Une mission du FMI achève les entretiens relatifs aux consultations au titre de l’article IV avec la République du Congo

Communiqué de presse n° 13/167
Le 13 mai 2013

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Mbuyamu Matungulu a séjourné à Brazzaville du 29 avril au 13 mai 2013, pour mener les entretiens relatifs aux consultations de 2013 au titre de l’article IV. La mission a rencontré le Président du Sénat, M. Obami Itou, le Président de l’Assemblée nationale, M. Koumba, le Ministre d’État, Ministre de l’Économie, des finances, du plan, du portefeuille public et de l’intégration, M. Ondongo, le Conseiller spécial auprès du Président, M. Gokana, le Directeur national de la BEAC, M. Ondaye Ebauh, et d’autres hauts responsables. Elle s’est en outre entretenue avec les partenaires au développement et les représentants du secteur privé, y compris du secteur bancaire.

Au terme de la mission, M. Matungulu a rendu publique la déclaration suivante :

«En 2012, la croissance du PIB réel a rebondi à environ 4 % malgré un repli marqué de la production de pétrole. L’activité dans les secteurs non pétroliers a été soutenue, sous l’impulsion d’une augmentation des dépenses publiques suite à l’explosion du dépôt de munitions de mars 2012. La nette augmentation des dépenses a provoqué des tensions sur les prix, qui ont porté l’inflation en fin d’année à 7,5 % en raison par ailleurs de la réaction limitée de l’offre intérieure. Comme l’augmentation des dépenses publiques présentait une forte composante d’importations, le solde des transactions courantes est devenu négatif en 2012. La croissance du crédit est restée forte. Le déficit primaire de base hors pétrole s’est considérablement creusé du fait de l’expansion des dépenses publiques. Il a toutefois été inférieur aux projections car les dépenses d’équipement financées sur ressources intérieures ont été légèrement plus faibles que prévu.

«Malgré le recul continu de la production de pétrole, la croissance du PIB réel devrait se hisser à 5,8 % en 2013, grâce à la solide activité que continuent de connaître le BTP et les télécommunications, et à un timide démarrage de la production de minerai de fer. L’inflation est descendue à un taux moyen de -0.1 % en janvier-février 2013, et elle devrait rester modérée durant le reste de l’année à mesure que les tensions issues de l’explosion de 2012 s’estomperont progressivement. Le solde des transactions courantes devrait s’améliorer, mais le pays reste vulnérable aux fluctuations défavorables de l’environnement extérieur, notamment sur le plan des termes de l’échange. Par rapport à la loi de finances initiale, les projections budgétaires actuelles des services du FMI signalent une baisse des recettes pétrolières équivalant à 4,8 % du PIB hors pétrole, une révision à la baisse des dépenses publiques ainsi qu’un niveau beaucoup plus élevé que prévu d’apurement des arriérés intérieurs en faveur des secteurs sociaux. Le déficit budgétaire primaire de base hors pétrole devrait être contenu en dessous du niveau projeté, mais l’accumulation de dépôts de l’État auprès de la banque centrale devrait vraisemblablement être nettement inférieure aux chiffres prévus dans le budget de 2013. La mission a vivement préconisé un renforcement de la gestion de trésorerie et elle a examiné des objectifs budgétaires trimestriels pour le reste de l’année afin de réduire dans toute la mesure du possible les dérapages éventuels.

« Le programme de développement à moyen terme des autorités vise à promouvoir le développement du secteur privé, à faciliter la diversification des activités économiques et à assurer une croissance inclusive. Il souligne à juste titre la nécessité de préserver la stabilité macroéconomique, d’améliorer la gouvernance et la transparence ainsi que le climat des affaires, et d’accroître les investissements pour commencer à combler le vaste déficit d’infrastructures et de main d’œuvre qualifiée, tout en cherchant à avancer davantage sur le plan du rééquilibrage budgétaire. La mission encourage les autorités à accélérer les réformes pour améliorer la qualité des dépenses et salue l’implication de la Banque mondiale dans les efforts destinés à améliorer la gestion du programme d’investissement public et à accroître la productivité du budget de développement. Elle a souligné qu’il était important d’accélérer la mise en œuvre des réformes appuyées par la Banque mondiale pour améliorer le climat des affaires, y compris dans le secteur financier, et de déployer les systèmes de protection sociale envisagés. S’agissant de la gestion des ressources pétrolières, la mission a renouvelé ses appels en faveur de l’adoption rapide par le Parlement du projet de loi sur la transparence et la responsabilisation budgétaires, le pays ayant atteint le statut de conformité dans le cadre de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITEI) en février dernier. Dans la perspective de l’établissement des zones économiques spéciales, l’équipe des services du FMI a recommandé la prudence. La mission a notamment encouragé les autorités à s’abstenir d’accorder des incitations fiscales spéciales, et à miser surtout sur la modernisation des infrastructures, y compris le réseau électrique qui doit être renforcé, et la facilitation des procédures administratives. L’équipe des services du FMI a signalé sa préférence pour la mise en œuvre de réformes économiques propres à améliorer le climat des affaires pour tous, de manière à prévenir les abus. Elle a confirmé que le Congo présentait un faible risque de surendettement et a souligné qu’il était nécessaire de continuer à mener des politiques d’endettement prudentes afin de maintenir la viabilité de la dette à long terme dans l’environnement post-PPTE.

« La mission a examiné un cadre budgétaire à moyen et long terme qui vise à mettre les dépenses à l’abri des fluctuations des recettes pétrolières, assurer la viabilité du budget et de la dette tout en accompagnant la croissance et en maîtrisant les risques liés à la diminution des réserves pétrolières. Ce cadre prévoit une augmentation des investissements et une accumulation de richesses nettes qui devraient permettre de maintenir de bons niveaux des dépenses une fois que les ressources pétrolières seront épuisées. Selon le cadre convenu, près de 65 % du total des recettes pétrolières projetées pour 2013–2019 serviraient à financer les dépenses (à deux tiers en capital), et 35 % seraient épargnées; en outre, le déficit budgétaire primaire de base hors pétrole serait limité à 36.1 % du PIB non pétrolier d’ici 2015.

« Les autorités ont convenu qu’il était nécessaire d’améliorer la coordination de la gestion de la politique économique en mettant au point des mécanismes appropriés de suivi des réformes. Dans ce contexte, les services du FMI ont salué l’appui du gouvernement aux travaux en cours de revue du dispositif de mise en commun des réserves de la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC). Enfin, la mission a rappelé aux autorités les obligations légales du Congo au titre de l’article VIII, section 5, y compris l’obligation de fournir au FMI des données sur les réserves officielles de change.

« La mission exprime aux autorités sa profonde reconnaissance pour leur hospitalité. Une fois de retour à Washington, l’équipe préparera un document des services du FMI qui sera soumis à l’examen du Conseil d’administration».



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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