Déclaration de la Mission des services du FMI au Sénégal

Communiqué de presse n° 10/368
le 30 septembre 2010

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné au Sénégal du 15 au 29 septembre 2010 pour effectuer la sixième revue de l’accord au titre de l’Instrument de soutien à la politique économique (ISPE) et mener des entretiens avec les autorités sur le programme économique du Sénégal qui pourrait être appuyé par un nouvel accord triennal au titre de l’ISPE. La mission a été reçue par le Premier Ministre et les ministres en charge de l’économie et des finances, la coopération internationale et les infrastructures, l’Énergie, et le budget ainsi que d’autres responsables gouvernementaux. Elle a également rencontré des représentants du secteur privé et des partenaires au développement. L’accord conclu par le Sénégal dans le cadre de l’Instrument de soutien à la politique économique arrive à échéance cette année.

La mission a publié la déclaration suivante à l’issue de son séjour à Dakar :

«Les résultats économiques enregistrés jusqu’à la fin septembre 2010 ont été globalement satisfaisants. Les indicateurs mensuels signalent la poursuite de la reprise économique qui semble plus forte que celle anticipée lors de la précédente revue. La croissance est projetée à 4 % en 2010 et 4,4 % en 2011. Des risques persistent toutefois, dont une croissance mondiale plus faible, la hausse des prix pétroliers et la poursuite de problèmes d’approvisionnement en électricité. En revanche, une évolution extérieure plus favorable que prévu et la poursuite des réformes structurelles pourraient stimuler la croissance. L’inflation devrait demeurer inférieure à 2 %.

L’actuel programme ISPE se maintient globalement sur la bonne voie. À fin juin, l’objectif de déficit avait été atteint et les instances de paiement se situaient sous le plafond visé par le programme. Les recettes ont dépassé le niveau programmé et au total, les dépenses ont été jusqu’à présent maîtrisées. Au plan structurel, l’application des réformes de la gestion des finances publiques progresse globalement selon les engagements inscrits au programme.

Les discussions sur un programme économique qui pourrait être appuyé par l’ISPE ont bien progressé. Il a été convenu que l'augmentation de la croissance tendancielle serait une priorité essentielle. Plusieurs grands axes pourraient être définis dans un nouvel ISPE, dont les suivants : i) maintien de la stabilité macroéconomique, soutenue par une politique budgétaire saine et l’amélioration de la qualité des dépenses; ii) accroissement des recettes publiques pour créer davantage d’espace dans le budget pour les dépenses prioritaires y compris une augmentation des investissements publics en infrastructure, en s’appuyant sur une meilleure planification des investissements et une gestion plus rigoureuse de la dette; iii) consolidation des progrès de gestion des finances publiques en renforçant la crédibilité et l’exécution budgétaires et en évitant l’accumulation de nouveaux retards de paiement; iv) poursuite des vastes réformes structurelles pour améliorer le climat des affaires, la gouvernance et l’efficacité des secteurs énergétique et financier.

Le déficit du budget 2011 devrait être maintenu en-dessous de 4.5 % du PIB, abstraction faite de nouveaux grands investissements en infrastructure dont les plans d’exécution et les options de financement sont en cours d’examen. Les pressions à la dépense qui sont connues doivent être répercutées de manière réaliste et transparente dans le budget 2011. Les difficultés du secteur de l’électricité qui continuent de peser sur le budget et la croissance doivent être traitées avec promptitude en étroite coopération avec les partenaires au développement.

La mission a souligné qu’il importe d’établir soigneusement l’ordre de priorité des nouveaux investissements publics en infrastructure, en veillant à ce qu’ils aient un taux de rendement élevé et soient conformes à la stratégie globale de développement. Les nouveaux projets d’investissements en infrastructure devront être intégrés de manière transparente au cadre budgétaire et devront également avoir un effet d’entraînement sur l’investissement privé. Il importera par ailleurs d’aborder avec prudence les emprunts extérieurs non concessionnels pour financer les investissements en infrastructure afin de préserver la stabilité macroéconomique du Sénégal.

Les discussions sur un nouveau programme ISPE continueront dans les prochaines semaines Il est prévu que le Conseil d’administration du FMI examine la revue de l’ISPE avant la fin 2010».



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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