Déclaration des services du FMI au terme d’une visite en République démocratique du Congo

Communiqué de presse n°11/66
Le 3 mars 2011

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Robert York a séjourné à Kinshasa du 20 février au 1er mars 2011 pour dresser un bilan des progrès enregistrés par les autorités et débattre avec elles des politiques économiques dans le cadre de la troisième revue de l’accord conclu au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC)1. La mission a rencontré le Président de la République, M Joseph Kabila Kabange, le Premier Ministre, M. Adolphe Muzito, le Ministre des Finances, M. Matata Ponyo Mapon, le Ministre du Budget, M. Jean-Baptiste Ntahwa, le Ministre de l’Économie, M. Jean-Marie Bulambo Kilsho, le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, M. Jean-Claude Masangu, d’autres hauts responsables du gouvernement ainsi que des représentants des bailleurs de fonds. Les entretiens se sont centrés sur l’évolution récente de la situation économique, la mise en œuvre des politiques dans le cadre de l’accord FEC, l’exécution du budget de 2011 et les réformes structurelles prioritaires requises pour consolider la stabilité macroéconomique, entretenir une croissance élevée et améliorer le climat des affaires.

Au terme de la mission, M. York a rendu publique la déclaration suivante à Kinshasa :

« Les résultats macroéconomiques ont été solides en 2010. Le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel a dépassé 7 %, l’inflation est descendue en dessous de 10 % pour la première fois depuis plusieurs années et la situation extérieure s’est améliorée. Une politique budgétaire et monétaire prudente a contribué à ce bon comportement. Cependant, l’actuelle conjoncture économique mondiale soulève cette année d’importants défis pour le gouvernement, défis qui pourraient être exacerbés par les élections nationales prévues pour novembre. La montée des cours mondiaux des produits alimentaires et énergétiques exercera vraisemblablement des tensions sur la gestion économique et exigera des autorités qu’elles soient vigilantes afin de préserver les récents acquis dans la consolidation de la stabilité macroéconomique.

En 2011 l’activité économique devrait maintenir un rythme robuste, appuyée par la vigueur continue du secteur minier, du BTP et des services, mais l’inflation pourrait également s’accélérer.

Les grands axes macroéconomiques devraient être maintenus pour 2011 afin d’atténuer les risques du renchérissement des produits alimentaires et énergétiques et de préserver la situation budgétaire. La Banque Centrale du Congo pourrait tolérer l’impact initial de ces renchérissements sur le niveau des prix mais elle devra veiller à ce que leurs effets de second tour ne mettent pas en péril l’objectif à moyen terme d’un taux d’inflation à un seul chiffre. Par ailleurs, un niveau d’appuis budgétaires supérieur aux prévisions et une légère réduction de l’accumulation programmée des dépôts de l’État devraient contribuer à dégager l’espace budgétaire nécessaire pour financer davantage de dépenses pro-pauvres tout en évitant que l’État ait recours au financement de la banque centrale. Les entretiens ont aussi porté sur la maîtrise des risques budgétaires, notamment en accélérant les réformes structurelles pour accroître les recettes intérieures, et les modalités d’une répercussion modeste du renchérissement des cours mondiaux du brut sur les prix intérieurs des carburants.

Le renforcement de la gouvernance et de la transparence fait également partie du dialogue courant avec les autorités congolaises. À cet égard, les entretiens se sont centrés sur les efforts qu’elles déploient pour réformer la gestion des finances publiques, renforcer l’indépendance et l’efficacité de la banque centrale et améliorer le climat des affaires, notamment dans les industries extractives, la source du potentiel de croissance de la RDC à long terme.

La mission a engagé les autorités à maintenir une mise en œuvre satisfaisante du programme. Elle s’est entendue globalement avec les autorités sur les politiques à mener pour faire face à la montée des cours mondiaux des matières premières. Les services du FMI recommanderont à la direction de soumettre à l’examen du Conseil d’administration l’achèvement de la troisième revue de l’accord FEC, prévu pour avril 2011. »


1 La Facilité élargie de crédit (FEC), qui a remplacé la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des niveaux d'accès plus élevés aux financements, des modalités de concours plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance finale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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