Le Conseil d’administration du FMI achève la dernière revue de l’Instrument de soutien à la politique économique (ISPE) conclu avec le Sénégal et approuve un nouveau programme triennal au titre de l’ISPE

Communiqué de presse n° 10/469
Le 3 décembre 2010

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé aujourd’hui, la sixième et dernière revue du programme au titre de l’Instrument de soutien à la politique économique du Sénégal et approuvé un nouveau programme triennal à ce titre. À cet effet, le Conseil d’administration a abrogé l’ISPE en vigueur, devant expirer le 22 décembre 2010. Le cadre qui régit l’ISPE est conçu pour les pays à faible revenu qui peuvent se passer de l’assistance financière du FMI mais qui requièrent toujours ses conseils, sa surveillance et son aval à leur cadre de politique économique et financière. Les programmes conclus au titre de l’ISPE reposent sur les stratégies de réduction de la pauvreté adoptés par les pays eux-mêmes au terme d’un processus participatifs incluant la société civile et les partenaires techniques et financiers. (voir Note d’information au public no 05/145).

Le programme des autorités vise à jeter les bases d’une croissance forte, saine et durable, afin de faire du Sénégal une économie de marché émergente. Ce programme poursuivra les progrès réalisés dans le cadre du précédent programme appuyé par l’ISPE parallèlement au maintien de la discipline macroéconomique et à l’affermissement de la croissance économique.

À l’issue de l’examen du dossier du Sénégal par le Conseil, M. John Lipsky, Directeur général adjoint et président par intérim a fait la déclaration suivante :

« Il convient de féliciter les autorités sénégalaises pour la mise en œuvre satisfaisante de leur programme économique appuyé par l’Instrument de soutien à la politique économique (ISPE). La croissance économique s’est redressée en 2010 et devrait se renforcer davantage encore en 2011. Des progrès considérables ont été enregistrés en matière de politiques et les autorités sont déterminées à poursuivre les réformes destinées à relever les défis de taille qui subsistent.

Les mesures envisagées dans le cadre du prochain programme ISPE sont axées sur l’accélération de la croissance économique et le renforcement de la résistance aux chocs, afin d’aider le Sénégal à atteindre ses objectifs de développement et de réduction de la pauvreté. Le maintien de la stabilité macroéconomique sera assuré par la mise en œuvre d’une politique budgétaire saine. Les mesures destinées à accroître les recettes publiques et à améliorer la qualité de la dépense permettront de créer la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour financer davantage de dépenses prioritaires, notamment l’investissement dans les infrastructures. Pour couvrir le supplément de dépenses d’infrastructure, une augmentation temporaire du déficit budgétaire sera possible, mais il devra être réduit à moyen terme pour contenir le risque de surendettement à un bas niveau.

Les réformes structurelles clés inscrites au programme visent notamment à consolider les acquis de la gestion des finances publiques et à renforcer la planification de l’investissement public et de la gestion de la dette. Pour tirer pleinement parti du surcroît d’investissements et libérer le potentiel de croissance économique, le programme prévoit aussi de veiller à l’amélioration du climat des affaires, de promouvoir une meilleure gouvernance et l’efficience du secteur de l’énergie et du secteur financier. Ces réformes contribueront à l’élimination des principaux goulets d’étranglement qui entravent la croissance et à l’instauration d’un climat propice aux affaires et au développement de l’initiative privée» à ajouté M. Lipsky.

ANNEXE

Évolution économique récente

La croissance économique du Sénégal a été ralentie ces dernières années par les chocs des prix alimentaires et pétroliers, et par la crise financière mondiale. Les indicateurs signalent une dynamique de reprise économique qui semble se renforcer. D’après les projections, la croissance du PIB réel devrait être portée à 4 % en 2010 puis 4,4 % en 2011 après être ressortie à 2,7 % en moyenne en 2008 et 2009. Pour la première fois depuis plus d’un an, l’inflation est devenue positive en juin 2010, essentiellement en raison de la hausse des prix des produits alimentaires. Le déficit budgétaire global devrait atteindre 4,8 % du PIB en 2010, soit un niveau globalement conforme à l’objectif budgétaire. L’impact de la crise financière mondiale sur les envois de fonds et l’investissement direct étranger (IDE) a été moins prononcé que prévu initialement. Le déficit extérieur courant devrait peu évoluer en 2010, selon les projections, et se maintenir autour de 8 % du PIB.

Compte tenu des progrès des résultats macroéconomiques et sociaux observés depuis le milieu des années 1990, le principal défi à venir pour le Sénégal, sera de réaliser une croissance forte pour faire reculer davantage la pauvreté et progresser vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Au cours des 15 dernières années, la croissance annuelle du PIB réel par habitant au Sénégal a été de plus de 2 % inférieure à celle des pays d’Afrique subsaharienne non exportateurs de pétrole qui affichent les meilleurs résultats de croissance. Le Sénégal accuse du retard par rapport à ces pays dans divers domaines, notamment en matière d’infrastructure, de compétitivité hors prix et de robustesse des institutions budgétaires, ainsi que s’agissant de certains facteurs tels que la gouvernance, la qualité des institutions et le développement du marché financier.

Récapitulatif du programme

L’amplification de la croissance et le renforcement de la résistance aux chocs sont prioritaires pour assurer le succès du programme au titre de l’ISPE. Pour atteindre ces objectifs, les politiques envisagées par les autorités dans le cadre du programme économique appuyé par l’ISPE visent à :

i) Maintenir la stabilité macroéconomiques, adossée à une politique budgétaire saine et à des améliorations tangibles de la gestion de la dette;

ii) Accroître les recettes publiques afin de créer une marge de manœuvre budgétaire accrue pour couvrir les dépenses prioritaires, notamment plus d’investissement public dans l’infrastructure de pair avec une meilleure planification de l’investissement et l’amélioration de la qualité des dépenses;

iii) Consolider les progrès dans la Gestion des Finances Publiques en améliorant la crédibilité et l’exécution budgétaires, et en évitant d’accumuler de nouveaux retards de paiements;

iv) Poursuivre les réformes structurelles propres à améliorer le climat des affaires, la gouvernance, et à accroître l’efficience du secteur de l’énergie et du secteur financier.

Les réformes pourraient entraîner une hausse de la croissance tendancielle plus forte que prévu, à l’heure actuelle, pour autant que les réformes complémentaires mises en œuvre aboutissent à des synergies.


Sénégal — Principaux indicateurs économiques

 
  2006 2007 2008 2009 2010
        Est. Proj.
 

Revenu national et prix (variation en %)

         

PIB en prix constants

2,4 5,0 3,2 2,2 4,0

Inflation (moyenne)

2,1 5,9 5,8 -1,7 0,8

Secteur extérieur

         

Solde extérieur courant (pourcentage du PIB)

-9,5 -11,8 -14,3 -7,7 -8,2

Exportations (francs CFA, variation en %)

0,1 -3,7 23,0 -9,6 9,9

Importations (francs CFA, variation en %)

9,6 19,5 25,8 -18,2 6,3

Taux de change effectif réel (variation en %)

-0,2 5,3 4,4 -1,7

Masse monétaire et crédit

         

Crédit à l’économie (variation en pourcentage)

4,2 10,5 17,2 3,6 6,9

Budget de l’État (pourcentage du PIB)

         

Recettes

19,7 21,1 19,4 18,6 19,7

Dons

1,5 2,6 2,3 3,0 2,4

Dépenses totales et prêts nets

27,2 27,6 26,5 26,7 26,9

Solde global

-5,7 -3,7 -4,6 -4,9 -4,8

Dette intérieure publique

5,3 6,6 5,3 7,6 8,4

Dette extérieure publique

17,7 17,9 19,7 27,0 31,6
 

Sources : autorités sénégalaises et estimations des services du FMI.



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