Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2013 au titre de l’article IV avec le Togo

Communiqué de presse n° 13/514
Le 16 décembre 2013

Le 6 décembre 2013, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Togo1.

Le Togo a consolidé les récentes avancées en matière de croissance économique, mais des défis majeurs restent à relever en matière d’accélération des réformes économiques et de réduction de la pauvreté.

Le Togo a accompli des progrès importants en matière de stabilité macroéconomique. La croissance économique réelle s’est accélérée, passant de presque 4½ % en 2010-11 à 5¾ % en 2012-13, grâce au dynamisme de l’agriculture, du secteur minier, ainsi que du bâtiment et des travaux publics, en particulier dans les infrastructures de transport. La croissance est allée de pair avec une augmentation du déficit des transactions extérieures courantes, qui a été financé principalement à travers des investissements directs étrangers. L’inflation a été faible, légèrement en deçà de 2½ % en moyenne sur la période 2012-13.

Du fait des pressions liées aux élections, la politique budgétaire s’est détériorée en 2012 et au début de l’année 2013, avec l’adoption de budgets expansionnistes, entrainant des déficits de financement. A la mi-2013, les autorités ont pris des mesures correctives vigoureuses, notamment en adoptant un budget révisé. Ces mesures ont placé le Togo sur une trajectoire d’assainissement budgétaire, axée sur une amélioration du solde primaire de base; ce qui pourrait conduire à une baisse progressive de la dette.

Sur le plan budgétaire, des défis portent sur une meilleure priorisation des projets d’investissement public, la réduction des subventions sur les carburants et la maîtrise de la masse salariale du secteur public, afin de créer l’espace budgétaire nécessaire pour accroître les dépenses sociales ainsi que les dépenses d’infrastructures. De manière plus générale, il est nécessaire de formuler des budgets annuels dans le cadre d’une politique budgétaire à moyen terme et d’améliorer la gestion de la dette publique pour assurer durablement le maintien de sa viabilité.

Au niveau des réformes structurelles, les progrès se sont accélérés récemment avec la redynamisation du programme de réforme de la gestion des finances publiques et le projet de mise en place d’une nouvelle administration de recouvrement des recettes résultant de la fusion des administrations des impôts et des douanes. La nouvelle structure proposée pourrait offrir l’opportunité pour moderniser l’efficience de l’administration des recettes et accroître les revenus, en rapprochant les structures, les activités et les processus de gestion des normes internationales modernes.

La pauvreté a diminué entre 2006 et 2011. Cependant, la croissance n’a pas été inclusive et la distribution des revenus s’est dégradée. En fait, la pauvreté a augmenté dans les zones rurales, alors qu’elle a diminué, à tous les niveaux de revenus, dans la région de la capitale où la croissance économique se concentre pour l’essentiel. Les migrations internes ont contribué à réduire la pauvreté.

Il existe des obstacles majeurs à une croissance soutenue et durable. En particulier, les facteurs critiques concernent les goulets d’étranglement dans les infrastructures, surtout dans les secteurs de l’électricité et des transports, le coût élevé des télécommunications et la faiblesse générale du climat des affaires.

Le secteur financier du Togo s’est développé et ses indicateurs agrégés sont solides. Deux banques publiques ont été privatisées, de nouvelles banques développent leurs activités et le secteur de la microfinance progresse rapidement. L’objectif de l’État reste de se désengager du secteur bancaire. Cependant, certaines banques rencontrent des difficultés et les autorités ont pris des mesures initiales pour freiner la détérioration des actifs. Le dispositif de contrôle du secteur de la microfinance doit être amélioré, la réglementation des agréments doit être appliquée et les schémas pyramidaux financiers doivent être fermés.

Évaluation par le Conseil d’administration2

Les administrateurs félicitent les autorités d’avoir maîtrisé le déficit budgétaire et d’avoir placé le pays sur une trajectoire d’endettement viable. Ils soulignent qu’il importe d’améliorer la gestion de la dette et de chercher des financements à des conditions compatibles avec la viabilité de la dette. Pour dégager un espace budgétaire permettant d’accroître les dépenses sociales et les dépenses d’infrastructures, les administrateurs préconisent de réduire progressivement les subventions sur les carburants mal ciblées et de freiner la croissance des salaires dans le secteur public. Ils notent qu’il sera nécessaire d’améliorer le financement et la gestion des projets pour favoriser une augmentation de l’investissement public. Les administrateurs recommandent aussi d’appliquer promptement les réformes budgétaires prévues depuis longtemps, notamment la mise en place d’un compte unique du Trésor et d’une nouvelle administration fiscale, qui devrait permettre d’améliorer l’administration et la collecte des recettes.

Les administrateurs prennent note des progrès accomplis dans le développement du secteur financier. Néanmoins, ils soulignent qu’il convient d’en intensifier la surveillance et de trouver des solutions pour les banques en difficulté. En particulier, ils appellent à surveiller de plus près les établissements de microfinance et à continuer de restructurer les banques publiques.

Les administrateurs conviennent qu’il reste essentiel d’opérer des réformes structurelles pour améliorer la compétitivité et réduire la pauvreté. Dans ce contexte, ils encouragent les autorités à s’attaquer aux goulets d’étranglement dans le secteur de l’énergie, à conduire la réforme des entreprises publiques et à continuer d’améliorer le climat des affaires. Priorité doit être également accordée aux politiques plus efficaces dans la réduction de la pauvreté, ainsi qu’à la productivité et l’emploi dans le secteur agricole.

Les administrateurs notent avec satisfaction que les autorités ont l’intention de continuer de collaborer étroitement avec le FMI, notamment sous la forme d’un éventuel programme appuyé par l’institution et d’une assistance technique continue dans les principaux domaines de réforme.

Il est prévu que la prochaine consultation au titre de l’article IV avec le Togo se déroule selon le cycle standard de 12 mois.


Togo : principaux indicateurs économiques, 2010–13
 
 
  2010 2011 2012 2013 2014
      Est. Proj. Proj.
 
(Variation annuelle en pourcentage)  

Revenu et prix

         

PIB à prix constants

4,1 4,8 5,9 5,6 6,1

Indice des prix à la consommation (moyenne)

1,4 3,6 2,6 2,2 2,4

Taux de change effectif réel (- = dépréciation)

-6,0 0,7 -4,0
           

Monnaie et crédit

         

Avoirs extérieurs nets1

3,0 4,4 -2,1 -3,1 -2,4

Monnaie au sens large (M2)

16,3 15,9 8,9 15,9 9,5

Crédit au secteur non public1

10,3 20,5 11,6 10,0 6,6

Crédit à l’État1

4,3 -5,6 3,7 2,0 0,7
(En pourcentage du PIB)  

Investissement et épargne

         

Investissement intérieur brut

18,9 18,6 19,1 20,3 21,1

Épargne nationale brute

12,6 9,6 7,3 9,7 10,2
           

Secteur extérieur

         

Solde des transactions extérieures courantes

-6,3 -9,1 -11,8 -10,6 -10,9

Balance commerciale

-14,3 -15,4 -15,7 -16,2 -16,3
           

Finances de l’administration centrale se

         

Total des recettes et dons

20,4 20,4 19,8 22,7 23,0

Dépenses et prêts nets

22,5 23,8 26,4 28,1 27,6

Solde primaire intérieur2

1,7 -1,6 -2,0 -0,7 0,0

Solde global (base caisse, y compris dons et variations des arriérés)

-4,3 -3,5 -7,2 -6,3 -5,3
 

Sources : autorités togolaises ; estimations et projections des services du FMI.

 

1 Variation en pourcentage de la monnaie au sens large en début de période.

 

2 Total des recettes moins dépenses primaires courantes, dépenses d’équipement financées sur ressources intérieures et prêts nets.

 

1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration.

2 À l'issue des délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés du Conseil d’administration à l’adresse suivante : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.



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