Inauguration d’un centre régional du FMI : Le renforcement des capacités au service de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté en Afrique australe

Article d’analyse de Min Zhu, Directeur général adjoint, FMI
le 17 octobre 2011


Le Centre régional d’assistance technique pour l’Afrique australe ouvre officiellement ses portes aujourd’hui à Port Louis, Maurice. L’AFRITAC Sud, qui a commencé ses activités en juin, est le quatrième centre régional d’assistance technique établi en Afrique dans le cadre de l’Initiative pour le renforcement des capacités en Afrique du Fonds monétaire international. Trois autres centres sont déjà opérationnels sur le continent : en Tanzanie, au Mali et au Gabon. Il est prévu d’en créer un autre en Afrique de l’Ouest.

Pour le FMI, ce nouveau Centre marque un jalon important dans le travail entrepris en réponse à l’appel lancé par les dirigeants africains, notamment dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), afin de renforcer les capacités et d’aider les pays à relever les défis liés à la croissance et au développement. Depuis le 1er juin, des experts de l’AFRITAC Sud se sont déjà rendus en Afrique du Sud, en Angola, au Botswana, au Lesotho, à Maurice, en Namibie, aux Seychelles, au Swaziland et en Zambie. Le Centre dessert également les Comores, Madagascar, le Mozambique et le Zimbabwe.

Sa création a été possible grâce au soutien financier des bailleurs de fonds et à l’hospitalité et à la contribution financière et matérielle des autorités mauriciennes. Le FMI leur en est très reconnaissant. J’encourage d’autres bailleurs de fonds à apporter leur appui au Centre.

Par le biais de son assistance technique, le FMI s’emploie de longue date à aider les pays à élaborer et mettre en œuvre des politiques macroéconomiques saines. Dans les pays à faible revenu, il s’efforce de promouvoir des stratégies durables de croissance économique et de lutte contre la pauvreté; dans d’autres pays les défis sont différents. Le renforcement des institutions est essentiel pour mieux armer les économies face aux chocs et permettre aux gouvernements de continuer à investir là où les besoins sont les plus pressants — infrastructures publiques, protection sociale, éducation —, même lorsque la conjoncture est mauvaise. Ces dernières années, l’assistance technique du FMI a aidé de nombreux pays à affronter la crise mondiale et à se doter d’institutions pour l’avenir, en intervenant sur les questions budgétaires, la dette et les problèmes statistiques et en contribuant à l’amélioration des opérations monétaires, du contrôle bancaire et de la gestion des liquidités.

La création de l’AFRITAC Sud s’inscrit dans le prolongement d’un modèle très performant d’assistance technique lancé en 1992 par le FMI dans la région du Pacifique. Les AFRITAC permettent au FMI de conjuguer les conseils techniques à caractère stratégique émanant de son siège à l’expertise locale et au renforcement des capacités sur place. Ils sont gérés par un coordonnateur et comprennent plusieurs conseillers résidents spécialistes en leur domaine, qui se déplacent et dispensent des avis techniques dans toute leur région de desserte. Les AFRITAC font aussi intervenir des experts engagés sur contrat de courte durée qui fournissent une assistance ciblée dans les domaines exigeant une compétence très spécifique. Les Centres ont une structure de gouvernance coopérative et responsable : ils sont dirigés par un comité d’orientation composé de représentants des pays bénéficiaires, des donateurs et de membres des services du FMI afin de garantir une démarche concertée.

Grâce à l’AFRITAC Sud, le FMI va contribuer davantage au renforcement des capacités et à l’intégration régionale en Afrique australe. Les 13 pays membres du Centre génèrent à peu près la moitié du produit intérieur brut de l’Afrique subsaharienne. Mais les moyens institutionnels varient sensiblement dans la région : les membres de l’AFRITAC Sud se trouvent à des stades très différents de l’évolution économique — comprenant les pays fragiles et sortant de conflits ainsi que les économies dites pionnières —, et incluant l’Afrique du sud, membre du G20. Les AFRITAC peuvent mettre en valeur cette diversité et exploiter localement les gisements de savoir disponibles. Ils mettent en place généralement des réseaux locaux de responsables chargés de fonctions similaires et confrontés à des problèmes communs. Ils donnent aussi des possibilités d’échange, par exemple en organisant des ateliers ou des formations ciblés où les participants partagent leurs expériences et évoquent leurs problèmes avec des experts internationaux. Les enseignements tirés dans les pays dotés de capacités plus avancées peuvent apporter une contribution importante aux travaux du Centre. Par ailleurs, la connaissance qu’a le FMI des meilleures pratiques internationales permet à ses services de collaborer avec les pays en fonction du niveau de leurs capacités.

Tant à au siège, à Washington, qu’à l’AFRITAC Sud, à Maurice, le FMI est parfaitement conscient de l’importance de la mission à accomplir : fournir aux membres du Centre une assistance au renforcement des capacités qui soit de premier ordre, adaptée, axée sur les résultats et durable. Avec l’aide de la région et de la communauté internationale, nous sommes prêts à relever le défi.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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