La Directrice générale du FMI, Christine Lagarde, souligne le rôle de l’Asie et de la Chine dans la reprise mondiale

Communiqué de presse n° 11/404
Le 8 novembre 2011

Mme Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a souligné le rôle important de l’Asie, et en particulier de la Chine, dans la reprise de l’économie mondiale.

«La montée en puissance de l'Asie dans l'économie mondiale est l’exemple de réussite économique par excellence de l’histoire moderne. Rien de surprenant donc aujourd’hui à ce que l'Asie tire la reprise de l'économie mondiale», a-t-elle déclaré dans un discours prononcé au Forum de la finance internationale à Pékin1.

Elle a souligné les progrès accomplis par la Chine : une croissance annuelle de 10 % en moyenne et un demi-milliard de personnes sorties de la pauvreté ces trente dernières années. «En visitant cette région, il est tout à fait naturel de voir l’avenir avec espoir et optimisme».

Mme Lagarde a déclaré que «dans notre monde de plus en plus interconnecté, aucun pays, aucune région ne peut faire cavalier seul. Nous sommes tous liés les uns aux autres par nos réussites  — et nos échecs — économiques».

Elle a ajouté que les pays avancés ont une responsabilité particulière dans l’adoption de politiques propres à rétablir la confiance et rehausser la croissance. Elle juge encourageants l’ensemble de mesures arrêtées par les dirigeants de la zone euro le 26 octobre et l’appui que leur a donné le G-20 à Cannes.

Mme Lagarde a appelé les pays avancés à doser correctement leurs politiques budgétaires et monétaires pour promouvoir la stabilité et la croissance, à poursuivre les mesures structurelles capables de doper la compétitivité et l’emploi, et à renforcer la réglementation financière afin de rendre le secteur financier plus sûr et de le remettre au service de l'économie réelle.

En ce qui concerne l’Asie, Mme Lagarde a noté que la région doit gérer un équilibre délicat : «Les pays doivent se préparer aux tempêtes qui pourraient les atteindre. Mais certains restent soumis à des risques de surchauffe et d'instabilité financière, en raison de la persistance d’un accès facile au crédit».

Elle a conseillé aux pays asiatiques de réagir avec souplesse, et de changer de cap si la conjoncture économique mondiale se détériore davantage. «Par exemple, les gouvernements peuvent desserrer les freins budgétaires, ponctionner leurs propres réserves ou celles qu’elles ont mises en commun à l’échelle régionale, et réactiver les accords de swap des banques centrales», a-t-elle ajouté.

Elle a rappelé la grande importance de la dimension sociale. «Elle préside aux réflexions des dirigeants asiatiques. Des efforts considérables ont été déployés, et le sont toujours, pour mettre en place de meilleurs dispositifs de protection sociale et investir davantage dans les infrastructures, la santé et l'éducation», a-t-elle précisé.

Mme Lagarde a estimé que la Chine était sur la bonne voie, une voie définie par son 12e plan quinquennal global, lequel mise sur la réduction des vulnérabilités internes et réoriente l’économie vers la demande intérieure.

S’agissant de la politique budgétaire, elle a noté que «si les perspectives de croissance se détérioraient sensiblement, elle pourrait devenir la première ligne de défense, vu l'ampleur de la marge de manœuvre et la capacité de déployer rapidement des ressources».

Notant que la Chine a déjà accompli de solides progrès sur la voie du rééquilibrage, elle a ajouté : «le moment est venu de miser davantage sur la consommation et moins sur les exportations et l'investissement — y compris en renforçant encore les revenus des ménages et en développant les dispositifs de protection sociale».

Elle a par ailleurs souligné l’importance de la réforme du système financier et rappelé «comme nous l'avons déjà dit, la Chine a aussi besoin d’une monnaie plus forte en termes effectifs réels».

Mme Lagarde a également insisté sur l’importance des réformes de gouvernance du FMI comme moyen de mieux faire entendre la voix des pays émergents et des pays en développement, notant que «grâce à ces réformes la Chine est aujourd’hui l'un de nos trois principaux actionnaires. La Chine est donc un membre très important du FMI, ce qui est tout à fait logique, étant donné son rôle de premier plan dans l'économie mondiale».

«La Chine est de nouveau présente sur le devant de la scène mondiale et y joue aujourd’hui un rôle crucial, qu’elle continuera de jouer à l’avenir», a-t-elle conclu.




1 Le discours a été prononcé à Pékin le 9 novembre 2011.



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