Déclaration au terme d’une mission du FMI au Cameroun

Communiqué de presse n° 13/171
Le 15 mai 2013

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Mario de Zamaróczy, a séjourné au Cameroun du 29 avril au 14 mai 2013 pour mener les consultations de 2013 au titre de l’article IV. La mission a rencontré le Premier Ministre, M. Philémon Yang ; le Ministre Secrétaire général de la Présidence, M. Ferdinand Ngoh Ngoh ; le Ministre des Finances, M. Alamine Ousmane Mey ; le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, M. Emmanuel Nganou Djoumessi ; plusieurs autres ministres, le Vice Gouverneur et le Directeur national de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), d’autres hauts responsables, et des représentants du secteur privé, du monde syndical, des organisations de la société civile et des partenaires pour le développement. Les entretiens ont porté sur l’évolution récente de la conjoncture économique et financière, le budget 2013 et les perspectives économiques pour 2013 et les années suivantes. Au terme de la mission, M. de Zamaróczy a rendu publique la déclaration suivante :

« Les évolutions macroéconomiques récentes ont été globalement conformes aux projections faites à l’automne 2012 lors de la dernière visite de la mission. La croissance économique a atteint 4,4 % en 2012 (contre 4,1 % en 2011) grâce au rebond de la production de pétrole. L’inflation a été modérée, la hausse des prix à la consommation ayant été de 2,4 % en 2012. Le crédit à l'économie est resté modéré et n'a augmenté que de 2,6 % environ.

Pendant la période à venir, la croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait s'accélérer pour s'établir à environ 4,8 % en 2013 et atteindre un rythme de 5,5 % par an à moyen terme, grâce à l'accroissement attendu de la production de pétrole et à l'augmentation prévue des investissements publics d'infrastructure. Cependant, il faudrait que la croissance économique se maintienne à un rythme plus élevé pour que le Cameroun atteigne son objectif de devenir un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l'horizon 2035.

Les entretiens entre les autorités et la mission ont porté sur les efforts qui sont mis en œuvre pour accélérer les réformes et placer le Cameroun sur une trajectoire de croissance plus forte, tout en atténuant les risques qui pèsent sur la stabilité macroéconomique et celle du secteur financier. La mission a recommandé de faire un suivi rapproché des investissements publics d'infrastructure pour en améliorer l’efficacité et la gouvernance. De même, il convient d’améliorer le climat des affaires afin de promouvoir la participation du secteur privé. La mission a trouvé encourageantes les mesures prises pour mettre en place le Comité national de la dette publique chargé de superviser la stratégie de financement des projets d'investissement public.

La mission a recommandé de revoir la composition des dépenses publiques pour aider à combler l'écart de financement en 2013 et de renforcer la gestion des finances publiques à moyen terme pour préserver leur viabilité à moyen terme et pour reconstituer l’espace budgétaire.

La mission a exprimé sa préoccupation au sujet des subventions aux carburants. La mission estime que ces subventions sont trop coûteuses et difficiles à justifier étant donné qu'une petite proportion seulement de ces subventions bénéficie aux pauvres. Par conséquent, la mission a encouragé les autorités à les supprimer progressivement et à les remplacer par des programmes de transferts sociaux mieux ciblés.

Le secteur financier camerounais est handicapé par un certain nombre de petites banques qui devraient faire l'objet sans délai d'une procédure de règlement. La mission a encouragé les autorités à prendre rapidement des mesures, en coopération avec la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC), pour protéger les déposants tout en limitant le coût budgétaire de ces mesures. La mission a encouragé les autorités à accélérer les réformes pour améliorer le climat du crédit. Elle a jugé encourageante la mise à la disposition, prévue en juin, des banques et des établissements de microfinance d’une nouvelle base de données pour l'évaluation de la solvabilité.

Le Conseil d’administration du FMI devrait en principe examiner le rapport sur les consultations de 2013 au titre de l’article IV avec le Cameroun en juin 2013. La mission souhaite remercier les autorités de leur chaleureuse hospitalité, de leur excellente coopération et de l’esprit constructif qui a marqué le dialogue. »



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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