Déclaration au terme d’une mission des services du FMI en Union des Comores

Communiqué de presse n° 11/371
Le 18 octobre 2011

Une mission des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Mbuyamu Matungulu, Chef de mission pour l’Union des Comores, a séjourné à Moroni du 4 au 18 octobre 2011 afin de poursuivre les échanges sur les résultats enregistrés par le pays dans le cadre du programme mis en œuvre avec l’appui de la facilité élargie de crédit (FEC)1. La mission a été reçue par Son Excellence, Dr. Dhoinine Ikililou, Président de l’Union des Comores. Elle a par ailleurs eu des entretiens avec le Vice-président et Ministre des Finances, M. Soilihi, et d’autres membres du gouvernement de l’Union, avec le Gouverneur de la Banque centrale des Comores, avec des parlementaires ainsi qu’avec des représentants du secteur privé, de la société civile et de la communauté des bailleurs de fonds.

Au terme de la mission, M. Matungulu a fait la déclaration suivante à Moroni :

«La mission salue les efforts déployés par le gouvernement pour mieux aligner les dépenses sur les ressources disponibles, et notamment pour avancer dans la maîtrise de la masse salariale de la fonction publique. Il sera crucial de persévérer sur ce front pour rétablir de manière durable la viabilité budgétaire à moyen terme. Il importe par ailleurs de féliciter les autorités d’avoir pris des mesures pour améliorer la responsabilisation et la gouvernance de plusieurs entreprises parapubliques, notamment en remplaçant certains hauts responsables pour commencer a résoudre les problèmes de gestion qui subsistent de longue date.

L’activité économique reste bridée par des rigidités structurelles généralisées ainsi que par des pénuries d’énergie récurrentes. La croissance économique devrait juste dépasser 2 % en 2011, alimentée par une solide production agricole et une reprise graduelle de l’investissement direct étranger (IDE). Les bonnes récoltes contribuent également à maîtriser l’inflation des prix à la consommation à un niveau qui devrait se situer à 5 % d’ici la fin de l’année, et ce malgré les tensions sur les prix internationaux. Sous l’effet de l’augmentation des importations de pétrole et des autres importations liées aux IDE, le déficit courant devrait se creuser.

En raison de dérapages durant les trois premiers trimestres, le déficit primaire intérieur devrait vraisemblablement atteindre 1,5 % du PIB en 2011, niveau supérieur à celui que prévoyait le programme. De manière plus précise, la mobilisation de recettes intérieures risque d’être nettement en-deçà de l’objectif fixé. La mission encourage donc les autorités à redoubler d’efforts pour redresser la situation budgétaire. Sur le plan des recettes, les faiblesses d’administration doivent être corrigées de manière durable. S’agissant des dépenses, les arriérés de salaire doivent être apurés et la maîtrise des comptes renforcée afin d’éviter les excédents de dépenses et l’accumulation d’arriérés.

Pour insuffler une nouvelle vigueur à la restructuration des entreprises de services publics, les autorités ont intensifié les discussions techniques avec les partenaires au développement. L’adoption d’une feuille de route pour la réforme de Comores Telecom sera un jalon important. La gestion des finances publiques devra se centrer sur l’achèvement du recensement des fonctionnaires entamé en juin dernier, l’approbation par le parlement des textes organiques applicables à la fonction publique, et la mise en œuvre rigoureuse du nouveau système informatique de gestion de la solde (GISE).

La mission engage les autorités à prendre des mesures pour renforcer la mobilisation de recettes intérieures, rétablir la maîtrise des dépenses, et faire redémarrer les réformes structurelles dans les plus brefs délais, afin de remettre leur programme économique sur la bonne voie.

Les discussions avec les autorités se poursuivront durant les mois à venir, et la mission espère que des progrès suffisants seront accomplis pour que, en temps opportun, le Conseil d’administration du FMI puisse être saisi de la prochaine revue au titre de la FEC. Cela sera crucial pour faciliter les progrès vers le point d’achèvement et un allègement global de la dette dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).

«La mission tient à remercier les autorités de leur chaleureuse hospitalité».





1 La facilité élargie de crédit (FEC), qui a remplacé la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des plafonds d’accès plus élevés, des conditions de financement plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes qu’elle appuie, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance maximale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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