Déclaration de la mission du FMI au Sénégal

Communiqué de presse n° 12/179
Le 15 mai, 2012

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Hervé Joly, s’est rendue au Sénégal du 2 au 15 mai 2012 pour effectuer la troisième revue de l’accord triennal au titre de l’Instrument de Soutien à la Politique Economique (ISPE) approuvé en décembre 2010. Les membres de la mission ont rencontré le Président de la République, le Premier Ministre, et les ministres chargés de l’économie et des finances et de l’énergie, ainsi que des représentants de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), d’autres hauts responsables de l’État et les représentants du secteur privé, de la société civile, et des partenaires au développement.

À la fin de la visite, M. Joly a fait la déclaration suivante :

« La mission du Fmi se réjouit de la détermination du nouveau gouvernement à poursuivre la mise en œuvre du programme appuyé par l’instrument de soutien à la politique économique (ISPE, 2011-13). Les principaux objectifs du programme sont de (i) maîtriser les finances publiques afin de préserver la stabilité macroéconomique; (ii) accroître les recettes en vue de dégager une plus grande marge de manœuvre budgétaire pour financer les dépenses prioritaires; (iii) poursuivre le renforcement de la gestion des finances publiques et de la gouvernance; et (iv) favoriser le développement du secteur privé. Ces objectifs sont en ligne avec ceux du nouveau gouvernement. Le Sénégal reste toutefois confronté à un environnement extérieur peu favorable, une plus grande instabilité régionale et l’impact de la sécheresse sur la population et l’économie. Ces développements nécessitent des aménagements dans la mise en œuvre du programme, sans en remettre en cause ses grandes orientations.

« Les développements macroéconomiques en 2011 ont été moins favorables que prévus en raison de la sécheresse dans le Sahel. La forte baisse de la production agricole, malgré une bonne tenue de l’activité dans les autres secteurs, a limité la croissance du PIB à 2,6%. L’inflation s’est établie à 3,4% en 2011, tirée par le renchérissement des produits alimentaires et du transport, dans un contexte de hausse des cours mondiaux des matières premières. 

«La croissance devrait être en hausse en 2012 à 3,9%, en dépit d’un environnement extérieur moins porteur. Elle serait tirée par une reprise de la production agricole (sous l’hypothèse d’une pluviométrie normale) et l’investissement public dans les infrastructures. L’inflation devrait rester modérée, à environ 2,5% en 2012.

« La mise en œuvre du programme a connu un net ralentissement fin 2011/début 2012 dans un contexte pré-électoral tendu. La cible de déficit budgétaire pour 2011 n’a pas été atteinte en raison d’un dépassement des dépenses courantes et de moins-values fiscales. Des progrès ont été réalisés dans la mise en œuvre des réformes structurelles, mais à un rythme sensiblement inférieur à celui envisagé dans le programme.

« Les discussions entre les autorités et la mission ont porté sur la maîtrise des finances publiques. Faute de mesures correctives, le déficit budgétaire pourrait dépasser 8% du PIB cette année, un niveau clairement insoutenable. Les raisons expliquant cette situation sont multiples et requièrent des réponses différentes. La nécessité de venir en aide aux victimes de la sécheresse et la révision à la baisse de la croissance justifient le réajustement à la hausse de la cible de déficit. Une grande partie du creusement du déficit proviendrait cependant du soutien aux prix de l’énergie (électricité, produits pétroliers), qui atteindrait le coût très élevé pour les finances publiques de CFAF 150 milliards en 2012 (2% du PIB). La mission encourage les autorités à remplacer ces subventions par des mesures plus efficaces et mieux ciblées sur les plus démunis. Au total, la cible de déficit pour 2012 a été révisée à la hausse de 5,6 à 6,4% du PIB et devrait être atteinte grâce à des efforts substantiels de réduction du train de vie de l’Etat et un report de certaines dépenses d’investissement non prioritaires. Le gouvernement s’est aussi engagé à résorber les retards des paiements au secteur privé accumulés avant les élections présidentielles.

« La mission a félicité les autorités pour leur engagement ferme à améliorer la gouvernance publique, la transparence et l’efficacité de la dépense publique ; elle note que des mesures dans ce sens ont déjà été prises ou annoncées, telle la réduction de la taille du gouvernement et la restructuration des agences. La mission se réjouit également de la confirmation des autorités de leur intention de poursuivre les autres réformes clés du programme, en particulier dans les domaines de la fiscalité et de l’énergie

«L’examen de la troisième revue par le Conseil d’administration du FMI pourrait avoir lieu en Juillet 2012.»



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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