Déclaration de conclusion d’une mission du FMI au Bénin

Communiqué de presse n° 11/287
Le 20 juillet 2011

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné à Cotonou du 7 au 20 juillet 2011 pour les entretiens relatifs à la deuxième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), approuvée par le Conseil d’administration du FMI le 14 juin 20101. La première revue a été conclue par le Conseil d’administration le 16 février 2011 (voir communiqué de presse no 11/xx), autorisant le décaissement d’une deuxième tranche de 10,61 millions de DTS (environ 17 millions de dollars EU). La mission a été reçue en audience par S.E. Dr. Boni Yayi, Président de la république du Bénin; elle a eu des entretiens avec M. Pascal Koupaki, Premier ministre, M. Marcel de Souza, ministre de l’analyse économique, du développement et de la prospective, Madame Adidjatou Mathys, Ministre de l’économie et des finances, M. Jonas Gbian, Ministre de l’énergie et des ressources minières et avec d’autres hauts fonctionnaires. La mission a aussi rencontré des membres de l’Assemblée nationale et des représentants des syndicats et de la communauté des bailleurs de fonds. Les entretiens ont porté sur l’évolution économique récente, la mise en œuvre des mesures inscrites dans le programme appuyé par la FEC et les réformes structurelles.

Au terme de la mission, M. Mario de Zamaróczy, chef de mission pour le Bénin, a fait la déclaration suivante :

«La croissance économique de 2,6 % en 2010 a été conforme aux estimations précédentes. Ce fléchissement de la performance économique dénote la faiblesse de la demande globale, conséquence du ralentissement mondial et des graves inondations de la fin de l’année dernière. La croissance devrait s’accélérer en 2011 pour atteindre 3,8 %, à la faveur du rebond de la production agricole et de la reprise de l’activité dans les secteurs de la construction, des services et du commerce. L’inflation est restée faible en 2010, bien en-deçà du critère de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Si une légère augmentation de l’inflation est prévue en 2011, en raison de la hausse des prix alimentaires en début d’année, elle devrait rester maîtrisée. Le déficit du solde extérieur courant, hors dons, devrait se creuser en 2011, après une amélioration en 2010, la hausse des cours mondiaux du pétrole n’étant que partiellement compensée par la hausse des prix du coton. Ainsi, la balance globale des paiements devrait passer d’un léger excédent en 2010 à un léger déficit en 2011.

La situation des finances publiques s’est affermie au second semestre 2010, malgré l’atonie de l’activité économique. Les recettes totales en fin d’année étant inférieures à l’objectif programmé, le gouvernement a freiné les dépenses non prioritaires, permettant ainsi d’atteindre l’objectif de solde budgétaire primaire, mais celui du financement intérieur net a été manqué de peu.

Les efforts visant à renforcer les finances publiques se sont poursuivis au premier trimestre 2011. Les recettes ont été conformes aux objectifs du programme et les dépenses ont été maîtrisées. Ainsi, tous les critères de réalisation quantitatifs et repères indicatifs ont été respectés à fin mars, à l’exception du repère relatif au plancher des dépenses sociales prioritaires. Ce repère n’a pas été respecté en raison du ralentissement de l’activité publique pendant la période électorale. Les autorités ont cependant confirmé leur intention de respecter ce repère en fin d’année. La mission a souligné – et les autorités ont confirmé – la nécessité de maintenir une orientation budgétaire modérée pour le reste de l’année et à moyen terme, afin de créer la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour les dépenses prioritaires. Ceci exigera une mobilisation accrue des

recettes et une politique salariale prudente.

La mission a noté des progrès dans la mise en œuvre des réformes structurelles, en particulier le lancement du guichet unique au Port de Cotonou. Associé à l’acquisition de scanners et au programme renforcé de vérification des valeurs déclarées en douane, ce lancement devrait doper le recouvrement des recettes douanières au second semestre de l’année.

La mission a toutefois recommandé que la mise en œuvre des réformes essentielles, dont certaines accusent du retard, soit accélérée. Elle a accueilli favorablement les études indépendantes en cours, qui ouvrent la voie à l’élaboration de la réforme attendue de la fonction publique. La mission a invité les autorités à redoubler d’efforts dans ce domaine. Elle a aussi examiné avec les autorités de nouvelles mesures structurelles pour la période à venir. À cet égard, la priorité devrait être donnée à l’achèvement de deux études avant la fin de l’année, pour la mise en place du système de gestion informatisé et intégré des effectifs de la fonction publique.

La mission a examiné avec les autorités la stratégie de réduction de la pauvreté pour la période 2011-2015, récemment publiée. Elle a insisté sur le fait que la stratégie devrait être appuyée par des investissements importants et que le plan d’action prioritaire pour la réalisation des objectifs de la stratégie devait être étroitement aligné sur les ressources financières disponibles.

Les services proposeront à la direction générale du FMI d’inscrire l’examen et la conclusion de la deuxième revue de l’accord FEC à l’ordre du jour d’une réunion du Conseil d’administration qui se tiendrait au début du mois de septembre 2011.

La mission tient à remercier les autorités béninoises pour leur accueil chaleureux et coopération étroite».


1 La FEC est le principal instrument dont dispose le FMI pour apporter un appui financier à moyen terme aux pays à faible revenu. Les financements de la FEC sont assortis, à l’heure actuelle, d’un taux d’intérêt de 0 %, avec un différé d’amortissement de 5 ans ½ et une échéance de 10 ans.



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