss-Kahn a précisé que pour entretenir sa croissance vigoureuse, l’Asie — comme le reste du monde — devra s’adapter aux nouvelles exigences de l’après-crise. De nombreux pays d’Asie, a-t-il rappelé, ont entrepris sans tarder de «définir les pièces maîtresses d’un nouveau modèle capable d’assurer une croissance soutenue». Ils ont notamment pris conscience que la croissance des exportations avait ses limites et que, par conséquent, la demande intérieure et régionale était appelée à jouer un rôle grandissant comme moteur de la croissance en Asie.

«Cela ne signifie pas que l’Asie doive se replier sur elle-même. Loin de là. Il s’agit plutôt de dynamiser la demande intérieure et de doper les échanges intra-régionaux. Cette redéfinition du modèle de croissance de l’Asie va non seulement dans son propre intérêt, car elle deviendra ainsi moins tributaire de la demande des autres régions, mais aussi dans celui de toute la planète», a-t-il ajouté.

M. Strauss-Kahn a formulé ses remarques sur l’Asie dans le contexte des redoutables défis économiques que doit affronter le monde, en précisant que «2010 va être une année décisive, la première année où les pays pourront porter leur regard sur le plus long terme». Pour construire une économie mondiale plus forte et une croissance plus durable, il faudra, selon lui, agir sur trois fronts :

• Entretenir l’élan de la réforme dans le secteur financier, notamment en misant sur une réglementation et une supervision plus fortes, mais aussi plus avisées. «Nous ne pouvons pas revenir aux habitudes du passé», a-t-il déclaré.

• Définir de nouvelles sources de croissance capables d’insuffler une nouvelle vigueur à la demande privée. M. Strauss-Kahn a souligné qu’il fallait réformer les marchés du travail et des produits afin de rehausser la productivité, et précisé que «les initiatives destinées à développer l’économie verte peuvent également contribuer à ce travail de restructuration».

• Renforcer la collaboration des gouvernements à l’échelle internationale. M. Strauss-Kahn a rappelé que le «cadre d’évaluation réciproque» du G-20 constitue un pas important dans la bonne direction. Ce processus vise à faire en sorte que, pour assurer une croissance forte, stable et durable, les grandes économies se rendent mutuellement des comptes. «Le FMI met son travail d’analyse au service de cette approche novatrice de la coopération multilatérale, a-t-il précisé, et je suis persuadé que ce nouveau dispositif peut être l’une des clés de la transformation de l’économie mondiale en 2010 et pendant les années à venir».

M. Strauss-Kahn a rappelé que le FMI avait beaucoup changé ces deux dernières années, afin de riposter plus rapidement à la crise, en réformant ses instruments de prêt, en allégeant la conditionnalité et en améliorant sa gouvernance. Il a promis d’autres changements pour 2010, notamment «une réflexion sur une réforme fondamentale de notre mission —attachant une plus grande importance aux risques systémiques et non simplement aux risques propres à chaque pays, surtout en ce qui a trait au secteur financier; et la mise au point d’instruments de financement qui donneront l’assurance nécessaire pour affronter les crises modernes».

Le Directeur général a jouté que l’Asie jouait aussi un rôle grandissant au sein du FMI, sa quote-part et sa représentation étant plus conformes à la place qu’elle occupe au sein de l’économie mondiale.

«À mesure que sa puissance économique s’affermit, l’Asie a d’autant plus intérêt à promouvoir la prospérité de l’économie mondiale, a-t-il déclaré, et à l’heure où la région s’investit davantage dans le débat mondial sur les grandes questions économiques, je pense que le monde pourrait mettre largement à profit ses idées et son expérience. Nous avons tous beaucoup à apprendre de l’Asie».

M. Strauss-Kahn a indiqué que, dans cette optique, le FMI allait organiser en juillet 2010 à Séoul avec le gouvernement coréen une conférence de haut niveau sur le dynamisme économique de l’Asie.



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