Le Conseil d’administration du FMI approuve un accord élargi de 22,5 milliards d’euros en faveur de l’Irlande

Communiqué de presse n° 10/496
Le 16 décembre 2010

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé aujourd’hui en faveur de l’Irlande un accord triennal au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) à l’appui du programme d’ajustement économique et de stabilisation financière des autorités. L’accord porte sur un montant de 19,5 milliards de DTS (environ 22,5 milliards d’euros, ou 30,1 milliards de dollars EU), soit l’équivalent d’environ 2.322 % de la quote-part de l’Irlande au FMI. Cet accord constitue un élément essentiel d’un montage financier substantiel de 85 milliards d’euros (environ 113 milliards de dollars EU) fournis par les partenaires européens de l’Irlande par l’intermédiaire du mécanisme européen de stabilisation financière et du fonds européen de stabilité financière, ainsi que par le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark sous la forme de prêts bilatéraux, et l’Irlande elle-même.

Le mécanisme européen de stabilisation financière, le fonds européen de stabilité financière et les prêteurs bilatéraux européens fourniront 45 milliards d’euros à des échéances similaires à celles du MEDC du FMI. Les autorités irlandaises compléteront le montage en mobilisant 17,5 milliards d’euros sur leurs réserves et d’autres actifs liquides. Un apport de liquidités de la part de la Banque centrale européenne constitue aussi un élément essentiel du programme économique et financier global.

«Les autorités irlandaises ont élaboré un train de mesures ambitieuses pour mettre un terme à la crise économique que traverse le pays, a déclaré le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Il s’agit d’un programme pluriannuel ayant pour cible les facteurs de vulnérabilité du système bancaire et visant à rétablir une croissance sans laquelle il ne peut y avoir de solution durable à la crise. Les autorités ont conçu leur programme dans un souci d’équité, de manière à ce que la charge de l’ajustement économique et financier soit répartie entre toutes les couches de la société, les groupes les plus vulnérables étant les plus protégés.»

L’aide financière exceptionnelle du FMI et de l’Europe soutiendra les efforts des autorités en mettant à leur disposition suffisamment de ressources pour laisser à l’Irlande le temps de redonner confiance aux marchés, ainsi que stimuler la croissance et la création d’emplois, a noté M. Strauss-Kahn.

L’accord en faveur de l’Irlande au titre du MEDC a été approuvé dans le cadre de la politique d’accès exceptionnel aux ressources du FMI et selon la procédure accélérée prévue par le mécanisme de financement d’urgence de l’institution. En conséquence de la décision du Conseil d’administration du FMI, 5 milliards de DTS (environ 5,8 milliards d’euros) sont mis immédiatement à la disposition de l’Irlande par le FMI.

Après la décision du Conseil d’administration, M. Strauss-Kahn, qui est aussi Président du Conseil, a fait la déclaration suivante :

«L'économie irlandaise connaît une crise sans précédent dans son histoire récente. Le nouveau programme, qui s'appuie sur les efforts déployés récemment par les autorités, accélère le rythme des mesures qui s'attaquent aux problèmes de stabilité financière et budgétaire, et en élargit la portée. Un train de mesures clair et réaliste est établi dans un cadre pluriannuel en vue de remettre sur pied le système bancaire irlandais, d'assainir les finances publiques du pays et de retrouver la croissance.

«La stratégie élaborée pour le système financier repose sur deux piliers : réduction de l'effet de levier et réorganisation, et capitalisation substantielle. En outre, des mesures structurelles, telles qu'un régime spécial d'assainissement pour les établissements de dépôt et un nouveau renforcement du système de contrôle, renforceront la stabilité.

«Le Plan national de redressement (National Recovery Plan) sert de base au budget de 2011 et prévoit aussi des mesures de rééquilibrage budgétaire jusqu'à la fin de 2014. Le programme budgétaire effectue des choix pragmatiques et préserve l'importance accordée par l'Irlande à un dispositif de protection sociale. Le processus d’élaboration du budget sera réformé de manière à préserver ces gains.

«Pour retrouver une croissance vigoureuse et durable, le programme prévoit une stratégie visant à éliminer les obstacles structurels à un renforcement de la compétitivité et à la création de nouveaux emplois.

«Un montage financier de 85 milliards d'euros (environ 113 milliards de dollars EU) soutiendra cet ensemble exhaustif de mesures. L'Union européenne et des prêteurs bilatéraux européens se sont engagés à fournir un total de 45 milliards d'euros (environ 60 milliards de dollars EU). Les autorités irlandaises contribueront 17,5 milliards d'euros sur leurs réserves et d’autres actifs liquides. La contribution du FMI prendra la forme d'un prêt sur trois ans de 19,5 milliards de DTS (environ 22,5 milliards d'euros, ou 30,1 milliard de dollars EU), soit environ 2.322 % de la quote-part, au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC). L'accord prévoit un calendrier de remboursement réaliste, étant donné le temps nécessaire pour procéder à une réforme ordonnée du système bancaire et à des réformes structurelles plus générales.»

ANNEXE

Évolution économique récente

En dépit des efforts déployés par les autorités pour mener une politique économique audacieuse dans une conjoncture difficile, l’Irlande a connu de vives tensions économiques et financières ces derniers mois. C’est le secteur bancaire gravement affaibli qui est à l’origine des problèmes du pays : il n’est pas encore rétabli et se trouve au cœur d’une dynamique négative qui freine la reprise économique tout en créant de nouvelles charges qui pèsent lourdement sur les finances publiques.

Les autorités ont pris des mesures importantes pour renforcer le secteur bancaire, mais les facteurs de vulnérabilité demeurent particulièrement prononcés. L’Agence nationale de gestion d’actifs (National Asset Management Agency) prend en charge les actifs de mise en valeur de terrains et de biens immobiliers des banques; des capitaux substantiels ont été injectés, et des garanties souveraines ont cherché à rassurer les créanciers des banques. Cependant, étant donné la persistance des tensions sur les marchés, il reste difficile de répondre aux besoins élevés de refinancement, ce qui menace la solvabilité du système bancaire et pèse lourdement sur les finances de l’État. Face à ces difficultés réelles, la confiance des consommateurs intérieurs et des investisseurs internationaux diminue, ce qui a des implications pour la croissance et le coût des financements.

Sans attendre, les autorités irlandaises ont entamé un rééquilibrage budgétaire considérable en 2009–10. Cependant, les finances publiques ployaient sous le fardeau d’un déficit structurel élevé, des engagements pris pour aider les banques et d’une croissance faible. En conséquence, la dette publique devrait atteindre près de 100 % du PIB d’ici la fin de 2010. En vue de la stabiliser, le plan de rééquilibrage budgétaire des autorités inclut des mesures supplémentaires à hauteur de 15 milliards d’euros, soit l’équivalent de 9 % du PIB, sur la période 2011–14.

Le programme des autorités vise à remettre sur pied le système bancaire irlandais et à remettre d’aplomb les finances publiques du pays, en vue de faire revenir la confiance et de retrouver une croissance vigoureuse et soutenue.

Résumé du programme

Les priorités du programme des autorités sont les suivantes :

• La restructuration fondamentale du secteur bancaire entraînera une forte réduction de l’effet de levier doublée d’une réorganisation. Ce processus prendra du temps, mais il commencera immédiatement et sera systématique, pour aboutir à un système bancaire plus léger, plus robuste et mieux capitalisé, capable de répondre aux besoins de l’économie irlandaise. Pour appuyer la transition du secteur bancaire, les banques respecteront des normes de fonds propres plus exigeantes de manière à éviter autant que possible qu’elles ne soient considérées comme fragiles par les marchés et à assurer un meilleur accès au financement.

• Le Plan national de redressement (National Recovery Plan) servira de base au budget de 2011 et aux budgets suivants. Il établit un juste équilibre en prévoyant de rééquilibrer le budget pour assurer la viabilité des finances publiques, tout en atténuant les effets négatifs sur la croissance et en protégeant les couches les plus vulnérables de la population.

• Le programme s’attaquera aux obstacles structurels à la mise en place d’un environnement économique qui pourrait soutenir la compétitivité, et donc la croissance, dans les années à venir.

Pour atteindre les objectifs du programme, une stratégie aux multiples facettes sera poursuivie :

• Restructurer fondamentalement le système bancaire de manière à réduire la taille du secteur bancaire (tout en faisant en sorte que les fonds propres ne soient pas perçus comme fragiles par les marchés).

• Poursuivre le plan de rééquilibrage budgétaire pour réduire le déficit et la dette à moyen terme.

• Réformer les institutions pour que l’économie soit mieux à même d’absorber les chocs : régime spécial d’assainissement pour les banques, renforcement du contrôle et meilleure surveillance du budget.

• Opérer d’autres réformes pour rendre l’économie plus efficiente et ainsi rehausser le potentiel de croissance.

• Gérer la transition et rétablir une crédibilité bien nécessaire au moyen de l’aide financière extérieure substantielle.

La stabilité ainsi créée — de même que le renforcement de la compétitivité et l’expansion du crédit — entraînerait un retour de la confiance, et, partant, l’amélioration des perspectives d’emploi et de croissance.

Informations générales

L’Irlande, qui est devenue membre du FMI le 8 août 1957, a une quote-part au FMI de 838,40 millions de DTS.

Pour d’autres informations sur le FMI et l’Irlande, voir : http://www.imf.org/external/country/IRL/index.htm



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