Le FMI renforce son arsenal de prévention des crises

Communiqué de presse n° 10/321 (F)
Le 30 août 2010

Le Fonds monétaire international (FMI) a aujourd’hui élargi et renforcé son dispositif de prêts pour contribuer à prévenir les crises financières. Dans le cadre des efforts qu’il déploie pour parfaire les instruments de prévention, le Conseil d’administration a décidé d’accroître la durée et les montants de la Ligne de crédit modulable (LCM) et de mettre en place une nouvelle Ligne de crédit de précaution (LCP) à l’intention des pays membres qui mènent des politiques saines sans pour autant remplir les conditions rigoureuses qu’impose la LCM.

« Ces décisions renforcent et élargissent la palette d’instruments de prévention des crises du FMI et constituent un jalon important dans le travail que nous réalisons de concert avec les pays membres pour renforcer le dispositif de sécurité financière à l’échelle mondiale. Grâce à la Ligne de crédit modulable renforcée et à la nouvelle Ligne de crédit de précaution le FMI pourra aider les pays membres à se protéger contre les excès de volatilité des marchés », a déclaré Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI.

En renforçant ses instruments de prévoyance, le FMI souhaite encourager les pays à le solliciter plus rapidement pour les aider à éviter une crise et à se protéger en cas de crise systémique. M. Strauss-Kahn a ajouté que « ce dispositif de financement consolidé récompense les pays qui mènent des politiques solides. En mettant ses lignes de crédit à la disposition d’un plus large éventail de pays, le FMI devrait contribuer à donner plus de stabilité au système monétaire international ».

Ces réformes s’inscrivent dans la perspective de la prochaine réunion du G-20, qui se tiendra à Séoul, Corée, en novembre prochain, et où le renforcement du dispositif mondial de sécurité financière sera à l’ordre du jour. Le gouvernement coréen joue un rôle de premier plan dans la promotion de ce dossier.

La LCM a été adoptée par le FMI en mars 2009 dans le cadre de la refonte de son dispositif de prêts. Elle est destinée aux pays membres dont les fondamentaux sont très solides, qui mènent des politiques saines et présentent de bons antécédents. Ceux-ci peuvent ainsi tirer sur la ligne de crédit une fois approuvée ou la traiter comme instrument de précaution, sans être contraints de mener une politique particulière dans l’un ou l’autre cas (voir Communiqué de presse No. 09/85). Le Conseil d’administration vient d’apporter les améliorations suivantes :

• Doublement de la durée de la ligne de crédit (les accords au titre de la LCM peuvent désormais être approuvés pour un an, ou deux ans avec une revue intermédiaire d’admissibilité au bout d’un an; alors que jusqu’à présent ils ne l’étaient que pour six mois, voire un an avec un réexamen de l’admissibilité au bout de six mois);

• Suppression du plafonnement implicite de 1000 % de la quote-part du pays membre, les décisions d’accès aux ressources étant basées sur les besoins en financement du pays ; et  

• Renforcement des procédures en exigeant que le Conseil intervienne tôt dans l’évaluation du niveau d’accès envisagé et de son incidence sur les liquidités du FMI.

Par rapport à la LCM, la nouvelle LCP est mise à la disposition d’un plus large éventail de pays membres. Dans la pratique, l’admissibilité à la LCP se fonde sur cinq grands critères : i) la situation extérieure et l’accès aux marchés, ii) la politique budgétaire, iii) la politique monétaire, iv) le contrôle et la solidité du secteur financier, et v) l’adéquation des données. Tout en exigeant une bonne performance pour la plupart de ces critères, le FMI met cette formule de précaution à la disposition des pays même s’ils accusent des vulnérabilités modérées dans l’un ou deux de ces domaines. La LCP présente les caractéristiques suivantes :

• Conditions ex post allégées visant à réduire les vulnérabilités économiques décelées durant le processus d’admissibilité, les progrès étant suivis au moyen de revues semestrielles.

• Accès immédiat à concurrence de 500 % de la quote-part dès l’approbation de l’accord et, au total, de 1000 % de la quote-part au bout de 12 mois.

Outre ces réformes, le FMI a récemment apporté d’autres aménagements à sa panoplie de concours, en revoyant notamment en profondeur les mécanismes mis à la disposition des pays à faible revenu en juillet 2009 (voir Communiqué de presse No. 09/268).

Le FMI poursuit ses travaux pour être en mesure de réagir rapidement et efficacement aux ondes de choc systémiques qui, en provoquant des réactions en chaîne et des effets de contagion, risquent de menacer gravement la stabilité économique mondiale. Le Conseil d’administration a ainsi engagé un débat préliminaire sur plusieurs options concernant un Mécanisme de stabilisation mondiale qui permettrait au FMI de mobiliser de façon plus dynamique les liquidités en faveur des pays membres risquant de subir les contrecoups d’un choc systémique, en agissant de concert avec des instances bilatérales ou régionales. Ces options continueront d’être examinées pendant la période à venir.



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