Le Conseil d’administration du FMI achève la septième revue de l’accord ISPE avec le Sénégal

Communiqué de presse n° 14/300
Le 24 juin 2014

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé aujourd’hui la septième revue des résultats économiques obtenus par le Sénégal dans le cadre du programme appuyé par l’Instrument de soutien à la politique économique (ISPE). Le Conseil a adopté sa décision selon la procédure du défaut d’opposition1.

Le programme ISPE a été approuvé par le Conseil d’administration le 3 décembre 2010 (voir communiqué de presse 10/469). L’ISPE a été conçu par le FMI pour les pays à faible revenu qui n’ont pas besoin de son aide financière, ou ne veulent pas y recourir, mais qui souhaitent bénéficier de ses conseils ainsi que du suivi et de la validation de leurs politiques par le FMI. Le recours à l’ISPE est volontaire et accordé uniquement à la demande du pays membre (voir note d’information au public 05/145).

La croissance du PIB a été plus faible que prévu en 2013, les premières estimations des autorités faisant état d’un taux de croissance de 3,5 %, en raison de la baisse de la production agricole et de problèmes temporaires dans les secteurs industriel et minier. En revanche, le secteur des télécommunications et celui de la construction ont fait preuve de dynamisme. L’inflation est descendue à 0,7 % en moyenne grâce à la détente des prix des produits de base agricoles sur les marchés internationaux. Selon les projections, la croissance économique devrait atteindre 4,9 % en 2014 sous l’effet du regain d’activité dans les secteurs agricole, minier et industriel. L’inflation resterait modérée.

La mise en œuvre du programme a donné des résultats contrastés. Tous les critères d’évaluation quantitatifs ainsi que tous les objectifs indicatifs sauf un pour fin 2013 ont été observés, y compris en ce qui concerne le déficit budgétaire, et ce bien que les recettes aient été nettement inférieures au niveau prévu. Cependant, la mise en œuvre des réformes structurelles a été lente de sorte que plusieurs repères ont été atteints après les délais fixés.

L’intention des autorités de continuer à réduire le déficit budgétaire en le ramenant de 5,5 % du PIB en 2013 à 5,1 % en 2014 est bienvenue. De gros efforts seront nécessaires du côté des recettes pour compenser en partie les moins-values de 2013. L’examen récent des dépenses courantes et des dépenses en capital, qui visait à recenser les dépenses les moins productives qui peuvent être rationalisées, est une mesure avisée qui aidera à améliorer l’efficacité des dépenses publiques et à aligner le budget sur les priorités de la nouvelle stratégie de croissance. Des efforts devront être faits pour améliorer la transparence des finances publiques et rendre les comptes budgétaires plus lisibles. À cet égard, il est hautement souhaitable d’accélérer la mise en œuvre des directives de l’UEMOA relatives à la gestion des finances publiques ainsi que le plan de réforme des agences publiques, qui a été approuvé fin 2013. L’engagement des autorités à accroître la transparence en étant plus explicite sur le coût de certains transferts et subventions, en particulier ceux qui sont destinés au secteur de l’énergie, et en diffusant des informations sur la mise en œuvre de la réforme des agences publiques, est lui aussi bienvenu.

La nouvelle stratégie de croissance des autorités — Le Plan Sénégal Émergent — offre un bon diagnostic et une vision pour le pays. Sa mise en œuvre devrait être facilitée par une adhésion au plus haut niveau et un large soutien de la communauté internationale. Il y a lieu de saluer la ferme volonté réaffirmée par les autorités de préserver la viabilité des finances publiques. Compte tenu des résultats médiocres de ces dernières années en matière de productivité, les autorités devraient s’attacher davantage à rehausser l’efficience économique qu’à accroître le volume des investissements. À cet égard, il est essentiel d’accélérer les réformes pour améliorer le climat des affaires et de procéder à une réforme de fond de l’État. La réforme de l’État aiderait aussi à dégager l’espace budgétaire nécessaire pour accroître les investissements publics sans compromettre la viabilité des finances publiques.


1 Le Conseil d’administration prend des décisions par défaut d’opposition lorsqu’il convient qu’une proposition soumise à son examen peut être adoptée sans qu’il soit nécessaire de convoquer une réunion formelle à cet effet.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

Relations publiques    Relations avec les médias
Courriel : publicaffairs@imf.org Courriel : media@imf.org
Télécopie : 202-623-6220 Télécopie : 202-623-7100