Déclaration de conclusion d’une mission du FMI au Bénin

Communiqué de presse n° 12/282
le 30 juillet 2012

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné à Cotonou du 16 au 30 juillet 2012 pour les discussions relatives d’une part à la quatrième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), approuvée par le Conseil d’administration du FMI le 14 juin 20101 et d’autre part à la consultation au titre de l’Article IV des statuts du FMI2. La troisième revue a été conclue par le Conseil d’administration le 12 mars 2012 (voir communiqué de presse no 12/105), autorisant le décaissement d’une quatrième tranche de 10,61 millions de doits de tirage spéciaux (environ 16,4 millions de dollars des États-Unis). La mission a été reçue en audience par S.E. Dr. Boni Yayi, Président de la République du Bénin; elle a eu des entretiens avec M. Jonas Gbian, Ministre de l’économie et des finances; M. Marcel de Souza, Ministre de l’analyse économique, du développement et de la prospective; M. Valentin Djènontin, Ministre délégué à la présidence chargé de l’économie maritime; M. Evariste Bonou, Directeur national de la banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest; et d’autres hauts fonctionnaires. La mission a aussi rencontré des représentants des secteurs bancaire et privé, des organisations non gouvernementales et de la communauté des bailleurs de fonds. Les entretiens ont porté sur l’évolution économique récente, la mise en œuvre des mesures inscrites dans le programme appuyé par la FEC, les réformes structurelles et les politiques de développement à moyen terme.

Au terme de la mission, M. Mario de Zamaróczy, chef de mission pour le Bénin, a fait la déclaration suivante :

«La croissance économique de 3,5 % prévue en 2012 devrait être proche de celle de l’année dernière. L’effet de l’augmentation de la production cotonnière pendant la campagne 2011/12 sera contrecarré par la réduction du revenu réel des ménages, suite à l’augmentation du prix des hydrocarbures en provenance du Nigéria, et le ralentissement de l’activité du Port de Cotonou pendant l’été. Les incertitudes concernant l’environnement économique mondial, la baisse du prix international du coton et les appréhensions à propos du démarrage de la campagne cotonnière 2012/13 et de la performance du Port de Cotonou invitent à la prudence, de sorte que la croissance économique en 2013 n’est projetée qu’en légère hausse par rapport à celle attendue en 2012. L’inflation en 2012 reflètera l’accroissement brusque des prix de l’essence en janvier, mais les pressions inflationnistes s’estompant, la hausse des prix en 2013 devra revenir vers le critère de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UÉMOA) de 3 % en 2013.

Le déficit du compte courant extérieur devrait diminuer légèrement au cours de 2012 et 2013 en raison de la hausse anticipée des exportations des produits cotonniers et des appuis budgétaires extérieurs. Le déficit du compte courant devrait être largement financé par des entrées de capitaux étrangers.

Les recettes budgétaires au cours du premier semestre de 2012 ont dépassé les prévisions du programme. Les recettes ont été portées par l’efficacité du guichet unique et la vente, non programmée, d’une licence de téléphonie mobile. Les dépenses ont été conformes aux prévisions du programme au cours de la même période, y compris pour les dépenses sociales prioritaires.

Ainsi, et sur la base de données préliminaires, tous les critères de performance et repères quantitatifs ont été respectés à fin mars et fin juin.

La mise en œuvre des réformes structurelles a été contrastée. Malgré des succès, plusieurs réformes continuent de marquer le pas, dont l'adoption d'une stratégie de réforme de la fonction publique par décision en Conseil des ministres et la présentation à l'Assemblée nationale d'un projet de loi régissant les pensions. La mission a recommandé aux autorités d’accélérer la mise en œuvre de ces réformes importantes, dont certaines ont déjà été reportées à plusieurs reprises. En raison du retard pris, la mission n’a pas proposé de nouvelles mesures structurelles, mais a plutôt invité le gouvernement à accélérer la mise en œuvre des mesures qui connaissent des retards.

Deux décisions gouvernementales nourrissent des incertitudes pour l’avenir : (i) les dysfonctionnements et le coût jugé excessif du programme de vérification des importations ont amené le gouvernement à suspendre ce programme temporairement en mars; (ii) suite à des problèmes de gouvernance, le gouvernement a décidé de suspendre l’accord-cadre régissant la filière coton en avril et de reprendre à son compte la gestion de cette filière pour la campagne en cours. La mission a invité le gouvernement à trouver rapidement une solution à ces deux problèmes.

La mission a recommandé au gouvernement de tirer profit du cadre macroéconomique stable et du faible fardeau de la dette pour amorcer une accélération de la croissance afin de réduire la pauvreté. À cet effet, la mission s’accorde avec les autorités sur la nécessité de s’attaquer aux entraves à une croissance plus rapide et équitable, en renforçant le niveau et la qualité des dépenses d’investissement, en améliorant le climat des affaires et en profitant des opportunités qu’offre l’intégration régionale et la proximité du marché nigérian.

Les services proposeront à la direction générale du FMI d’inscrire l’examen du rapport de la quatrième revue du programme appuyé par la FEC et de la consultation au titre de l’Article IV à l’ordre du jour d’une réunion du Conseil d’administration qui se tiendra en octobre 2012.

La mission remercie les autorités pour leur coopération et accueil.»


1 La FEC est le principal instrument dont dispose le FMI pour apporter un appui financier à moyen terme aux pays à faible revenu. Les financements de la FEC sont assortis, à l’heure actuelle, d’un taux d’intérêt de 0 %, avec un différé d’amortissement de 5 ans ½ et une échéance de 10 ans.

2 La consultation au titre de l’Article IV est un processus continu, requis par l’Article IV des statuts du FMI, qui culmine en des consultations exhaustives régulières pour évaluer l’évolution économique et financière et discuter des politiques économiques et financières du pays avec des hauts fonctionnaires du gouvernement et de la banque centrale.



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