Déclaration à l’issue d’une mission des services du FMI aux Comores

Communiqué de presse n° 11/110
Le 4 avril 2011

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Mbuyamu Matungulu a séjourné en Union des Comores du 19 mars au 2 avril 2011 pour mener la troisième revue des résultats obtenus dans le cadre du programme économique appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC)1. La mission a été reçue par le président de l’Union des Comores, M. Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, et le nouveau président élu, M. Dhoinine Ikililou. La mission a eu des entretiens avec M. Mohamed Bacar Dossar, Ministre des Finances, et d’autres membres du gouvernement de l’Union, et rencontré le Vice-gouverneur de la Banque centrale des Comores, des députés ainsi que des représentants du secteur privé, de la société civile et de la communauté des bailleurs de fonds. Au terme de sa visite, M. Matungulu, Chef de mission du FMI pour les Comores, a fait la déclaration suivante à Moroni :

«Les résultats économiques ont été globalement satisfaisants jusqu’à fin décembre 2010. D’après les estimations, le taux de croissance a légèrement progressé, passant de 1,8 % en 2009 à 2,1 % en 2010, sous l’effet de l’augmentation considérable de l’appui budgétaire et d’une légère hausse des exportations. L’inflation a légèrement augmenté, en raison essentiellement de la hausse des prix à l’importation des produits pétroliers et alimentaires, mais est restée inférieure à 7 %. Le déficit des transactions courantes est resté stable en 2010 par rapport à 2009, à 8,6 % du produit intérieur brut (PIB), car la hausse des importations a été compensée par l’augmentation des dons et l’amélioration des exportations. Les réserves internationales brutes ont accusé un léger recul pour représenter l’équivalent de 6,3 mois d’importations.

Néanmoins, il semble qu’en raison de la longueur du cycle électoral et de la période de transition, la dynamique de réforme se soit affaiblie, entraînant l’érosion des améliorations apportées récemment à la gestion de la masse salariale, ainsi qu’une accumulation d’arriérés de paiements et des retards dans la réforme des entreprises publiques. Si les autorités ont atteint leur objectif de recettes et enregistré une certaine amélioration de la position budgétaire en 2010, la gestion du Trésor s’est affaiblie dans un contexte de suspension des versements de la solde en novembre et d’accumulation de plusieurs mois d’arriérés de salaires.

Si la politique des salaires n’est pas redéfinie de toute urgence, la masse salariale pourrait atteindre 11 % du produit intérieur brut (PIB) en 2011 et absorber 76 % des recettes de l’État, ce qui dépasse la capacité budgétaire de l’Union. Pour maintenir le programme économique des Comores sur la bonne voie, il sera essentiel de résoudre cette question en ramenant la masse salariale dans des proportions compatibles avec la capacité de paiement à moyen terme du pays. À cette fin, la mission a examiné plusieurs mesures correctrices pour remédier aux dérapages, notamment des actions d’urgence pour résorber la masse salariale excessive, apurer les arriérés de paiements intérieurs accumulés, et raviver les programmes de réformes de la fonction publique et des entreprises publiques. Les discussions vont reprendre prochainement, et la mission attend avec intérêt la conclusion rapide d’un accord pour permettre au Conseil d’administration du FMI de procéder dans les plus brefs délais à l’examen de la troisième revue du programme FEC. Cela est essentiel pour permettre à l’Union des Comores de maintenir le cap afin d’obtenir un allègement complet de la dette au titre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).

La mission remercie les autorités comoriennes pour les entretiens ouverts et francs qu’elle a eus et pour la qualité de l’accueil qui lui a été réservé.»





1 La facilité élargie de crédit (FEC), qui a remplacé la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des plafonds d’accès plus élevés, des conditions de financement plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes qu’elle appuie, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance maximale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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