Déclaration de la conclusion d’une mission du FMI au Gabon

Communiqué de presse 12/483
Le 12 décembre 2012

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Joël Toujas-Bernaté a séjourné à Libreville du 28 novembre au 11 décembre 2012 en vue de mener les consultations au titre de l’Article IV1 pour 2012.

La mission a eu des entretiens constructifs avec M. Luc Oyoubi, Ministre de l’Economie, de l’Emploi et du Développement Durable, Mme. Christiane Rose Ossouka Raponda, Ministre du Budget, des Comptes Publics, de la Fonction Publique, M. Régis Immongault, Ministre de l’Industrie et des Mines, des députés membres de la commission des finances de l’Assemblée Nationale et avec d'autres hauts fonctionnaires. La mission a aussi discuté avec des représentants du secteur privé, de la société civile, et des bailleurs de fonds.

M. Toujas-Bernaté a fait, ce jour du 11 décembre 2012, la déclaration suivante :

«Le Gabon fait face à des défis importants de développement économique et social. Bien que disposant de ressources naturelles abondantes, qui ont porté le revenu moyen par habitant au Gabon au niveau des Pays à Revenu Intermédiaire, les taux de pauvreté et de chômage restent élevés, et les indicateurs de développement humain demeurent comparables à ceux de pays à faible revenu. L’économie Gabonaise est encore très dépendante du pétrole, la rendant vulnérable à la volatilité des prix internationaux. Afin de relever ces défis, les nouvelles autorités gabonaises ont lancé en 2009 un plan de développement ambitieux, le Plan Stratégique Gabon Émergent, qui vise à faire du Gabon une économie émergente diversifiée à l’horizon 2025.

« Le lancement du plan d’investissement pour les infrastructures et les préparatifs pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2012) ont contribué à une croissance soutenue du PIB réel en 2011, évaluée à 6,7%, malgré une baisse de la production pétrolière. Les cours élevés du pétrole et du manganèse ont permis de dégager un fort excédent du compte courant extérieur en 2011. En revanche, le déficit budgétaire primaire hors pétrole s’est nettement creusé en 2011-12 sous l'effet de la hausse des investissements publics. Il est prévu que le PIB réel s’accroisse de 6 à 7% en 2012, notamment les secteurs des BTP, du transport et des autres services marchands qui bénéficieront du niveau élevé de l'investissement public. Le taux d'inflation annuel moyen devrait rester modéré autour de 2,5%.

«Les prévisions laissent entrevoir une croissance du PIB réel autour de 6-7% en 2013, soutenue par l’exploitation minière, les activités de transformation du bois et les investissements publics. Le principal risque pesant sur les perspectives économiques du pays est celui d'une baisse des cours du pétrole et du manganèse, car ces produits représentent environ 90% des exportations de biens et 45% du PIB nominal.

«Compte tenu de l’ambition des autorités dans leurs objectifs de développement, les consultations au titre de l'Article IV ont porté sur les impératifs suivants : i) assurer la viabilité des finances publiques et des comptes extérieurs en tenant compte de la volatilité possible des recettes pétrolières; et ii) assurer une croissance économique forte et bien partagée.

«La mission a souligné l’importance d’assurer une exécution efficace du plan ambitieux d’investissement public, qui vise à lever les contraintes relatives au manque d’infrastructures qui freinent actuellement l’investissement privé. À cette fin, les autorités devront élaborer des budgets annuels qui s’inscrivent dans un cadre crédible et soutenable à plus long terme, afin de préserver la stabilité macroéconomique en tenant compte des risques de volatilité des recettes budgétaires. Les dépenses courantes, qui ont enregistré une forte hausse ces dernières années, notamment la masse salariale et les dépenses de subventions, devront être mieux maitrisées. L’assiette fiscale pour les ressources budgétaires hors-pétrole devra être élargie en évitant la multiplication des exonérations fiscales. La mission a également encouragé les autorités à poursuivre les efforts qu'elles déploient pour améliorer l'évaluation, la sélection et le suivi des projets d'investissement ainsi que la budgétisation de leurs coûts d’exploitation et d’entretien. La réforme en cours de la gestion des finances publiques contribuera à améliorer la qualité des dépenses et à dégager des ressources additionnelles pour les dépenses sociales et pour stimuler la croissance.

«La mission soutient la décision des autorités de concentrer leurs efforts sur l'amélioration du climat des affaires et du capital humain, sans laquelle les objectifs du plan de développement seront difficiles à atteindre. La mission recommande que les autorités mènent des actions fortes et rapides pour lever certains obstacles qui freinent l’investissement privé, y compris en simplifiant les procédures administratives pour les créations d’entreprises. Une politique efficace de l’emploi sera nécessaire afin d’adapter l’offre d’emploi aux besoins de l’économie et réduire le chômage, en améliorant la formation professionnelle. Des réformes devront être axées sur le développement du secteur financier afin qu’il puisse contribuer pleinement au financement du développement du Gabon.

«La mission a confirmé que le FMI continuera à soutenir le Gabon pour relever ces défis. Le Conseil d'administration du FMI devrait examiner le rapport sur les consultations de 2012 au titre de l'Article IV au cours du mois de février 2013. La mission tient à remercier les autorités pour la chaleureuse hospitalité dont elle a bénéficié ainsi que pour leur coopération très étroite et constructive.»


1Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les autorités nationales sur l’évolution et les politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de base de discussion lors des délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est par la suite communiqué aux autorités du pays.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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