Déclaration des services du FMI au terme d’une visite en République démocratique du Congo

Communiqué de presse n° 10/345
Le 16 septembre 2010

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné à Kinshasa du 6 au 16 septembre 2010 pour dresser un bilan des progrès enregistrés par les autorités et débattre avec elles des politiques économiques dans le cadre de la deuxième revue de l’accord conclu au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC)1 (voir Communiqué de presse No. 09/455). La mission, dirigée par M. Robert York, a rencontré le Premier Ministre, M. Adolphe Muzito, le Ministre du Budget, M. Jean-Baptiste Ntahwa, le Ministre des Hydrocarbures, M. Célestin Mbuyu, le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, M. Jean-Claude Masangu, et d’autres hauts responsables du gouvernement. Les entretiens se sont centrés sur l’évolution récente de la situation économique, la mise en œuvre des politiques dans le cadre de l’accord FEC, le budget de 2011 et les réformes structurelles prioritaires requises pour entretenir une croissance élevée et une faible inflation et améliorer le climat des affaires

Malgré la difficile conjoncture économique mondiale de ces dernières années et la fragilité de la situation sécuritaire, les perspectives macroéconomiques se sont sensiblement améliorées — tout au moins pour le court terme. La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel devrait être d’environ 6 % pour 2010 et l’inflation se situe actuellement à 7½ %, soit de meilleurs niveaux que l’an dernier; le budget se maintient sur la bonne voie et les concours de la banque centrale ont été réduits; enfin, le secteur extérieur se montre plus solide qu’en 2009 grâce à la vigueur de l’activité minière et à l’allégement obtenu dans le cadre de l’Initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés et de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (voir Communiqué de presse No. 10/274).

Pour la période à venir, les grandes lignes des politiques économiques doivent être maintenues. De manière plus précise, le budget de 2011 devrait aligner l’enveloppe de dépenses sur les recettes intérieures escomptées et les financements extérieurs disponibles, afin d’éviter les concours de la banque centrale. Les échanges ont également traité des risques qui pèsent sur le programme des autorités, dont un essoufflement de la reprise de l’économie mondiale qui pourrait nuire aux perspectives de croissance ; une perte de la maîtrise budgétaire provoquée par les soucis sécuritaires et des dérapages à la veille des élections présidentielles et législatives de l’an prochain et qui risquerait de déstabiliser l’économie ; et des faiblesses persistantes dans le climat des affaires et la gouvernance pouvant entraîner une diminution des financements et des investissements directs étrangers et brider le développement du secteur privé.

À partir de ces échanges, les services du FMI entendent travailler en étroite collaboration avec les autorités durant les semaines à venir, en consultation avec leurs partenaires au développement et la Banque mondiale, afin de maintenir le cap des réformes dans plusieurs domaines, voire de les accélérer. Parmi ces domaines figurent la gestion des finances publiques, le secteur financier, l’indépendance et l’efficacité de la banque centrale et les industries extractives. Dans ces industries l’objectif consiste à adopter un cadre d’action et des mesures propres à dynamiser l’environnement des affaires et à promouvoir la gouvernance et la transparence, atouts importants pour améliorer les perspectives d’une croissance tirée par les exportations.

Les services du FMI se sont dits prêts à appuyer l’achèvement de la deuxième revue programmée pour la fin décembre 2010 pour autant que les résultats continuent d’être satisfaisants et qu’il existe un accord sur les politiques et réformes à venir. De fait, si les autorités parvenaient à accélérer les principales réformes structurelles, la revue pourrait être achevée plus tôt.


1 La Facilité élargie de crédit (FEC), qui a remplacé la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des niveaux d'accès plus élevés aux financements, des modalités de concours plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance finale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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