Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international : les risques mondiaux persistent, il reste du travail à accomplir

Communiqué de presse n° 12/130
Le 12 avril 2012

Mme Christine Lagarde, Directrice générale du fonds monétaire international (FMI), a déclaré aujourd'hui que, malgré l’amélioration récente des perspectives économiques mondiales, il reste du travail à accomplir pour soutenir la reprise, qui est encore fragile.

«Nous avons vu le climat économique s'améliorer quelque peu. Je voudrais toutefois souligner une chose : les risques restent considérables et la situation est fragile».

Elle a engagé les responsables politiques à saisir cette occasion pour «prendre les nouvelles mesures qui s'imposent sans aucun doute pour enrayer enfin la crise».

En Europe et ailleurs, les mesures prises par les pouvoirs publics ont aidé à réduire les facteurs de vulnérabilité. «Les mesures prises par les Européens durant ces derniers mois nous rappellent à point nommé le pouvoir de la détermination et de l'action des gouvernants». Grâce aux efforts déjà consentis, «nous pouvons nous permettre de prendre un peu de recul pour approfondir notre réflexion et persévérer dans l'action qui reste nécessaire», a déclaré Mme Lagarde dans une allocution à la Brookings Institution, à Washington.

Compte tenu des risques que posent les tensions souveraines et financières, les responsables politiques européens doivent «poursuivre leurs efforts en les amplifiant», notamment par des politiques énergiques au niveau national, l'appui de la Banque centrale européenne, la remise en état du système bancaire et l'intégration budgétaire. «La décision, largement attendue, des ministres de la zone euro de renforcer le pare-feu financier européen a également été déterminante», a-t-elle ajouté.

Dans l’économie mondiale interconnectée qui est la nôtre, a cependant noté Mme Lagarde, un solide pare-feu européen ne peut être qu'une partie de la solution. Un pare-feu mondial plus solide aidera à boucler le «périmètre de protection» pour tous les pays, y compris ceux qui ne sont pas directement touchés par la crise.

S'exprimant une semaine avant les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, Mme Lagarde a aussi milité en faveur d’une augmentation des ressources du FMI comme élément d'un pare-feu mondial renforcé. Pour que le FMI soit aussi efficace que possible, il faut accroître ses ressources, a-t-elle dit. Le FMI réévalue en permanence les risques mondiaux, en tenant compte de l'évolution de la conjoncture mondiale et de l'ensemble des politiques engagées, y compris par l'Europe. «Aujourd'hui, les besoins ne sont peut-être pas aussi élevés que nous l’avions estimé au début de l'année, mais ne nous y méprenons pas : les risques et les besoins restent de taille», a déclaré Mme Lagarde, qui juge encourageantes les manifestations de soutien de beaucoup des pays membres, qui se tiennent prêts à augmenter les ressources de l'institution.

Les coûts humains de la crise nous rappellent avec force pourquoi il faut poursuivre les réformes. Au cours des voyages qu'elle a effectués dans les pays membres pendant ses neuf premiers mois à la tête du FMI, Mme Lagarde a vu le coût de l'instabilité économique et du chômage — «la détresse, la perte de dignité, la déchéance économique. Le tableau est le même dans tous les pays».

«Dans l'immédiat, les politiques doivent donc se centrer sur la croissance là où elle est encore poussive» et aider à stimuler la demande. À cet égard, la politique monétaire peut «accompagner la croissance là où l'inflation reste maîtrisée».

En ce qui concerne la politique budgétaire, elle a noté que, dans de nombreux pays, il était impératif d'assainir les finances publiques. À cet égard, «le rythme de l'ajustement a son importance et doit être adapté aux particularités de chaque pays».

Mme Lagarde a aussi invité instamment les responsables politiques à saisir l'occasion qui leur est donnée de consolider les bases de la croissance de la stabilité. En procédant aux bonnes réformes, le monde peut promouvoir une croissance d’un nouveau type, mieux partagée et plus durable. Elle a souligné l'importance de poursuivre la réforme du secteur financier, de rétablir la compétitivité et d'assurer un meilleur fonctionnement des marchés du travail. Compte tenu de la difficulté de mener à bien beaucoup de ces réformes, elle a aussi engagé les responsables politiques à «préserver et renforcer les dispositifs de protection appropriés».

En conclusion, Mme Lagarde a rappelé que «la voie de la collaboration est celle qui a le plus de chances de réussir». Fort de ses 187 pays membres, le FMI reconnaît «la force de la collaboration». Il importe, a-t-elle ajouté, que la structure de gouvernance du FMI reflète pleinement ses pays membres et, dans ce contexte, elle a invité «tous les pays membres à parachever dans les temps la réforme des quotes-parts et de la représentation adoptée en 2010».



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