Déclaration de la Mission du FMI dans le Cadre des Consultations au titre de l’Article IV pour 2012 avec l’Algérie

Communiqué de presse n° 12/427
Le 12 Novembre 2012

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Monsieur Zeine Zeidane, a séjourné à Alger du 29 octobre au 11 novembre 2012 pour conduire les discussions dans le cadre des consultations annuelles au titre de l’Article IV des statuts du FMI. Cette consultation sera conclue par la préparation d’un rapport des services du FMI qui sera discuté par le Conseil d’Administration du FMI début 2013.

Les discussions ont porté sur les politiques et perspectives économiques à court et moyen terme, dans un contexte où la conjoncture mondiale reste difficile. La mission a bénéficié de discussions avec Son Excellence Monsieur le Ministre des Finances, M. Karim Djoudi, Son Excellence Monsieur le Ministre de l'agriculture et du développement rural, M. Rachid Benaissa, Son Excellence Monsieur le Ministre de l'Habitat et de l'urbanisme, M. Abdelmadjid Tebboune, Son Excellence Monsieur le Ministre de Travail, de l'Emploi et de la sécurité sociale, M. Tayeb Louh, et son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Mohammed Laksaci. La mission a également rencontré des représentants des secteurs économiques et financiers ainsi que de la société civile.

La performance de l’année 2012 devrait rester solide. La croissance devrait s’établir à 2,5 %, portée par le dynamisme du secteur non-hydrocarbures, lui-même tiré par la dépense publique. Elle devrait se situer à 3,4 % en 2013, soutenue par la demande intérieure et la reprise dans le secteur des hydrocarbures. L’excédent du compte courant devrait atteindre 8,2 % du PIB, la hausse du prix des hydrocarbures compensant la baisse des volumes exportés. Le solde courant resterait excédentaire en 2013, à 7,1 % du PIB. En 2012 comme en 2013, les réserves de change devraient rester très confortables, et la dette extérieure très limitée. Le secteur bancaire est resté solide en 2012. La position du Fonds de Régulation des Recettes, nette de la dette publique, atteint 26 % du PIB.

Toutefois, l’inflation a accéléré en 2012, et atteindrait 8,4 %. D’autre part, l’expansion budgétaire des dernières années a accru la vulnérabilité des finances publiques. Le solde budgétaire devrait ainsi se creuser, en raison du plein effet des hausses salariales et des paiements de rappels, pour atteindre 3,7 % du PIB en 2012. La vulnérabilité aux prix des hydrocarbures s’est ainsi accrue, le prix du pétrole assurant l’équilibre des finances publiques s’établissant à 121 dollars le baril en 2012. Si le taux de chômage est resté stable à 10 % en 2011, il continue à être élevé chez les jeunes et les femmes (21,5 % et 17 %, respectivement).

Dès lors, la maîtrise de l’inflation, la viabilité des finances publiques et le renforcement de la croissance hors-hydrocarbures constituent autant de défis importants pour l’Algérie à court et moyen terme. La lutte contre l’inflation devra passer par l’utilisation coordonnée des politiques monétaire et budgétaire. La maîtrise des dépenses courantes envisagée en 2013 est bienvenue. La politique de gestion de liquidité entamée en 2012 devrait être maintenue et soutenue par un recours accru du Trésor au marché financier pour le financement des déficits publics. Elle pourrait également être renforcée par un relèvement des taux d’intérêt, afin de ramener l’inflation dans une fourchette de 4 à 4,5 %.

La viabilité à long terme des finances publiques est tributaire des ressources en hydrocarbures. La politique budgétaire prudente envisagée pour 2013 permettra de restaurer les marges de manœuvre et devra être poursuivie dans le moyen terme par la maîtrise de la dépense courante et le développement des recettes non-hydrocarbures. De même, les efforts de modernisation de la gestion des finances publiques initiés par les autorités, et soutenus par un cadre budgétaire à moyen terme, devraient contribuer à une gestion plus efficace des dépenses publiques.

L’accélération de la croissance en Algérie, qui reste inférieure à son potentiel, est nécessaire pour la réduction du chômage. Elle devrait être appuyée par la préservation de l’investissement public et le renforcement de son efficacité, la poursuite de la politique de change favorisant la compétitivité externe, et des réformes structurelles soutenant une croissance tirée par le secteur privé et l’accroissement de la productivité globale des facteurs. Cela nécessite une stratégie d’amélioration du climat des affaires, un allègement des contraintes pesant sur les investissements étrangers, une meilleure intégration au commerce international, et des réformes de développement du secteur financier.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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