Le conseil d’administration du FMI achève la cinquième revue de l’ISPE en faveur du Sénégal

Communiqué de presse n° 13/224
Le 21 Juin 2013

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé aujourd’hui la cinquième revue des résultats économiques du Sénégal dans le cadre du programme appuyé par l’Instrument de soutien à la politique économique (ISPE). La décision du Conseil a été prise selon la procédure du défaut d’opposition.1

L’ISPE a été approuvé par le Conseil d’administration le 3 décembre 2010 (voir le communiqué de presse No 10/469). Le cadre du FMI pour l’ISPE est conçu pour les pays à faible revenu qui ne nécessitent pas, ou ne souhaitent pas, une assistance financière du FMI mais ont néanmoins besoin de ses avis, du suivi et de l’aval de leurs politiques. L’ISPE est volontaire et repose sur une demande (voir la Note d’information au public No 05/145).

L’activité économique du Sénégal a repris en 2012 et les perspectives sont positives. Selon les estimations, la croissance aurait atteint 3,5%, tirée par un ferme rebond de l’agriculture après la sécheresse et, d’après les projections, elle devrait être portée à 4 % en 2013. L’inflation a été réduite à 1,4 % et devrait rester maîtrisée.

La mise en œuvre du programme a été satisfaisante. Tous les critères d’évaluation pour la fin de 2012 ont été satisfaits. En dépit de fortes moins values des recettes, l’objectif du déficit budgétaire de 5,9 % du PIB a été respecté grâce a une ferme maîtrise des dépenses. Le plafond indicatif sur la part de la valeur des marchés publics de gré à gré a été dépassé d’une marge relativement faible en septembre et en décembre 2012. La mise en œuvre des réformes structurelles a enregistré des progrès mitigés. Le guide d’évaluation des investissements publics a été finalisé et le nouveau code fiscal est entré en vigueur en janvier 2013 comme prévu. Les informations sur les transactions foncières de l’État en 2012 ont été publiées avec un léger retard. Le recensement des comptes bancaires — une mesure cruciale pour établir un compte unique du Trésor — a été achevé mais a pris plus longtemps que prévu.

La situation budgétaire subit des pressions imputables à des facteurs exogènes (en particulier, la situation au Mali) et au coût élevé des subventions énergétiques. C’est pourquoi il est envisagé de ralentir légèrement le rythme de réduction du déficit budgétaire envisagé pour 2013 (un déficit de 5,3 % du PIB, au lieu de 4,9 %) pour tenir compte de l’impact des chocs exogènes. Une nouvelle émission euro-obligataire devrait avoir lieu pour combler l’écart de financement et réduire le recours au financement à court terme sur le marché régional. Le maintien de l’objectif de ramener le déficit budgétaire en dessous de 4 % du PIB d’ici à 2015 est essentiel pour préserver la viabilité à long terme de la dette et rétablir les marges de manœuvre budgétaire.

Pour doper la croissance potentielle et la création d’emplois, il sera crucial d’accélérer la mise en œuvre du programme de réforme. Il est essentiel de réformer l’État afin d’assurer la viabilité budgétaire. La réforme du secteur énergétique est une composante clé de la promotion du développement du secteur privé et de l’amélioration du climat des affaires. Le soutien direct et indirect à la SENELEC a dépassé 2,5 % du PIB en 2012. Ces subventions mal ciblées sont un fardeau pesant sur le budget, elles évincent les dépenses prioritaires et n’ont pas réussi à placer le secteur de l’électricité sur une solide base financière. La situation devrait s’améliorer en 2013 grâce à une meilleure combinaison de la production énergétique, mais elle continuera de peser lourdement sur le budget. Il est par conséquent indispensable d’accélérer la mise en œuvre des réformes du secteur de l’électricité, notamment la réforme de la SENELEC, et de mettre en œuvre des projets d’investissement qui sont clés pour réduire durablement les coûts de production, les subventions d’électricité et le déficit budgétaire.


1 Le Conseil prend des décisions selon la procédure par défaut d'opposition lorsqu'il estime qu'une proposition peut être examinée sans convoquer une réunion formelle.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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