Déclaration à l’issue d’une mission des services du FMI en Haïti

Communiqué de presse n° 13/470
25 novembre 2013

Une mission du Fonds monétaire International (FMI) dirigée par M. Gabriel Di Bella a séjourné à Port-au-Prince du 6 au 15 novembre 2013 pour mener des entretiens relatifs à la septième revue du programme appuyé par un accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FCE)1. La mission a rencontré le Premier Ministre, M. Laurent Lamothe ; le Ministre de l'économie et des finances, M. Wilson Laleau ; le Gouverneur de la Banque de la République d'Haïti, M. Charles Castel ; d’autres hauts responsables du gouvernement, ainsi que des représentants du secteur privé et des partenaires au développement. Au terme de la visite, M. Di Bella a fait la déclaration suivante :

« Les données provisoires indiquent que le produit intérieur brut (PIB) s’est accru d’environ 4 % au cours de l’année fiscale 2013 sous l’effet de la reconduction des dépenses de reconstruction, d’un accroissement des exportations de textile, et d’un résultat meilleur que prévu pour l'agriculture. L'inflation, qui avait culminé à près de 8 % après la sécheresse et les ouragans de l'année précédente, s’est établie à 4,5 % au terme de l’année fiscale 2013, en raison d’une stabilisation des prix des matières premières, et d’un resserrement de la politique monétaire plus tôt dans l'année. Le déficit budgétaire s’est avéré plus important que programmé, en grande partie en raison de transferts plus élevés à l'EDH (Électricité D’Haïti), l'entreprise publique d'électricité. Les recettes domestiques étaient en ligne avec les prévisions effectuées lors de la sixième revue.

« Le programme de réformes structurelles a progressé depuis la sixième revue. En particulier, des mesures importantes ont été prises vers la création d'un compte unique du Trésor (CUT), qui renforcera l'efficacité des dépenses, la maitrise et la gestion de la trésorerie. Cependant, des tâches portant sur des réformes complémentaires doivent être hâtées pour que le CUT soit mis en place avant la fin de l'exercice fiscal 2014.

« Le gouvernement d'Haïti et la mission ont réaffirmé leur accord sur les objectifs économiques et les objectifs de la réforme atteints lors de la sixième revue. Pour l’année fiscale 2014, les prévisions situent l’inflation à un niveau moyen à un chiffre et la croissance du PIB, aux alentours des niveaux observés pour l’année fiscale 2013. La mission et les autorités haïtiennes ont évoqué un certain nombre de risques entourant ces prévisions, et la mission a recommandé qu’un dispositif tampon - sous forme de dépôts de l’administration centrale auprès du système bancaire - soit maintenu à un degré suffisant pour permettre des interventions en cas de survenance de risques climatiques où d'autres natures. La mission a également affirmé que les efforts pour lutter contre la fraude fiscale devraient redoubler afin d'assurer une perception des recettes plus vigoureuse, ce qui semble essentiel pour compenser une baisse progressive de l'aide étrangère. Du côté des dépenses, les subventions à l'EDH sont très coûteuses ; ainsi, créer les conditions de l’amélioration de la situation financière du secteur de l'électricité reste essentiel pour dégager des ressources pour les dépenses sociales et d'infrastructures. En outre, la consolidation continue de la gestion des finances publiques permettra d’associer plus efficacement les dépenses publiques, la croissance et la réduction de la pauvreté.

« La mission tient à remercier les autorités de leur hospitalité et l’esprit de franchise qui ont prévalu tout au long du séjour. Les services du Fonds et les autorités haïtiennes vont poursuivre leurs travaux durant les prochaines semaines dans le but de finaliser les discussions qui s’inscrivent dans le cadre de la septième revue de l'ECF, de manière à présenter les documents correspondants pour examen par la Direction du Fonds et le Conseil d'administration d’ici la fin du mois de février  »


1 La Facilité élargie de crédit (FEC) a remplacé la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le Fonds pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des niveaux d'accès plus élevés au financement, des conditions de concours plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0%, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance finale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.



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