Partenariat et reprise Le chemin partagé vers la stabilité et la croissance mondiales

Discours liminaire du Nikkei Symposium
prononcé par Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international
Tokyo, vendredi 6 juillet 2012

Texte préparé pour l’intervention

Bonjour, je suis ravie de me retrouver à Tokyo. Je tiens à remercier sincèrement M. Tsuneo Kita, Président-Directeur général de la Nikkei Corporation, d’avoir accueilli cette rencontre aujourd’hui. Je suis en outre profondément touchée par les aimables paroles du Ministre des Finances, M. Azumi.

À chacune de mes visites, j’ai été accueillie avec la même hospitalité, chaleur et générosité d’esprit du peuple japonais. Cette fois-ci, mon séjour est en outre marqué d’un signe particulier.

Nous célébrons en effet cette année un événement très spécial, les soixante années de partenariat du Japon avec le Fonds monétaire international. Soixante années durant lesquelles le Japon a été un ami fidèle et un partenaire dévoué de la communauté internationale.

Durant ces décennies partagées, le Japon a toujours témoigné du sens de la communauté, d’un élan de générosité et d’un attachement indéfectible à la force du multilatéralisme.

Aujourd’hui, alors que nous sommes confrontés à la pire des crises financières que le monde ait connue depuis la Grande Dépression, cet état d’esprit est plus nécessaire que jamais.

Les paroles de Haruki Murakami doivent nous inspirer : «Nous trouverons la force de vaincre dans la conviction que notre esprit et celui de l’autre sont éminemment uniques et irremplaçables, et dans la chaleur de leur union».

En octobre prochain, Tokyo accueillera l’Assemblée annuelle de 2012 du FMI et de la Banque mondiale; la communauté internationale s’y donnera rendez-vous pour traiter des défis économiques les plus pressants de la planète. L’esprit collectif doit nous guider vers la reprise.

L’esprit de kizuna(絆) — dont a fait preuve le peuple japonais face à la tragédie du séisme et du tsunami qui ont frappé le Grand Est du pays — symbolise ce dont le monde a particulièrement besoin aujourd’hui.

Je souhaiterais aborder trois questions :

  • Premièrement, les principaux défis que doit relever l’économie mondiale;
  • Deuxièmement, la plus grande coopération qui s’impose face à ces défis;
  • Troisièmement, le rôle du Japon comme membre indispensable de la communauté mondiale.

I.  Les principaux défis économiques

Je commencerai par la question qui nous intéresse au premier chef : les efforts consentis par l’économie mondiale pour se libérer des chaînes de la crise financière.

Durant ces derniers mois, les perspectives se sont, hélas, dégradées. Nombre d’indicateurs d’activité économique — investissement, emploi, production — sont en repli, en Europe ou aux États-Unis, mais aussi dans de grands pays émergents comme le Brésil, la Chine ou l’Inde.

La mise à jour des perspectives économiques mondiales, que le FMI rendra publique dans dix jours, donne des prévisions de croissance mondiale quelque peu inférieures à ce qui était projeté il y a tout juste trois mois. Qui plus est, ces prévisions partent de l’hypothèse d’une mise en œuvre de politiques appropriées.

Certes, des efforts extraordinaires ont déjà été réalisés. Je pense à l’Europe. La BCE a pris des mesures pour dissiper les tensions de financement pesant sur le système bancaire et le dispositif européen de protection financière a été élargi. La semaine dernière, les dirigeants européens se sont accordés sur d’importantes initiatives qui vont dans la bonne direction pour parer à la crise immédiate, ce qui est encourageant.

Cela dit, il faudra encore redoubler d’efforts pour surmonter la crise de manière décisive et éviter les effets pernicieux pour la stabilité et la croissance. Pas uniquement en Europe, mais dans le monde entier.

Ne nous y trompons pas : il s’agit d’une crise mondiale.

Dans le monde interdépendant qui est le nôtre, nous ne pouvons plus nous cantonner aux frontières nationales. La crise déjoue les frontières et frappe à toutes les portes.

Les risques sont présents dans toutes les régions du monde — en Europe, aux États-Unis, mais ici aussi, en Asie et au Japon.

Bien entendu, le Japon et la région ont jusqu’à présent enregistré des résultats remarquables. Depuis 2008, l’Asie a contribué pour plus de la moitié à la croissance économique mondiale.

Mais cela ne veut pas dire que l’Asie soit à l’abri.

Les effets de débordement provenant d’Europe sont de plus en plus palpables. Plusieurs pays d’Asie sont déjà touchés, à en juger par le repli des cours boursiers, les sorties de capitaux et le creusement des écarts de taux. 

S’agissant du Japon, deux risques attirent particulièrement notre attention :

  • Les tensions à la hausse sur le yen, du fait de la quête persistante de sécurité, pourraient compromettre la croissance de l’économie japonaise.
  • La part de vos exportations vers l’Europe étant importante, une aggravation de la crise sur ce continent pèserait lourdement sur la croissance.

De la même manière que les pays au cœur de la crise doivent s’employer à la surmonter, les autres doivent s’en prémunir. Personne n’est à l’abri.

II.  Les solutions passent par la coopération et le partenariat

J’en viens à la deuxième partie de mon propos : pour être efficaces, les solutions doivent s’appuyer sur la coopération.
Qu’est-ce que cela signifie dans la pratique?

Il ressort des études du FMI qu’un renforcement coordonné des politiques dans l’ensemble des pays du G-20 pourrait relever le PIB mondial de 7 % et créer 36 millions d’emplois à moyen terme, à l’heure où le chômage mondial a atteint des proportions de crise.

«La totalité est plus que la somme des parties» disait Aristote. Aujourd’hui, plus que jamais, le monde à besoin d’appréhender la «totalité».

L’idée que l’action collective profite à l’ensemble — fondement du processus d’évaluation mutuelle du G-20 — est au cœur de la démarche que le FMI préconise depuis un certain temps.

Le FMI joue en effet un rôle de plus en plus important, qui consiste à mettre en lumière les interconnexions entre pays et à expliquer en quoi les politiques mises en œuvre dans l’un d’entre eux peuvent agir sur les autres. C’est là l’objet de nos analyses sur les «effets de contagion».

Nous avons récemment vu plusieurs exemples de pays soucieux de ces interconnexions, au plan intra et interrégional. En somme, nous avons vu le travail de coordination à l’œuvre.

Prenons le cas tout à fait récent de l’Europe. Le Sommet européen de la semaine dernière a jeté les bases d’une union bancaire — un dispositif de contrôle unifié. Certes, d’autres ingrédients sont nécessaires et la mise en pratique ne sera pas sans heurts. Mais il ne fait aucun doute que la poursuite de ces mesures coordonnées contribuera à rétablir durablement la confiance dans la zone euro.

N’oublions pas l’Asie, et l’attachement renouvelé à un type de collaboration qui lui est propre : j’en veux pour preuve la récente décision de doubler la taille de la Multilatéralisation de l’Initiative de Chiang Mai et d’étendre l’utilisation de ce dispositif pour la prévention des crises.

Ce sont là des étapes importantes vers l’objectif ultime : celui d’une stabilité et d’une croissance durables, d’une stabilité et d’une croissance partagées. Dans cette perspective il faudra une action coordonnée pour briser les principaux maillons de la chaîne de la crise : faiblesse des États, faiblesse des banques, faiblesse de la croissance.

Nous devons briser ces trois maillons.

Premièrement, les États doivent regagner leur force.

Les pays doivent s’attaquer résolument à la dette publique. Dans trop de pays avancés elle pèse lourdement sur la croissance.

Il est essentiel de réduire les déficits, et les pays qui subissent les assauts des marchés n’ont d’autre choix que de le faire dès à présent. Les autres auront cependant la possibilité d’opérer un ajustement plus graduel, à un rythme qui ne compromette pas la reprise.

Les États-Unis, en particulier, ne doivent ménager aucun effort pour éviter la chute de ce que d’aucuns ont appelé la «falaise budgétaire». Cette image désigne l’expiration des allégements fiscaux et les réductions automatiques de dépenses prévues pour l’exercice prochain qui provoqueraient une contraction brutale du budget de quelque 4 %. Cela compromettrait la reprise, non seulement aux États-Unis, mais aussi dans le monde entier.

Comme je viens de le signaler, l’Europe doit donner suite aux importantes initiatives qui ont été prises. Il faut notamment que la coopération budgétaire aille plus loin.

Et même dans les pays où l’ajustement budgétaire peut être plus modéré à court terme, l’action doit s’appuyer sur des engagements crédibles à moyen terme de réduction de la dette publique. C’est une priorité pour les États-Unis et pour l’Europe, mais aussi pour le Japon.

À cet égard, la récente adoption par la chambre basse du parlement japonais de la loi relative à la taxe sur la consommation est un signe très positif, et il est essentiel qu’elle soit mise en application comme prévu.

Deuxièmement, il faut réparer et réformer le secteur financier.

Outre celle de l’État, il faut aussi rétablir la santé du secteur financier. Ce dernier doit de nouveau accompagner l’économie, et non la déstabiliser, il doit se remettre à fonctionner, au lieu de dysfonctionner, et il doit renouer avec sa vocation de service au lieu de se limiter à la quête du gain.

J’insiste, nous ne devons pas perdre de vue l’objectif principal : il nous faut des établissements financiers suffisamment solides, capables de fournir à nos économies le crédit dont elles ont besoin pour alimenter la croissance et créer des emplois.

Il y a certes eu des progrès. Je citerai par exemple les accords ayant trait au dispositif de Bâle III, ou bien encore les importantes mesures adoptées par le Conseil de stabilité financière, notamment le traitement explicite et détaillé des questions relatives aux établissements d’importance systémique et aux marchés de dérivés hors cote.

La réforme du secteur financier est un domaine où l’Asie a pris les devants. De ce fait, les banques ont des bilans beaucoup plus sains que dans d’autres régions du monde. D’ailleurs les banques locales ont été en mesure de prendre le relais après le départ de certains établissements de la zone euro.

Le système financier mondial est-il pour autant plus sûr aujourd’hui qu’il ne l’était avant la chute de Lehman? Abstraction faite des progrès réalisés en Asie, je répondrais «pas encore».

Sans entrer dans les détails, le FMI a tracé les axes de la démarche qui lui semble nécessaire : meilleure réglementation, contrôle plus solide et incitations appropriées pour le secteur privé. Cette démarche doit par ailleurs être coordonnée entre établissements, entre marchés et entre pays.

Troisièmement, il faut promouvoir une croissance durable.

Les États et les établissements financiers doivent recouvrer leur santé pour remettre en marche le moteur de la croissance. Mais pour produire l’étincelle, il est essentiel de mener à bien l’objectif du G-20 en faveur d’une croissance solide, durable et équilibrée. J’ajouterai que cette croissance doit également être solidaire et génératrice d’emplois.

Les réformes structurelles sont essentielles à cet égard, sur les marchés du travail, des produits et des services. Les programmes appuyés par le FMI prévoient ce type de réformes et — le cas échéant — un dialogue rapproché avec les partenaires sociaux, y compris les syndicats.

L’Asie a manifestement réussi à entretenir la dynamique de la croissance, et ce malgré la crise mondiale. En fait, l’Asie a impulsé la reprise mondiale.

La région a accompli cela grâce à des réformes soutenues qui, entre autres choses, ont permis de rétablir la santé du secteur privé. Les ratios dette/fonds propres ont chuté de deux tiers durant la dernière décennie, d’où un renforcement des bilans des entreprises.

Par-delà l’action visant à préserver la santé des économies nationales, l’Asie a un rôle crucial à jouer dans le rééquilibrage de l’économie mondiale tant nécessaire à la reprise et à une croissance durable.

La diminution des excédents commerciaux dans certains pays d’Asie constitue, par exemple, un signe prometteur. Mais le rééquilibrage issu de la crise ne suffit pas. Les pays doivent continuer de renforcer la demande intérieure. Le passage, en Chine, à une croissance tirée par la consommation et l’amélioration des conditions de l’investissement privé dans beaucoup de pays de l’ASEAN sont de bons exemples.

Les dirigeants asiatiques reconnaissent que ce type de rééquilibrage ne profite pas uniquement à la région, mais aussi au monde entier. Ils reconnaissent en outre qu’il ne suffit pas de rééquilibrer la croissance, mais qu’il faut mieux l’équilibrer.

Les responsables asiatiques, et du reste les décideurs du monde entier, ont aussi à l’esprit la question d’une croissance plus solidaire. Les progrès sur ce front — par exemple, sous la forme d’une augmentation des dépenses de protection sociale ou du renforcement de l’inclusion financière — peuvent contribuer et à améliorer la qualité de vie des populations et à doper la demande intérieure. Tant l’Asie que le reste du monde y gagnent.

III.  Le rôle du Japon dans la communauté mondiale

J’en viens à mon troisième point : le rôle du Japon dans le monde.

Vous connaissez mieux que moi les redoutables défis auxquels doit faire face votre pays; le redressement qui se poursuit suite au tsunami en est un. Le vieillissement de la population en est un autre.

Or, malgré tout cela, le Japon renferme un énorme potentiel de croissance.

À cet égard, je ne peux m’empêcher de signaler que vous disposez d’une merveilleuse ressource dans le vivier largement inexploité de travailleuses ayant reçu une bonne formation. En augmentant leur participation à la population active aux niveaux couramment observés dans la plupart des autres pays du G-7, la production potentielle du Japon pourrait augmenter de 25 % d’ici 2030. C’est là un capital trop précieux pour être inutilisé!

Le Japon présente aussi l’atout de son appartenance à une région en plein essor. Votre participation au Partenariat transpacifique aidera à renforcer votre intégration à l’Asie et catalysera les réformes au plan intérieur.

Ce partenariat illustre le puissant esprit communautaire qui anime le Japon, aussi bien au niveau local qu’au niveau mondial.

Lorsque vos compatriotes avaient le plus besoin de vous, vous étiez à leurs côtés.

Le séisme puis le tsunami qui ont frappé le Grand Est ont provoqué des destructions humaines et structurelles d’une ampleur difficile à imaginer. J’ai été frappée par la réaction héroïque de la société japonaise et par son impressionnante capacité d’adaptation.

Beaucoup d’autres pays auraient été purement et simplement paralysés s’ils avaient perdu plus d’un quart de leur production nationale d’électricité. L’été dernier, et cette année encore, le peuple japonais a déployé d’inlassables efforts pour conserver l’énergie et entretenir la machine économique.

Les employés travaillent le weekend pour que les usines puissent fonctionner en dehors des heures de forte demande. Les bureaux ont éteint leurs climatiseurs et la tenue «cool biz» s’est généralisée. Difficile d’imaginer ce type de sacrifice dans beaucoup d’autres pays.

Grâce, par ailleurs, à la solide exécution des dépenses de reconstruction, l’économie japonaise se remettra d’aplomb. «Ganbarou Nippon» (がんばろう日本)!

Aux heures les plus sombres de l’économie mondiale, vous étiez aux côtés de vos concitoyens planétaires.

Par deux fois déjà en peu de temps le Japon est monté au créneau. D’abord en 2008, puis de nouveau cette année, le Japon a été le premier à offrir des prêts pour renforcer les ressources du FMI et aider à prévenir un effondrement économique aux conséquences désastreuses.

L’initiative du Japon dans la récente décision adoptée par les pays membres pour accroître les ressources du FMI de 456 milliards de dollars est particulièrement remarquable. Elle permet au FMI de se tenir prêt à aider tous ses pays membres et de répondre aux besoins de tous ceux qui sont touchés par la crise.

Face aux dangers qui menacent la planète, là où d’aucuns seraient tentés de reculer ou de temporiser, le premier réflexe du Japon est toujours de venir en aide.

Même lorsque la situation intérieure était délicate, le Japon n’a pas perdu de vue la perspective mondiale, la perspective noble.

Votre profond attachement au multilatéralisme fait de vous un précieux partenaire de la communauté internationale. Dans le cadre de l’ASEAN plus trois ou de l’APEC, ou bien encore comme membre du G-20, le Japon agit comme citoyen planétaire et comme pôle de coopération internationale dont le monde a fini par dépendre.

Animé par ce même esprit, le Japon apporte un appui systématique et généreux au FMI.

  • Il a contribué plus que n’importe quel autre pays aux prêts concessionnels du FMI en faveur des pays les plus pauvres, y compris en Afrique.
  • Il a contribué plus que n’importe quel autre pays aux activités d’assistance technique et de renforcement des capacités du FMI dans plus de 120 pays, en apportant plus de 400 millions de dollars depuis 1990.
  • Il a également été à l’avant-garde dans le soutien des jeunes cadres de la fonction publique de la région par le biais des programmes de bourses du FMI, desquels ont bénéficié plus de 500 étudiants.

Enfin, je me dois de signaler que le Japon est bien représenté au sein de la haute direction de notre institution. L’un de nos Directeurs généraux adjoints, Naoyuki Shinohara, m’aide dans la gestion quotidienne des activités du FMI. J’apprécie sa sagesse, sa clairvoyance et son tempérament calme, autant de vertus que j’associe à l’essence même de l’esprit japonais.

Conclusion : le partenariat du Japon avec le FMI

J’en arrive à la conclusion. Par temps de crise, le risque est grand de voir les nations s’éloigner les unes des autres. Nous devons miser sur les interconnexions grandissantes qui relient la planète et conjuguer nos forces.

Au FMI, nous reconnaissons que notre structure de gouvernance doit être le reflet de nos pays membres. C’est précisément ce à quoi aboutiront les réformes dites «des quotes-parts», convenues d’un commun accord à la fin 2010. En fait, une fois que ces réformes entreront en vigueur, trois pays asiatiques — la Chine, l’Inde et, bien entendu, le Japon — figureront parmi nos dix principaux actionnaires.

La voix de l’Asie, déjà forte au sein du FMI, le sera davantage.

En octobre le monde se donnera rendez-vous en Asie — à Tokyo — à l’occasion de l’Assemblée annuelle du FMI, que vous avez si généreusement accepté d’accueillir. Tous les yeux se tourneront vers le Japon à l’heure où nous chercherons des solutions mondiales aux défis mondiaux.

Le monde entier se tournera vers le Japon, vers son esprit d’initiative, sa sagesse et son attachement au multilatéralisme, au moment même où le monde a besoin de ces qualités et a besoin du Japon, plus que jamais.

Au nom du FMI, je peux dire que je ressentirai une profonde fierté de me retrouver ici, aux côtés de nos amis japonais.

Merci. (ありがとう.)



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