Le Conseil d’administration du FMI achève la cinquième revue de l’Accord Triennal avec la Mauritanie au titre de la Facilité élargie de crédit et approuve un décaissement de 16,9 millions de dollars

Communiqué de presse n° 12/460
le 27 novembre 2012

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu aujourd'hui la cinquième revue des résultats économiques obtenus par la Mauritanie dans le cadre du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC)1 et a approuvé une prolongation de l’arrangement de trois mois jusqu’à fin juin 2013. La décision du Conseil, qui a été adoptée selon la procédure de non objection2, ouvre ainsi la voie au décaissement immédiat, d’un montant équivalent à 11,04 millions de DTS (16,9 millions de dollars EU), ce qui porte le total des décaissements au titre de cet Accord à l’équivalent de 66,24 millions de DTS (101,6 millions de dollars EU).

Le Conseil d’administration a approuvé en mars 2010 un Accord triennal en faveur de la Mauritanie portant sur l’équivalent de 77,28 millions de DTS (environ 120 % de la quote-part du pays au FMI, voir communiqué de presse 10/89).

L’économie mauritanienne a montré une plus grande résilience à plusieurs chocs exogènes, notamment la sécheresse aigue et le ralentissement de la demande extérieure, grâce à la constitution d’excédents budgétaires et réserves extérieures qui ont atteint des niveaux sans précédents. Toutefois, la lutte contre la pauvreté et le chômage progresse de façon inégale et l’économie demeure fortement tributaire de l’évolution des industries extractives.

La marge de manœuvre budgétaire et de réserves de change, constituée pendant la mise en œuvre du programme appuyé par la FEC, offrent une protection contre les aléas négatifs qui pourraient survenir en 2013. L’économie reste vulnérable à une forte chute de la demande extérieure, à de nouveaux excès de volatilité des termes de l’échange, et à un retard dans le paiement de la contrepartie financière de l’accord de pêche. Cependant, le niveau record des réserves de change et l’excédent budgétaire global de cette année donnent aux pouvoirs publics une marge de manœuvre pour réagir si ces risques venaient à se concrétiser. À moyen terme, le défi à relever consiste à réduire la pauvreté à travers la promotion d’une croissance plus inclusive.

L’ancrage de la politique budgétaire sur l’évolution des industries non extractives aidera à préserver la viabilité de la dette, tout en protégeant les dépenses pro-pauvres. Le projet de budget 2013 maintient la discipline budgétaire, à travers la mise en œuvre d’une réforme ambitieuse des subventions et la maîtrise de la masse salariale, ce qui rendra les finances publiques moins dépendantes de la volatilité des recettes minières. En outre, les dépenses destinées aux dispositifs de protection sociale bien ciblés seront augmentées. L’augmentation prévue des dépenses publiques d’investissement est également une mesure adéquate pour répondre aux besoins urgents de la Mauritanie en matière d’infrastructure. Cependant, elle doit rester en ligne avec la capacité d’absorption du pays et respecter les dispositions du nouveau code de passation des marchés publics.

La politique monétaire va devenir plus active grâce à l’introduction immédiate d’un nouvel instrument qui aidera à absorber la liquidité excédentaire et à réduire le risque d’un emballement malsain du crédit. Pour amortir les chocs extérieurs, il est important de continuer à œuvrer pour une plus grande flexibilité du taux de change.

La poursuite de la mise en œuvre satisfaisante du programme, fondée sur la mise en œuvre de plusieurs réformes dont la suppression progressive des subventions mal ciblées, l’application rigoureuse du code des investissements et du code de passation des marchés publics nouvellement adoptés, et la redynamisation des réformes du marché du travail et des entreprises publiques, aidera à diversifier la base productive de l’économie. C’est là une condition nécessaire pour assurer une croissance plus inclusive et réduire la pauvreté. La sixième et dernière revue du programme appuyé par la FEC est prévue pour mai 2013.


1 La facilité élargie de crédit (FEC), qui a remplacé la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des plafonds d’accès plus élevés, des conditions de financement plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes qu’elle appuie, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance maximale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.

2 Le Conseil d’administration arrête ses décisions selon la procédure dite du défaut d’opposition lorsqu’il convient qu’une proposition peut être examinée sans réunion formelle.



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