Le Conseil d’administration du FMI achève les première et deuxième revues de l’accord de confirmation en faveur de la Tunisie et approuve un décaissement de 506,7 millions de dollars

Communiqué de presse No.14/32
30 janvier 2014

Le 29 janvier 2014, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les première et deuxième revues des résultats économiques enregistrés par la Tunisie dans le cadre d’un programme biennal appuyé par un accord de confirmation. L’achèvement des revues ouvre la voie au décaissement immédiat de 329,1 millions de DTS (soit environ 506,7 millions de dollars), ce qui porte le montant total des décaissements à 427,9 millions de DTS (soit environ 658,8 millions de dollars).

L’accord de confirmation de 24 mois d’un montant de 1,146 milliard de DTS (soit environ 1,76 milliard de dollars et 400 % de la quote-part de la Tunisie au FMI) a été approuvé par le Conseil d’administration le 7 juin 2013 (voir communiqué de presse No. 13/202).

En achevant les première et deuxième revues, le Conseil d’administration a approuvé la demande de dérogations présentée par les autorités pour non observation des critères de réalisation relatifs aux réserves internationales nettes (RIN) et aux avoirs intérieurs nets (AIN), au vu des mesures correctives entreprises. Une dérogation d’application a été accordée pour l’objectif de solde budgétaire primaire à fin décembre car les données définitives ne sont pas encore disponibles.

Suite aux délibérations du Conseil sur la Tunisie, Mme Nemat Shafik, Directrice générale adjointe et Présidente par intérim, a déclaré ce qui suit :

«La Tunisie traverse une période de transition politique prolongée et doit faire face à un environnement national et régional délicat. En dépit de cela, l’économie a maintenu le cap de la croissance, certes à un rythme modéré, les tensions inflationnistes sont maîtrisées et la situation extérieure s’est stabilisée. La récente adoption d’une nouvelle constitution et la formation d’un nouveau gouvernement pour organiser les prochaines élections sont d’importants pas en avant.

«Les résultats enregistrés dans le cadre du programme appuyé par le FMI ont été mitigés. La diminution du financement extérieur a pesé sur les objectifs de réserves, et en raison des besoins élevés en liquidités une des cibles monétaires n’a pas été atteinte. Le déficit primaire à fin décembre a été inférieur au niveau programmé, principalement à cause d’une sous-exécution du budget et d’un report de paiements. Les réformes structurelles ont progressé, mais à un rythme lent.

«Le rééquilibrage budgétaire pour 2014 a été reporté pour dégager une marge de manœuvre en faveur des dépenses propices à la croissance, mais il demeure essentiel pour atténuer les facteurs de vulnérabilité. Il convient de saluer l’augmentation des tarifs de l’électricité et les mesures d’accompagnement adoptées pour protéger les ménages pauvres. Une réduction plus poussée des subventions énergétiques et une maîtrise rigoureuse de la masse salariale permettront d’améliorer la situation budgétaire et de renforcer la composition du budget. Les réformes relatives aux recettes et à la gestion des finances publiques seront également utiles à cet égard. Un travail plus soutenu s’impose pour éviter la sous-exécution des programmes d’investissement public et des programmes sociaux, lesquels sont importants pour promouvoir la croissance.

«La politique monétaire pourrait être durcie davantage en cas de dégradation des perspectives d’inflation et des tensions sur le taux de change. Le mécanisme de transmission de la politique monétaire se verra renforcé par la suppression du plafonnement des taux bancaires débiteurs. Une plus grande souplesse du taux de change est également importante pour renforcer les réserves.

«Il convient de s’attaquer de manière résolue aux vulnérabilités du système bancaire. Nous saluons les mesures récemment adoptées pour améliorer l’information financière, renforcer la supervision bancaire et réformer la gouvernance des banques publiques. Une vision stratégique pour les banques publiques, la mise en place d’une société de gestion d’actifs et le déploiement d’un nouveau dispositif de résolution bancaire sont des priorités fondamentales.

«Il est nécessaire d’accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles pour combattre le chômage. La mise en place d’un dispositif de protection sociale bien ciblé face à la suppression progressive des subventions énergétiques permettrait de protéger les couches de population les plus vulnérables et de réduire les inégalités».



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