La conférence de la Caraïbe étudie les enjeux du développement et les perspectives politiques à l’échelle régionale

Communiqué de presse n° 11/21
Le 28 janvier 2011

Des chercheurs, des universitaires et des représentants gouvernementaux se sont réunis à la Barbade les 27 et 28 janvier 2011 pour analyser les défis économiques et sociaux auxquels la région de la Caraïbe est confrontée, lors d’une conférence intitulée Caribbean Policy Challenges after the Global Crisis organisée par l’Université des Indes occidentales (University of the West Indies - UWI), la Banque centrale de la Barbade et le Fonds monétaire international (FMI).

Les participants à la conférence ont observé que la croissance économique de la région a accusé du retard par rapport à d’autres parties de l’hémisphère occidental, essentiellement en raison de la faible croissance de la productivité par rapport à des niveaux d’investissement assez élevés, ainsi que du manque d’intégration aux nouveaux «pôles de croissance» mondiaux comme le Brésil et la Chine par exemple; ils ont conclu que la diversification des partenaires économiques et des marchés d’exportation, amorcée par certains pays de la région, devrait être désormais la stratégie à appliquer.

Représentant un large éventail de pays de la Caraïbe, le Canada, les Seychelles, le Royaume-Uni et les États-Unis, les participants se sont penchés sur les défis auxquels les décideurs sont confrontés aujourd’hui : bas niveaux de productivité et de croissance économique; effets du poids de la dette publique sur la croissance; viabilité budgétaire; rôle du tourisme et des centres financiers offshores; protection des dépenses sociales en périodes difficiles.

« Cette conférence a été l’occasion d’un précieux échange d’idées et de méthodes sur des défis partagés, afin d’élaborer des solutions innovantes et de forger une vision commune », a déclaré M. Delisle Worrell, Gouverneur de la Banque centrale de la Barbade ajoutant « qu’elle a aussi permis de créer des réseaux et de nouer des relations de travail ».

À l’échelle régionale, l’une des questions épineuses qui se pose est celle des niveaux élevés d’endettement public et de leur impact sur la viabilité des finances publiques et la croissance. Certains pays de la région sont parmi les plus endettés du monde. Outre des déficits budgétaires chroniques, leur endettement s’est essentiellement accru à partir du milieu des années 1990, sous l’effet de dépenses extrabudgétaires notamment de sauvetage du secteur financier et des emprunts des entreprises publiques. Outre l’augmentation des charges d’intérêt, la crise mondiale a provoqué de graves difficultés de gestion de la dette.

Sur la base des travaux de recherche présentés à la conférence, les participants ont admis que l’abaissement de la dette entraînerait, à terme, une croissance plus forte, et ont étudié les moyens de le faire dans les meilleures conditions. Ils ont reconnu que l’assainissement budgétaire est inévitable et qu’il y a lieu de réduire le train de vie des États tout en freinant les dépenses publiques. Si un consensus s’est dégagé sur la réduction impérative de la dette, les participants ont examiné des formules innovantes de gestion du surendettement et notamment l’expérience d’échange de titres d’endettement de la Jamaïque et de la restructuration de la dette d’Antigua.

Les travaux de la conférence ont aussi porté sur la contribution positive du tourisme à la croissance et sur le renforcement de son rôle si des dispositions sont prises pour accroître la productivité et la compétitivité du secteur. De même, si les données attestent que la Caraïbe a bénéficié des centres financiers offshores en termes de revenus et de croissance, les coûts d’application de plus en plus élevés de certaines initiatives internationales exigent une action plus dynamique des autorités pour maximiser les profits.

Clôturant la conférence, Rodrigo Valdés, conseiller principal au Département de l’hémisphère occidental du FMI a indiqué que «…ceci est le début d’un dialogue étroit sur les politiques destinées à promouvoir de nouveaux gisements de croissance, une intégration économique renforcée, la diversification des secteurs d’activité et des marchés, et un engagement accru du secteur privé. »



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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