Déclaration de la mission du FMI au terme d’une visite en Tunisie

Communiqué de presse n°13/482
Le 2 décembre 2013

A l’initiative des autorités tunisiennes, une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Amine Mati a séjourné à Tunis du 12 au 27 Novembre 2013 dans le cadre de la première et deuxième revue du programme économique et de réformes appuyé par un accord de confirmation de 24 mois approuvé en faveur de la Tunisie par le Conseil d'administration du FMI le 7 juin 2013. Cet accord appuie le programme de réformes de la Tunisie sur la période 2013-2015 visant à préserver les marges de manœuvre budgétaire et extérieure, encourager une croissance plus forte et inclusive et protéger les couches les plus vulnérables.

A la fin de son séjour, M. Mati a rendu publique la déclaration suivante :

« La mission a eu des échanges fructueux avec M. Le Premier Ministre, et plusieurs hauts responsables du gouvernement et de la Banque Centrale de Tunisie. Elle s’est également entretenue avec des représentants du secteur bancaire, du secteur privé, des syndicats, des partis politiques, des bailleurs de fonds et de la société civile. La mission a discuté de l’avancement du programme économique et de réformes du gouvernement, de la situation économique et financière du pays et des défis à relever, et des meilleurs moyens pour le FMI de continuer à soutenir la Tunisie dans son processus de transition. 

« Au cours des derniers mois, des chocs exogènes et endogènes importants ont posé de sérieux défis à l’économie tunisienne. La longue gestation du processus transition politique ainsi que des incidents sécuritaires ont eu un impact négatif sur la confiance dans l’économie tunisienne, se traduisant par un ralentissement de la croissance, un retard dans la mise en place des réformes et un prolongement de l’attentisme des investisseurs. 

« Ainsi, en 2013, la reprise de l'économie tunisienne s’est poursuivie à un rythme plus faible que prévu, avec un taux de croissance réel estimé à 2,7 %, tiré par les services publics et privés. L’inflation globale s’est réduite à 5,8% à fin octobre (glissement annuel) et les tensions inflationnistes devraient continuer à s’atténuer pour se situer à 5,5 % à la fin de l’année suite à un ralentissement de la hausse des prix des produits alimentaires et grâce à une politique monétaire prudente. Le déficit des transactions courantes continue à se creuser et restera autour de 8,2% en 2013, suite aux faible niveau des recettes touristiques conjugué à à la demande extérieure déprimée de biens tunisiens. Quant au déficit budgétaire, il se creuserait à 8,8% du PIB (sur base caisse, hors dons et produit des privatisation) en 2013, suite à l’augmentation des subventions énergétiques, des paiements d’arriérés plus élevés que prévus ainsi que des dépenses additionnelles relevant du budget de l’année 2012 mais payées pendant la période complémentaire.

«Les risques à court terme pour les perspectives de l’économie tunisienne sont importants et de tendance baissière. Pour faire face aux défis importants que connait la Tunisie, des actions immédiates et urgentes sont nécessaires pour maitriser les déficits budgétaire et extérieur, réduire les vulnérabilités du secteur bancaire, et générer une croissance plus élevée et inclusive qui puisse absorber le chômage et réduire les disparités sociales et économiques.

«Un rééquilibrage vers plus de consolidation budgétaire – tout en préservant les dépenses sociales prioritaires et les investissements publics générateurs de croissance – ainsi que poursuite d’une politique monétaire plus restrictive, et une politique de change plus flexible sont essentiels pour préserver la stabilité macroéconomique. Par ailleurs, il est essentiel d’accélérer davantage la mise en œuvre du programme de réformes du gouvernement pour générer une croissance plus élevée et inclusive, y compris à travers la réforme du secteur bancaire, la mise en œuvre de nouvelles procédures de passation de marché, du nouveau code d’investissement, et de l’adoption d’un programme d’appui aux ménages vulnérables.

« Les discussions pour compléter la première et deuxième revues du programme sont à un stade très avancé. Le FMI reste pleinement déterminé à appuyer la Tunisie à travers son concours financier, des conseils en matière de politique économique et financière et l’assistance technique.

« La mission tient à remercier les autorités et ses différents interlocuteurs pour l’accueil chaleureux, l’excellente organisation des rencontres, et des entretiens francs et fructueux.»



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